Publié le 22 Mars 2010

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 Après plusieurs mois de silence, un mail sur une de mes boites anonymes balança une giclée d'adrénaline dans mes veines: 44 49 N 20 27 E CentarProkop main gate 18 30 friday
C'était elle, enfin. Malgré mes réticences et mes conseils d'attendre un moment vraiment propice, le soir même à St Martin elle avait mis en oeuvre son scénario. J'étais pris au piège. Mon implication dans l'accident allait m'amener des tonnes d'emmerdements, mais je devais avouer que Moïra n'avait laissé aucun détails au hasard. J'en avais froid dans le dos. Je n'ai pas cherché à  savoir où elle avait récupéré ce cadavre aux mensurations identiques aux siennes. Les cadavres c'était un peu son quotidien. Avec froideur et détermination elle l'avait installé sur le siège passager, ceinturé et au dernier moment elle avait retiré le sac plastic qui masquait la tête. J'eus un haut le coeur en découvrant la bouillie sanguinolente. Le bas du visage était totalement écrabouillé et sans doute plus rien de la mâchoire de cette jeune femme ne pouvait mesurer plus de quelques millimètres. A l'endroit qu'elle avait repéré sur la route de l'aéroport, nous avons simulé l'accident, poussant dans le dernier mètre la voiture de location dans le ravin. Le véhicule se retourna et s'écrasa sur les caillasses plus bas. Le carburant répandu généreusement, je la vis frotter une pierre à feu et la gerbe d'étincelles provoqua immanquablement un incendie. A cette heure et à cet endroit, il y avait fort à parier que personne n'interviendrait avant l'aube, le temps qu'il me fallait pour rejoindre un téléphone et donner l'alerte. Arrivée sur les lieux, la police locale piétina vaillamment la "scène de crime" et se contenta d'extraire de la carcasse calcinée le corps sans forme et recroquevillé de la malheureuse passagère restée prisonnière de sa ceinture de sécurité...
Ce vendredi là, à 18h30 précises je me trouvais devant l'entrée principale de la gare de Centra Prokop à Belgrade. Je failli ne pas la reconnaitre. Failli seulement, car sa silhouette m'était tellement familière. Elle avait les cheveux presque longs, coupés au carré. Elle me frola, m'engageant à la suivre dans un taxi qui nous conduisit au pied de la citadelle Kalemegdan. Une fois seulement la porte de la chambre d'hotel refermée elle me fit face brusquement et colla ses lèvres chaudes sur les miennes. Mes doigts s'engouffrèrent dans ses cheveux où je retrouvais, sous la coupe au carré, la nuque toujours tondue...
Après cet assaut de tendresse, elle se concentra sur mon regard et lâcha:
-" Racontes moi, comment cela c'est passé pour toi?"

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Publié le 22 Mars 2010

shave11.jpgNon non pas de blague, je vais pas me mettre à faire du blog  politico-socio-écolo de comptoir. Mais en y réfléchissant, cette histoire, qui date déjà d'un petit moment, pourrait bien être une conséquence inattendue de la fonte de la banquise arctique...







Cheveux longs interdits

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 21 Mars 2010

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Bien sûr c'est un jeu. Et elle s'amuse beaucoup depuis qu'elle a compris que malgré ses cheveux coupés comme un garçon, les hommes ont le regard qui fond en la croisant. D'habitude à son âge on pense aux copains de classe, des fois aux copines aussi. Elle, elle a vu, elle a compris son pouvoir sur les hommes, des fois sur les femmes aussi. Elle joue la robe légère ou la salopette de jean sous lesquels elle reste nue et le soleil est son complice, qui lui dore la peau duvetée comme un pain d'épice. Sa blondeur délavée et son regard indigo attirent l'oeil sur ce corps d'éphèbe, presque sans formes. Elle est bien sage Dolorès, surtout quand sa mère l'appelle: " Lolita, il faut rentrer!"

