Dimanche 13 mars 2011
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08:00
Cela l'amusait toujours beaucoup de lire les titres des magazines. L'accroche lui suffisait et en général la photo qui l'accompagnait était assez explicite. Les turpitudes des "beautiful people"
ne parvenait pas à l'émouvoir. Autant d'artifice et de superficialité pouvaient lui sembler incongru parfois, lorsqu'elle était de mauvais poil, mais là, cela l'amusait. Le soleil qui inondait
Londres depuis plusieurs jours laissait croire définitivement au beau temps et l'humeur allait avec. C'était nouveau pour elle, sentir cette chaleur sur sa nuque. Elle n'avait jamais osé
auparavant, pourtant à chaque fois qu'elle allait chez son coiffeur l'idée lui traversait l'esprit. Mais elle se contentait de faire " comme d'habitude", un carré un peu long, juste au dessus des
épaules. Et puis là, elle était parvenue à dicter son envie, sans attendre que le coiffeur sûr de lui, ne lui demande s'il devait faire "comme d'habitude", elle avait respiré à fond et avec son
plus beau sourire elle avait expliqué tous les détails de la coupe qu'elle désirait. Les premiers mots lâchés l'avaient libérée et elle avait pris les choses en main. Voir les lames des ciseaux
claquer juste sous le lobe de son oreille l'avait un peu émue, sentir sa nuque se dénudée sous le passage de la tondeuse l'avait fait frissonner, découvrir son visage sous ce casque bien net
l'avait amusée et elle était ravie du résultat. Et ce dimanche matin dans les rues de Camden elle savourait le plaisir nouveau du soleil sur sa peau et de l'air tiède qui caressait sa
nuque. Celui aussi de se sentir nouvelle sous le regard des autres et fière d'être elle même...
Photo: Meral Crifasi
Par jeaneg
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Samedi 12 mars 2011
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10:40
Sur l’écran noir de mes nuits blanches,
Moi je me fais du cinéma
Sans pognon et sans caméra,
Bardot peut partir en vacances:
Ma vedette, c’est toujours toi.
Pour te dire que je t’aime, rien à faire, je flanche:
J’ai du cœur mais pas d’estomac
C’est pourquoi je prends ma revanche
Sur l’écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma.
D’abord un gros plan sur tes hanches
Puis un travelling-panorama
Sur ta poitrine grand format,
Voilà comment mon film commence,
Souriant je m’avance vers toi.
Un mètre quatre-vingts, des biceps plein les manches,
Je crève l’écran de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma,
Te voilà déjà dans mes bras,
Le lit arrive en avalanche...
Sur l’écran noir de mes nuits blanches,
Où je me fais du cinéma,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois
Je recommence la séquence
Où tu me tombes dans les bras...
Je tourne tous les soirs, y compris le dimanche,
Parfois on sonne; j’ouvre: c’est toi!
Vais-je te prendre par les hanches
Comme sur l’écran de mes nuits blanches?
Non: je te dis "comment ça va?"
Et je t’emmène au cinéma...
Modèle: Anna Mouglalis
Par jeaneg
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Jeudi 3 mars 2011
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08:00
J'ai eu si peur de t'avoir perdu. Je sentais autour de moi le froid, la maison, la chambre, le lit, vides. Je cherchais avec désespoir un parfum, une odeur, quelque chose qui te
rapprocherait de moi. Concentrés dans ma tête, tous mes sens orphelins ne pouvaient s'en remettre qu'aux souvenirs devenus les gardiens de mes jours heureux. Les yeux fermés, mes doigts faisaient
rouler leur pulpe l'une contre l'autre comme un mime et le souvenir de ta peau de satin au grain si tendre m'étreignait la gorge. Mes narines se dilattaient, humant l'air vide et le souvenir du
parfum de tes cheveux blonds, si courts parfois, faisait jaillir des larmes sous mes paupières closes. Je tendais l'oreille vers le silence et ta voix claire murmurait à travers tes lèvres pâles
un mot d'amour, déchirant mon coeur en mille lambeaux... Mais tu n'es pas si loin, juste "au-delà", peut être même tout prés, là, dans ma tête.
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."
Photo: Joji
Extrait: Victor Hugo
Par jeaneg
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Mardi 1 mars 2011
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13:07
Par jeaneg
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Mercredi 23 février 2011
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11:53
A force de coups, son coeur a durci, comme la pierre. Assez des chagrins destructeurs et des larmes ravageuses. On ne l'aura plus. Elle va bâtir un mur, solide, et personne, plus personne ne
pourra désormais y déverser la moindre affection. Pas besoin d'ami(e)s ni d'amour. Elle ne craint pas la solitude, elle a ses bouquins, et puis son chat, qui lui ne la trahit pas... Et puis ça
tombe bien, elle avait vraiment envie de couper ses cheveux, encore plus courts, et reprendre la photo, elle voudrait bien faire une exposition, au printemps. Peut être voyager aussi, loin de
l'hiver et de la grisaille...
Et sa colère qui lui fait croire qu'elle s'en fout et qu'elle est forte, comme un roc...
"...And a rock feels no pain;
And an island never cries"
Photo: Mirjan
Par jeaneg
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