Dimanche 8 mai 2011
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22:19
La Tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Nous lui dîmes adieu et puis
De ce puits sortit l'Esperance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Avé
On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
À ce qu'a prédit la tzigane
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Photo: Yagmur Kizilok
Par jeaneg
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Dimanche 8 mai 2011
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10:43
Ca me fait plaisir aujourd'hui, plus spécialement, d'avoir une pensée pour mes grand mères et avec elles pour tous ceux et celles dont la jeunesse a été bouleversée par la folie des hommes. Un
jour, un seul pour se rappeler le souvenir de ces filles et de ces garçons pleins de courage et d'enthousiasme qui ont su oublier leur propre vie pour épargner celle d'autres, souvent inconnus.
Un jour, c'est pas beaucoup. Hier le dernier vétéran de la Première Guerre Mondiale est parti, sans qu'on soit vraiment sûr, comme toujours, de l'avoir réellement honoré comme il fallait...
Aujourd'hui c'est le 8 mai et en attendant mieux, c'est la fête de celles qui ont, un jour, affronter la Bête, et c'est pas rien! Bonne fête mamie...
Par jeaneg
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Mercredi 4 mai 2011
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08:00
Lorsque ses souvenirs l'emportaient vers cette
période là, cet objet apparaissait le premier. Très grand, imposant, mystérieux comme un personnage. Cela l'avait intimidé presque autant que d'envisager de couper ses cheveux. Une fois installée
elle se sentait plus petite encore entre les bras mécaniques de ce trône qui n'en était pas un encore. Pourtant l'assise et le dossier étaient confortables. Fébrile malgré tout, c'est là que son
corps fut noyé sous un drap de nylon, les pans étalés tout autour d'elle comme une traine, soudain n'apparaissait plus que sa tête, face à elle dans le grand miroir. Ses doigts un peu crispés sur
le bout des accoudoirs de faïence elle avait sourit en voyant son corps s'élever au rythme des coups de pédale donnés par le coiffeur qui faisait monter "l'appareil" à bonne hauteur. Au premier
coup de ciseau elle pensait fermer les yeux, mais au contraire la fascination opéra. Elle se sentait soudain à l'aise sur le siège au cuir patiné, le regard fixé sur sa silhouette, ne prêtant
aucune attention aux mèches inertes qui glissaient en silence le long des plis du nylon. Elle possédait le lieu, se découvrait à mesure que ses cheveux étaient taillés, de plus en plus courts,
gagnait en assurance et de la jeune femme intimidée il ne restait plus rien, à travers le miroir on ne voyait qu'une femme conquérante et sure d'elle. Elle croisa ses jambes, assura sa position
dans le large fauteuil et savoura son triomphe...
Par jeaneg
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Mercredi 27 avril 2011
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/2011
14:40
Comme le matin clair inondait la chambre d'une lumière pâle, elle se retourna, fuyant le jour. Son corps roula sur le drap de coton blanc froissé et la tête enfouie dans le creux de son coude, sa
main vint reposer sur les cheveux courts de sa nuque... Dans ce contre-jour le satin de sa peau semblait duveteux comme la peau d'un fruit d'été et les monts et les vallées de ce paysage charnel
étaient émouvants.
Les doigts fins, irrésistiblement, comme autant de tentacules, se glissèrent à travers les mèches de cheveux, exposant à la lumière le châtain boisé et provocant des reflets d'ambre et de
caramel. Puis, encore plus doucement, la pulpe de ses doigts vint caresser la fourrure de sa nuque où les cheveux tondus avaient le soyeux d'un pelage.
Dans ce petit matin douillet un frisson, long et lent, parcouru son corps et la peau s'hérissa sur ses épaules et ses bras. Son bassin ondula faisant glisser le drap et un soupir langoureux
accompagna sa fantasmagorie. Elle rêvait.
Photo: Tara.noelle
Par jeaneg
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Dimanche 24 avril 2011
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13:45
"Une histoire qui s'achève est toujours la promesse d'une autre à venir."... Et pourquoi donc avait elle cette idée dans la tête. Qui avait bien pu énoncer une pareille sornette. Et si elle n'en
avait pas envie, elle, d'une autre histoire? Est ce que quelqu'un s'était posé cette question? Fallait il donc qu'elle soit dans une "histoire" pour que son entourage soit rassuré? Est ce qu'elle
n'avait pas le droit d'être triste et en colère au point de refuser de croire à toutes les promesses? Elle avait mieux à faire à présent, qu'à jouer dans ce jeu de dupes où l'on finit toujours
par pleurer finalement. Elle lui en voulait de ne pas avoir su la comprendre, mais après tout, peut être qu'il fallait avoir le coeur en lambeaux pour devenir plus lucide. La plaie allait guérir,
les morceaux se recoller les uns aux autres et devenir moins fragiles... Elle en voulait à elle surtout, d'avoir pu croire que tout était scellé et immuable. Du coup elle se sentait stupide de
tant de naïveté. La leçon avait le mérite de la faire grandir. Tourner la page devenait le cap à suivre. Etre elle même quoi qu'il arrive et penser d'abord à elle... Egoïste? Peut être... L'envie
d'aller chez le coiffeur était un bon début...
Photo: Honeyjazz
Par jeaneg
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