Tendresses

Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 08:00

gilesclement.jpg

La bande de bitume défile sous la gomme de la 650 Lightning. Le ventre collé au réservoir, elle "ouvre" à fond, laisse défiler le pays autour d'elle. Pour une fois elle a laissé ses cheveux au vent et même courts ils flottent sur son front. L'instant de folie passé, elle relève son corps, réduit les gaz. La vénérable BSA ronronne. Elle fait corps avec la machine... C'est comme une thérapie pour elle, une sorte de rééducation. Quand le vent fouette son visage elle se sait vivante. Elle ne craint rien, se sent immortelle. Ne l'est-on pas un peu quand on a déjà vaincu la mort? Elle y pense souvent. Chaque fois qu'elle enfile son cuir souple et patiné et que d'un geste simple elle chasse la mèche sur son front. Est ce que c'est bien elle? L'image qu'elle avait "avant" est tellement différente... Le Mal au lieu de la terrasser a fini par lui donner cette nouvelle vie. Le combat gagné elle s'est dit qu'il ne fallait plus perdre de temps. Elle avait rêvé, petite, de cette fille caparaçonnée dans son cuir et ses bottes, casquée et gantée, posant fièrement à côté de sa monture mécanique. Victorieuse de son combat elle a réalisé ce rêve et pour sa "deuxième" vie, décidé d'être elle même...

Photo: Gilles Clement

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Tronches de vie
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 16:52

kirsten berlie-copie-1

Les cartes nous arrivent en main et la partie commence. Il ne faut rien montrer, pas d'émotion, donner le change. Et puis on finit par se persuader que cette paire finira par valoir une Royal Flush... Lola sait depuis longtemps que son jeu est "pourri". Elle a bien tenté d'en vouloir à quelqu'un, Dieu, son père, sa mère, elle même. Quand ses copines commençaient à découvrir leurs "formes", elle ne devinait rien. Les hanches étroites, la poitrine plate, même les traits de son visage la désespéraient. Jusqu'au jour où elle s'est rendu compte que son désespoir était plutôt celui des autres. D'accord elle avait un corps de garçon, mais elle se sentait garçon au fond. Elle avait envie d'aimer les filles, elle avait surtout envie d'être aimée, telle qu'elle est. Il fallait inventer, il fallait créer. Trouver un style, mettre tout ça en adéquation. Etre plus forte que tout le monde, enfin, que tout ceux qui pensent que la vie est simple pour eux. Son frère s'est marré quand elle s'est coupé les cheveux, bien tondu au dessus des oreilles avec cette longue mèche de sa blondeur naturelle. Mais tout les autres ont été subjugués par sa beauté devenue androgyne. Elle même a finit par se plaire. D'un coup, sa misérable paire valait bien plus dans son jeu. Au fur et à mesure qu'elle laissait le poid du qu'en dira-t-on aux esprits étroits, elle gagnait l'assurance de posséder une quinte... " Au poker, l'important ce ne sont pas les cartes, mais ce que vous en faites!" Comme disait l'autre...

 

Photo: Kirsten Berlie

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : gayfriendly
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 13:15

maisie cousins

Allez, venez, Milord!
Vous asseoir à ma table;
Il fait si froid, dehors,
Ici c'est confortable.
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises,
Vos peines sur mon coeur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord,
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port,
Qu'une ombre de la rue...

Pourtant je vous ai frôlé
Quand vous passiez hier,
Vous n'étiez pas peu fier,
Dame! Le ciel vous comblait:
Votre foulard de soie
Flottant sur vos épaules,
Vous aviez le beau rôle,
On aurait dit le roi...
Vous marchiez en vainqueur

Au bras d'une demoiselle
Mon Dieu!... Qu'elle était belle...
J'en ai froid dans le coeur...

Allez, venez, Milord!
Vous asseoir à ma table;
Il fait si froid, dehors,
Ici c'est confortable.
Laissez-vous faire, Milord,
Et prenez bien vos aises,
Vos peines sur mon coeur

Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord,
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port
Qu'une ombre de la rue...