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 20 Mars 2010


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...Si j'avais pu choisir entre moi et autre chose
C'est un peu moche à dire mais j'aurais pris autre chose
J'y pense assez souvent et je commence à m'y faire
Quand j'en aurai le temps je finirai même par me plaire

Texte: Jeanne Cherhal

Photo: Clotilde Boisrenard

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 19 Mars 2010

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Il l'a vue, immobile, le regard perdu. Il y avait une lumière particulière qui émanait de sa silhouette. Sans vouloir la déranger il s'est attaché à l'observer, furtivement. Il aurait pu avoir devant lui le marbre clair d'un Michel-Ange. L'émotion était palpable mais elle ne semblait pas triste. Pas heureuse non plus. Elle avait les cheveux couleur de miel et son visage sans artifice, au lieu de masquer sa beauté, la mettait en évidence. Pas un instant ses yeux clairs ne quittèrent le sol plus loin sur le trottoir, paraissant ne rien attendre. Puis, alors qu'il allait se lever, il vit la madonne de pierre s'animer, son regard tourné vers l'entrée s'illumina et devint comme le cobalt, ses lèvres rosirent en découvrant la nacre de ses dents. Son visage entier s'est tendu vers celui qui se penchait. Lui, il était déjà parti...

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 18 Mars 2010

tumblr_kse54inSuT1qa75lro1_500.jpgLà c'en était trop! Après cette rencontre brûlante avec Laora, les choses ne pouvaient plus durer. Je ne tenais vraiment pas à devenir un rat de laboratoire, mis à l'épreuve dans des expériences érotico-scientifiques où la blonde prussienne aurait pu mesurer le taux de stimulus provoqué sur moi par une situation ou un dialogue plus ou moins concentré sur la chevelure de la brune piémontaise.
Car c'est bien ce qu'elle avait en tête, en me tendant ce piège.
Frida en fut fâchée. "Tu bourrais pien vaire za bour moi nein?", Laora ne comprenait rien " Ma che cosa vi ha...?" Bref, dans la confusion la plus totale un sursaut d'amour propre me saisi et je me levais en hurlant: " Stop!"
J'avais le sentiment d'avoir été manipulé depuis le début par cette blonde carnassière et le dénouement ne pouvait être que brutal. Sans attendre une quelconque explication je décidais de partir sur le champs, abandonnant sans doute pour toujours Frida et sa pulpeuse Laora...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 17 Mars 2010

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Il y a des matins comme ça, où les envies foisonnent, où le ciel invite à s'habiller léger et à profiter de la tièdeur de l'air. Dans l'odeur du café fort et du pain qui fini de griller, elle passe en revue ses désirs du moment: Lui, le parc, les boutiques, Lui, cette fameuse expo, un restaurant au bord de l'eau, encore Lui....Et puis l'envie de rien, sinon Lui, au milieu du lit inondé de lumière...Adopter un Jack Russel, changer les rideaux...Filer chez le coiffeur, juste pour tondre sa nuque, comme elle aime, le retrouver après et Lui laisser la couvrir de baisers...

Photo: Piotr Zgodzinski

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 16 Mars 2010

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-" Tu sais, je vais partir" Dit-elle. Je l'avais à peine entendue, j'étais trop absorbé par la vision de cette nuque fine où les cheveux tondus avaient la texture d'une moquette rase. Elle avait ôté son t-shirt pour rester en soutien-gorge sous la cape du coiffeur. Dans ce coin des Caraïbes, les coiffeurs avaient l'habitude des clients un peu dénudés. L'échoppe était toute en bois peint, ouverte aux quatre vents, la climatisation assurée par la brise de mer.
Elle m'avait entraîné avec elle, dans son rituel capillaire. J'étais resté fasciné par l'ascension de la tondeuse mécanique dans les cheveux soyeux, le petit coup de poignet du coiffeur et les mèches tranchées qui glissaient presque à regret sur la cape de nylon. En rien de temps Moïra avait retrouvé sa nuque d'éphèbe et son allure de collègien. Mais cette fragilité n'était qu'apparente. La réalité était un corps musclé et terriblement affûté. En se débarrassant de la cape, elle se frotta le cou, chassant quelques cheveux coupés et me lança:
-" Tu m'as entendu?" Elle endossa son t-shirt et paya sa coupe. Je l'entraînais par le coude vers l'extérieur.
-" C'est de la folie, tu le sais?
- J'ai bien réfléchi...
- Ils ne te laisseront pas faire. Tu leur appartiens, ta vie leur appartient.
- Oui, ma vie, tu l'as dis.
- Tu ne vas pas....
- Si!
- Bon sang Moïra! Ce sont des meutes de tueurs qui vont te chercher. Tu ne pourras pas leur échapper si facilement...
- Personne ne me poursuivra, puisque tu vas me tuer...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Publié le 15 Mars 2010

