Mardi 19 avril 2011
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Les choses arrivent comme ça, sans préméditation... Il suffit parfois d'une image, une photo ou un instant vécu, pour que soudain un pan entier de votre vie se dresse devant vous et vous écrase
le coeur. En un éclair l'émotion vous submerge, provoquée par l'atmosphère ou le parfum, la couleur ou la matière, un regard ou une parole...
Durant la soirée, les amoureux ont été à la hauteur. Cette fête pour leur mariage a réunit la famille autour d'eux. Ils sont jeunes et beaux et leur avenir est plein de promesses. A cette
occasion, sur le grand écran les photos de leur enfance ont fait rire et sourire... Lui est resté grave, un peu dans l'ombre, sûrement personne n'a deviné son regard s'inonder en voyant l'enfant
puis la jeune femme que lui montraient les photos. Bien sûr. Pourtant sans crier gare c'est sa propre enfance qui surgit. Des souvenirs merveilleux, idéalisés par le temps qui a passé et puis
l'amertume de l'absence, aujourd'hui, de cette soeur complice avec laquelle il aurait tant à partager encore... Malgré son regard flou, un sourire se dessine sur son visage. Il la revoit, petit
pâtre à la tignasse taillée si court quand lui partait loin pour échapper aux ciseaux peu experts de leur mère... Elle aurait été drôlement fière de voir sa fille se marier ce soir.
Photo: Valeria Lazareva
Par jeaneg
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Mercredi 13 avril 2011
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09:00
C'est comme ça qu'il
l'aime le plus. Elle semble bouder, elle n'est que songeuse. Elle secoue un peu sa tête pour faire tomber devant ses yeux les mèches les plus longues et voile ainsi son regard. Son corps
d'androgyne prend alors une allure de mauvais garçon que le sourire de ses yeux pourrait démentir. Lascivement elle caresse sa nuque où les cheveux sont ras et par ce geste elle l'excite comme le
ferait un torero avec sa muletta. Elle ondule comme une liane et ses mèches courtes se mettent en mouvement au rythme de la musique. Il résiste, la laisse aller plus loin, esquisser un pas de
danse, la tête baissée toujours et les cheveux dans les yeux. Ses lèvres miment les paroles et sa danse devient plus lascive. Irrésistiblement les deux corps s'attirent et il la rejoint, la
touche de son souffle, hume son parfum que la sueur commence à brouiller. Les respirations se font plus lourdes et saccadées. Comme entre deux aimants un champs magnétique les maintient à
quelques centimètres l'un de l'autre. Jusqu'à ce que, d'un geste élégant, elle arrache par dessus sa tête le t-shirt blanc et colle son torse contre lui, se livrant. Alors seulement il l'enlace
et sa main à son tour vient caresser la nuque rasée, arrachant à l'un comme à l'autre un soupir de plaisir...
Model: Linda Evangelista
Par jeaneg
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Lundi 11 avril 2011
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21:06
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?
- O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!
Ch.Baudelaire
Photo: Lebensentwürfe1
Par jeaneg
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Dimanche 10 avril 2011
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08:00
Avant même qu'elle ne dévoile son dos je l'aimais par cette nuque étroite aux cheveux taillés courts. Son geste était suave, lent et précis. Elle ôta sa veste et la
chair pâle de son dos capta la lumière. De ses bras croisés, comme pour protéger sa poitrine, une main venait jusqu'au sommet de son épaule, caressant lascivement le cou, tendu, tant qu'elle
baissait la tête. Le corps androgyne saillait de vertèbres et d'omoplates et dans ce relief, du bout de ses doigts, timidement elle montrait ce que seul un intime pouvait découvrir. Là où les
siennes auraient dû pousser, il n'y avait qu'un dessin d'encre de chine, presque superflu, là où la sentence aurait suffit. " Only Angels have Wings ". Elle n'en était donc pas un,
ni du Bien, ni du Mal et cela pouvait me rassurer. Mes mains sur ses hanches, son corps s'est raidi, ses reins cambrés au premier baiser et mon souffle près de son oreille faisait naître une onde
frissonnante sur sa peau. Elle griffa son épaule, comme je l'imaginais mordre sa lèvre. Comme un fruit juteux, je voulais gouter la chair mais me délectais de l'odeur et de la douceur de pétale
de cette nuque aux cheveux rasés, savourant le joyaux qui avant tout autres allait exciter l'envie, durcir les tétons et appeler d'autres baisers.
Model: Kristina Salinovic
Par jeaneg
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Mercredi 6 avril 2011
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20:40
Lorsque je
pense à elle, c'est ce petit détail qui me vient à l'esprit le premier. Le souvenir de ses cheveux couleur de miel qui formaient une jolie torsade sur sa nuque lorsqu'ils étaient un peu longs.
Une sorte d'épi qui provoquait une volute naturelle de mèches dorées. J'adorais littéralement les reflets d'ambre et ce mouvement qui voulait emmener la masse des cheveux vers le côté, comme
s'ils refusaient de descendre couvrir son dos. La première fois qu'elle les coupa, cette torsade disparu et je me pris à la regretter, malgré l'adorable petite tête adoptée.
Cependant, comme un membre amputé, malgré les cheveux courts, j'imaginais toujours voir ce singulier détail qui pourtant n'existait plus. La chevelure châtain avait
les mêmes reflets d'or et le savant désordre laissait partir en tous sens des mèches, effilées ou tranchées net, qui étaient du meilleur effet.
Et puis, de semaines en semaines, à nouveau le cran reprenait ses droits au fur et à mesure que les cheveux poussaient.
C'était comme un dilemme où pourtant je gagnais à tous coups. J'aimais ce tourbillon couleur de caramel et j'aimais aussi la nuque mise à nu et bien tondue.
Les années ont passé et je pense souvent à elle. Et lorsque je pense à elle....
Photo: Daniel Weisser
Par jeaneg
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