Vendredi 4 novembre 2011
5
04
/11
/Nov
/2011
13:53
Comment savoir ce qu'il y a dans la tête d'une adolescente qui devient femme mais dont le corps garde définitivement les formes d'un bel éphèbe? Il y a de la crainte, du désespoir, de l'amertume,
de la rancoeur... En même temps on peut trouver du réconfort à se dire que la nature fait bien les choses puisque toujours la jeune fille s'est sentie garçon, dans sa tête. Elle a bien tenté de
faire illusion, avec un peu de maquillage, une robe de temps en temps, les cheveux longs... Mais c'était plutôt pour faire plaisir à maman, la rassurer. Camilla n'a toujours eu qu'une envie, être
elle même. Elle a aimé des garçons, mais ce sont les femmes qui l'attirent, viscéralement. Dès qu'elle l'a pu, elle a gentiment rangé les talons et le maquillage, elle a coupé ses cheveux et
endossé le style qui lui correspond le mieux, celui d'androgyne. Les démons vaincus, elle a assumé ses goûts, ses envies, ses aspirations, s'affirme lesbienne androgyne, se moque de Justin Bieber
qui a imité sa coupe de cheveux, va peut être les laisser pousser un peu, juste pour voir, mais pas trop...
Un temps elle a songé aller jusqu'au bout de la logique, réparer ce qui pouvait paraître une erreur et sa chance a été de rencontrer son coiffeur, qui depuis est devenu sa coiffeuse. Un parcours,
un témoignage qui l'a aidée à accepter son corps et sa sexualité et finalement se préférer mi fille mi garçon avec tous les atouts de l'androgyne, beauté étrange, allure d'homme et coeur de
femme...

...Et un vrai talent pour la photographie.
Grazzie mille Camilla.
Photos: Testolina©
Par jeaneg
-
Publié dans : Humeurs
-
7
Jeudi 3 novembre 2011
4
03
/11
/Nov
/2011
07:51
Laora était partie quelques jours dans sa Toscane natale et
je trainais ce matin là en attendant l'heure de rejoindre Frida pour déjeuner. J'ai eu soudain une sentsation bizarre parce que je venais de me rendre compte que sans le vouloir, je captais
toutes les conversations des autres qui avaient trait à leur coiffure. Et toutes me ramenaient à ma récente experience avec la transalpine. Dans la rue, le métro ou dans une brasserie, c'était là
une mère et son fils, ici deux amies ou encore là un couple... Et presque à chaque fois les paroles s'accompagnaient d'un geste qui consistait à passer la main dans les cheveux de l'autre, comme
pour évaluer leur longueur ou soupeser la masse dont il fallait se débarrasser. Plus je progressais dans ce constat et plus m'apparaîsait évident le caractère sado-masochiste de ces scènes.
" Il faut absolument que je t'emmène chez le coiffeur..." " Alors quand est ce que tu vas les faire couper...? " " Tu as les cheveux trop longs..." " Fais moi plaisir d'aller te faire
couper les cheveux ..."
Je ne voulais pas me l'avouer, mais ces mots m'excitaient. Il était clair qu'une hièrarchie se créait, que les mots et les gestes établissaient un rapport de domination et de soumission entre les
personnages concernés. J'arrivais même à imaginer que cette soumission pouvait aller jusqu'à être non consentie, une obligation, un devoir. Et mon imaginaire fabriquait des scènes terribles, dans
les prisons, les couvents, les camps militaires, tous ces endroits où l'on pouvait "officiellement" imposer à quelqu'un d'avoir les cheveux coupés sans son consentement...
Ma Psy " - Les vandazmes zont vait bour za. Dant que zela resde tans ze tomaine il n'y a pas te mal. Là où le trame ze brotuit z'est quand les limides se rombent et que le
zuchet ne dizerne blus ses télires te la réalidé. Rêfer t'azaziner sa pelle mère ne fait bas te doi ein azazin...
Moi - Oui c'est pas faux... Mais tout de même, il y a quelque chose de pervers à avoir ce genre de fantasme non?
Ma Psy - La berferzion zerait chusdement te ne blus dizerner le vandazme de la réalidé. Zi zela se téroule comme un cheu, comme du as vais afec l'idalienne, où est le mal?
Moi - Mouais... Vu comme ça...
Par jeaneg
-
Publié dans : Ma Psy et Moi
-
3
Mardi 1 novembre 2011
2
01
/11
/Nov
/2011
11:05
Je suis régulièrement contrarié par la
désinvolture dont font souvent preuve les gens autour de moi lorsqu'il s'agit d'évoquer ma dilection pour les cheveux courts. Hier encore la factrice avec qui j'aime quelques fois parler de la
pluie et du beau temps et qui elle même avait, à mes yeux, un style très affirmé avec les cheveux courts avant qu'elle ne décide de les laisser pousser pour avoir aujourd'hui une sorte de queue
d'opossum qui pendouille à l'arrière de son crâne, ma factrice donc qui connaît mon penchant pour les jolies nuques bien dégagées me lance tout à trac qu'elle a croisé le matin même ..." une
fille qui vous aurait plu, tondue comme un bidasse. C'est un genre...." Oui pour sûr, c'est un genre.
Cela me contrarie de voir que dans l'esprit de certain, aimer les femmes aux cheveux courts signifie espérer les voir toutes avec la boule à zéro. Ce serait même plutôt le contraire en réalité.