Dire qu'il suffit parfois
Qu'il y ait un navire
Pour que tout se déchire
Quand le navire s'en va...
Il emmenait avec lui
La douce aux yeux si tendres
Qui n'a pas su comprendre
Qu'elle brisait votre vie
L'amour, ça fait pleurer
Comme quoi l'existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après...                                                              

Allez, venez, Milord!
Vous avez l'air d'un môme!
Laissez-vous faire, Milord,
Venez dans mon royaume:
Je soigne les remords,
Je chante la romance,
Je chante les milords
Qui n'ont pas eu de chance!

Regardez-moi, Milord,
Vous ne m'avez jamais vue...
...Mais vous pleurez, Milord?
Ça je l'aurais jamais cru!

Eh ben, voyons, Milord!
Souriez-moi, Milord!
...Mieux que ça! Un petit effort...
Voilà, c'est ça!
Allez, riez, Milord!
Allez, chantez, Milord!
La-la-la...

Mais oui, dansez, Milord!
La-la-la...
Bravo Milord!
La-la-la...
Encore Milord!...
La-la-la...

 

Paroles: Georges Moustaki

Photo: Maisie Cousins

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 15:12

Hannah-2.jpg

Il était un peu en retrait et son attention captée par le paysage, il l'avait observée comme si lui même était invisible. Le sentiment était délicieux. En lui donnant du recul il pouvait imaginer cette femme devant lui comme si, une fois encore, il la découvrait pour la première fois. Et le charme était intact. Le temps n'avait rien effacé, rien abîmé. Les cheveux étaient plus blonds et la coupe avait fini par les discipliner, mais c'était tellement elle... Son coeur enflait à chaque seconde, l'amour le submergeait et la peur aussi. La peur de voir un jour tout disparaitre. Etrange mélange... Un sentiment  naturel se disait-il. Côtoyer un ange n'est pas sans danger et si lui même n'est pas à la hauteur alors l'ange peut s'évanouir. C'est ce qu'il se disait.

Une brise fraîche s'est levée et elle est venue se blottir dans ses bras. Il s'est senti fier d'être ce refuge, ou simplement d'en avoir l'illusion... Ils regardèrent ensemble la mer. Il savait bien d'où lui venait sa force. Il caressa les mèches blondes et posa sa joue sur la nuque tiède.

 

Photo: Kassia Meinholdt

 

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 13:15

Larissa-Felsen.jpg

C'est parce qu'elle le veut éternel qu'elle a dessiné sur son bras ce symbole. Un amour infini, celui qu'elle est capable de donner. Certains ce sont mépris, ont vu un chiffre ou imaginé une hélice d'avion, pour les emmener au 7eme ciel sans doute. Illusions. Aimer ne s'adresse pas forcément aux autres. Elle pourrait se plaire suffisamment pour s'aimer sans amant, cela lui plait tout autant. Dans la tiédeur de l'après midi, dissimulée par les persiennes, elle s'alanguit, caresse sa peau sur le cou dénudé. Les yeux clos, elle retrouve dans sa mémoire le regard pénétrant de la jeune femme qui tout à l'heure lui coupait les cheveux. Elle imite de ses doigts la délicatesse avec laquelle elle a caressé sa nuque, passant une main douce, vers le bas, pour apprécier le travail des ciseaux. Elle se sentait livrée, possédée par cet androgyne au visage rieur, dont les doigts experts, prolongés d'ustenciles tranchants transformaient son apparence et son intérieur. Son oeuvre achevée, elle s'est trouvée belle, la frange juvénile. Elle s'est aimée. Elle a quitté l'androgyne coiffeuse en lui laissant un baiser sur les lèvres, pour filer retrouver son amant, possédant d'autres talents. L'Amour, si on le laisse faire, ouvre des horizons infinis...

 

Photo: Larissa Felsen

 

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Tronches de vie
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