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Finalement, je crois que je suis terriblement misogyne. A force de crier mon admiration pour les femmes aux cheveux courts, leur détermination, leur courage, leur force de caractère, leur esprit de conquête, j'en passe et des meilleures, je me rend compte que par réaction, on pourrait croire que je n'ai que pitié, voir mépris pour les autres, ces pauvres filles qui n'ont d'autre ambition que de se fondre dans le moule ancestral, celui de la femme"femme", objet de fantasme universel et sans cervelle. On pourrait le croire.
Avouez que c'est quand même curieux d'avoir un tel a priori simplement provoqué par une coupe de cheveux. ben oui parce que comme toujours les exceptions sont là pour ébranler les fondements de vos convictions. Quoi que...Je l'ai sans doute déjà précisé, les cheveux longs ( enfin longs, sur les épaules maxi hein!) me séduisent aussi, à partir du moment où l'on devine l'entretien, la sophistication. Ce qui me dégoute c'est la chevelure qui pousse à la comme on la pousse justement et où sous pretexte de naturel on laisse la nature faire ce qu'elle veut. Beurk!
Mais en disant tout cela, est ce que je ne suis pas moi même en train de formuler une image de femme, objet de "mon" fantasme personnel et considérer ainsi "la" femme comme un objet de plasir?
Jésus Marie Joseph! Que la vierge me file la vérole si c'est vrai...Non voilà, je ne cherche rien d'autre que la compagnie de femmes qui, dans mon esprit, on fait abstraction de la niaiserie  dont on affuble les poupées Barbie. Et je veux croire que celles qui n'hésitent pas à couper leurs cheveux, qui considèrent qu'elles ont bien d'autres atouts que cette toison sur leur tête, ont par la même un caractère qui s'accorde au mien...
Faudra que j'en parle à Frida...Ah ben non Frida c'est un peu compliqué maintenant. M'enfin, après tout c'est elle la psy!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Mars 2010

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A force d'attendre elle s'est laissée aller. Il va venir, elle n'a pas de doute. Mais le premier soleil, tant attendu réchauffe la peau, de son visage, de ses épaules. La margelle est tiède, presque chaude et tout autour l'air bruisse. Elle a besoin de cette chaleur, son corps s'allonge sur le granit et à travers le tissu ses seins se réchauffent sur la pierre. Elle ferme les yeux et imagine pouvoir rester là, dans la tiédeur...
Il est venu, l'a trouvée là, comme endormie. Ses cheveux courts brillaient au soleil, éparpillés sur son visage. Sa nuque était chaude lorsqu'il a posé sa main. Il a joué avec les mèches courtes puis a caressé la joue duvetée.
Elle ne dormait pas, essayait juste de capter le plus de chaleur possible et gardait les yeux fermés pour laisser monter son plaisir. Elle était trahie par son sourire, mais ne bougeait pas. Il s'est assis près d'elle, veillant à ne pas la mettre dans son ombre, et aussi délicatement que s'il s'agissait d'une oeuvre d'art sans prix, sa main a continué d'effleurer sa peau et ses cheveux, soyeux et chauds.

Photo: Ivan

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Publié dans #Tendresses

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