Étant tellement préoccupé par l'esthétique de la coiffure, l'harmonie d'un visage et de son écrin, la sophistication et le caractère révélés par une belle coupe, je sais qu'il est assez rare
qu'une tonte radicale puisse aller à chacune. Il y a de nombreux exemples de réussites, on en connaît tous, la jeune Sinead O'Connor était sublime, Natalie Portman aussi, mais il faut être
sérieux, ça ne va pas à tout le monde. Et le pire est d'affirmer sans ciller qu'une femme devrait me plaire parce qu'elle est aux yeux des autres "tondue comme un bidasse" ce qui est une façon
très dénigrante de parler à la fois de la coupe de cheveux de cette personne et de traiter les militaires.
On peut avoir les cheveux coupés très courts sans pour autant être tondu. Préciser que cela est fait comme pour un "bidasse" sous entend que c'est moche et fait brutalement ou que l'on considère
que avoir les cheveux coupés ras est forcément laid. Bref! Ça ne veux rien dire. Je connais des femmes, jeunes et belles, qui par choix on fait abstraction de l'artifice de séduction féminine que
représente leur chevelure et qui de fait sont des personnes éminemment authentiques.
Sans oublier que parfois le choix n'est pas en option... En tout cas c'est toujours lié à une décision importante et cela m'inspire plutôt du respect.
Photo: Andréas Heumann
Par jeaneg
-
Publié dans : Humeurs
-
11
Lundi 31 octobre 2011
1
31
/10
/Oct
/2011
14:24
Je me suis souvent poser des questions, comme vous sûrement, à propos du hasard, de la chance, du destin, de ces événements parfois anodins qui font basculer une vie entière, comme un aiguillage
de chemin de fer qui d'un coup vous envoie à St Pierre des Corps. Des exemples je pourrais en citer des tonnes, sans pour autant voir le moindre début d'une explication rationnelle.
Une blondinette de l'Iowa qui fait un peu de théâtre connait bien la pièce de Georges Bernard Shaw, elle a joué le rôle de Jeanne, l'héroïne dans son lycée. Et voilà qu'elle tombe sur une annonce
de casting pour un film qui justement s'inspire de cette pièce. Il faut "tenter la chance". Elles sont 18000 comme elle...
Pour faire basculer "l'aiguillage" il faut accumuler tout un tas de petits éléments qui vont peser dans la balance. Elle connait l'histoire, elle joue au théâtre, elle est plutôt jolie... Là où
sans doute une bonne partie des 18000 postulantes va se fourvoyer c'est en misant tout sur une seule de ces qualités. La petite Jean, elle, va interpeller le destin en pariant sur le personnage,
non pas sur elle. Les qualités elle les possède, il faut quelque chose en plus. Et ce plus, ce sera l'incarnation même de Jeanne d'Arc, une jeune femme guerrière du Moyen Âge. Lorsque les autres
candidates raillent l'allure de garçon qu'elle vient de se donner en coupant ses cheveux elle rétorque sans rougir:"Vous pensez peut être que Jeanne d'Arc faisait la guerre avec un chignon?" Le
réalisateur est séduit. L'idée est forte, il s'en empare. Jeanne d'Arc n'a pas, n'a plus de genre. La jeune fille a les cheveux courts, on appelle un coiffeur pour qu'il les coupe encore plus
courts. D'un seul coup le destin bascule et la vie de Jean Seberg aussi.
Evidemment l'exemple me fascine parce que la petite américaine sur qui j'aurais à peine tourné le regard avec sa queue de cheval a eu soudain toute mon attention avec cette allure androgyne que
lui donnaient ses cheveux très courts et que grâce à cela son destin l'a fait connaître au monde entier. Est ce que pour autant elle a renié son genre en faisant cela?
Photo: Georges Dudognon
Par jeaneg
-
Publié dans : Humeurs
-
4
Dimanche 30 octobre 2011
7
30
/10
/Oct
/2011
12:31
Il y a d'abord les corps qui s'attrapent, les mains qui se tiennent ou enlacent la taille. Puis la prise s'affirme et le tête à tête semble aller jusqu'à la collision, mais fait une pause à
quelques millimètres. Les parfums se mélangent et l'on sent la chaleur de la peau. L'alchimie se produit. Les regards se croisent, les lèvres se frôlent. L'instant d'après les yeux se ferment et
le corps s'abandonne. Dans la tête défilent les images qui rendent l'autre idéal et le désir s'échauffe. Le contact de la pulpe des lèvres, douces, tièdes, provoque un léger frisson qui parcourt
les joues jusqu'aux oreilles et descend vers la colonne vertébrale. Le souffle est retenu comme si tout l'être était concentré sur l'instant où le goût de ses lèvres délicieuses apprécié, il nous
fallait dévorer l'autre ou lui insuffler notre âme. Les langues explorent, s'enroulent, se nourrissent pendant que les mains échauffent le corps, remontent là où la chair est nue, caressent la
gorge, le cou, glissent dans les cheveux pour les mettre en désordre. Sur la nuque les doigts s'agrippent et les têtes se renversent. A la chimie des salives et des odeurs s'ajoutent les
décharges électriques que provoquent les doigts sur les cervicales... Si l'on n'y prend pas garde, la tempête nous emporte et si la raison nous ramène c'est avec la respiration un peu rapide et
quelques frissons résiduels... Et surtout l'envie de se retrouver très vite pour cette fois laisser gagner la passion.
Photo: Amber Valletta par D. Issermann
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
2
Derniers Commentaires