Lundi 6 juin 2011
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14:58
Elle n'avait jamais été particulièrement tourmentée par cela. Pas d'angoisse à se rendre chez le coiffeur, presque un acte banal, une routine à laquelle elle n'avait pas vraiment réfléchit. Et
puis, depuis qu'elle avait décidé de les couper franchement court, elle avait senti, petit à petit, comme un noeud se former doucement dans son estomac. De jour en jour, la date du rendez vous
approchant, elle ressentait une sorte de trac où se mêlaient l'appréhension et l'impatience. Chaque matin elle ne manquait pas d'écarter ses cheveux, de dégager son visage le plus possible pour
s'assurer qu'elle était toujours décidée à cette transformation. A la réponse positive s'associait alors comme une volée de petits papillons dans son ventre qui la faisait sourire.
Le jour vint où elle se retrouva, l'estomac noué, face à son image dans le grand miroir, le corps enveloppé de nylon et le cheveux brillant encadrant encore son visage un peu tendu... Et le
tourment qui l'avait tenu durant ces derniers jours se faisait terriblement présent, au point qu'elle ne savait pas qualifier ses sentiments. La peur, le trac, l'excitation, l'envie, le
plaisir... Peut être tout ça à la fois? Elle s'évertuait à respirer calmement mais snetait son coeur battre plus fort, jusqu'à ce que les lames des ciseaux tranchent la première mèche. Elle
écarquilla les yeux, suivant chaque geste du coiffeur, se libérant peu à peu de son angoisse... Le pas était franchit
Par jeaneg
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Vendredi 3 juin 2011
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09:34
Je ne voudrais pas faire mon sociologue de
bazar, mais il y a quand même des choses qui m'amusent lorsque je farfouille dans mon Internet.
Je crois que tout le monde aura noté que je trouve pas mal des images qui inspirent ce blog sur le site Flickr. Pour ceux ou celles qui sortent à peine de leur couvent moldave, il s'agit d'un
site de partage de photo où chacun(e) peut produire ses plus beaux ( ou pas ) clichés et amasser une collection de ceux qu'il ou elle préfère chez les autres. Une mine! Tellement vaste que vous
l'imaginez il faut du temps et de la patience pour trouver l'image rêvée. J'en ai.
Tout ça pour dire que j'ai souvent remarqué chez tel ou telle photographe qui ne photographie QUE des jolies femmes aux cheveux longs, ou qui elle même se prend en photo avec ses longs cheveux,
que lorsqu'on visite sa collection d'images choisies parmi celles des autres on trouve souvent tout le contraire. Amusant non? Comme s'il y avait un désir secret ( enfin pas si secret...) une
sorte de fantasme au grand jour, une fascination pour ces femmes qui osent, elles, les cheveux courts, et souvent même très très courts.
Je voudrais pas du tout être péremptoire, ni asséner des sentences définitives, mais j'ai quand même le sentiment que chez beaucoup de mes soeurs il y a tout de même cette envie, bridée ou pas,
de transgresser les conventions, de tenter les choses, d'oser sans parfois y parvenir. On a tous un rapport tellement intime avec nos cheveux... Ou alors serait ce le regard des autres ou ces
maudites conventions, ce poids atavique de l'image de la femme, femelle de l'homme...
Enfin voilà, ma pensée du jour.
Modèle: Jade Jackson
Par jeaneg
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Lundi 30 mai 2011
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14:57
C'est pas la première fois. Souvent une femme m'a séduit presque du jour au lendemain en se coupant les cheveux, apparaissant soudain plus belle, plus mature, plus libre, plus "elle même". Et
puis de semaine en semaine, après le coup d'éclat, ce nouveau visage s'estompe et petit à petit disparaît à nouveau caché par une chevelure rassurante qui permet le camouflage et donne l'illusion
d'une féminité plus conventionnelle...
La jolie Emma m'avait séduit et je ne fut pas le seul. Mais
si je me rappelle bien j'avais malgré tout tempéré mon jugement, avec une pointe de regret pour son allure tellement glamour vue dans les magazines juste avant qu'elle ne coupe ses cheveux si
courts...
Mais bon, le métier d'actrice, s'il permet d'endosser bien des rôles et donne parfois des excuses pour libérer ses propres envies, impose malgré tout à celle qui l'exerce des impératifs
d'apparence.
Si bien que la jolie Emma, aujourd'hui se bagarre avec ses cheveux qui repoussent, traversant cette période ingrate qui vous donne l'impression chaque matin d'avoir une tête à l'allure de dessous
de bras que seuls les accessoires parviennent à dompter.
Elle n'en reste pas moins jolie et ne se départie pas pour
autant d'un caractère avéré de femme aux cheveux courts.
Par jeaneg
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Samedi 28 mai 2011
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19:24
Il y aurait comme une sorte de passage à vide,
de dépression, un creux. L'impression d'être incapable de quoi que ce soit, et surtout d'écrire quelque chose de bien, de subtil ou d'intêressant. Je sais ce que l'on va dire, que ce n'est pas
grave, que c'est très passager, que de toute façon on aime bien quand même....
Mais c'est moi que cela tourmente. Comme si j'étais pris au piège. En relisant certain billet je m'aperçois que je commence à radoter, que les sujets reviennent, que je tourne en rond autour de
mon obsession. Je ne sais plus raconter d'histoire, ni parler d'amour, ni de haine. Je suis toujours troublé par le sourire d'une androgyne, fasciné par son allure subtilement dosée de masculin
et de féminin, mais je ne suis plus capable de l'exprimer ou de le partager.
L'émotion me manque. L'humeur n'y est pas. Parfois même je relis ces pages et je (re) découvre un billet tellement plein d'émotion, que je me rappelle avoir presque pleuré en l'écrivant. Et puis,
rassuré en pensant que personne ne pourrait savoir à quel point ces mots étaient personnels, je tournais la page et feignais d'avoir de l'imagination...
Mais là, je me sens sec. Peut être un peu de temps me sera nécessaire pour retrouver ma veine et à nouveau l'enthousiasme pour louer sans repis l'adorable garçonne...
Par jeaneg
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Vendredi 27 mai 2011
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19:58
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Texte: Arthur Rimbaud
Photo: Bob Richardson
Par jeaneg
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