Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 20:31

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Sa chevelure noire à la lumière du jour avait des reflets bleutés. Penchée comme elle l'était dans ce champ de bleuets, je voyais glisser la masse vivante, épaisse et réconfortante, comme un voile de satin. C'est à cet instant seulement que j'ai réalisé l'extraordinaire changement qui s'était opéré et dont j'avais été l'acteur pour partie. D'une main sûre, l'heure d'avant, elle avait de quatre ou cinq coups de ciseaux tranché net ses cheveux qui auparavant battaient son dos. Sur la carrelage gisaient inertes les lambeaux de sa toison quand elle m'appela, sûre d'avoir commis l'essentiel afin d'échapper à mon opinion. Elle était radieuse, les joues rosies par son audace, l'oeil pétillant de malice. 

Elle me tendait la paire de ciseaux meurtrière pour achever son oeuvre. Bouche bée c'est presque dans un état second que j'ai plongé mes mains à travers les mèches. Sans même réfléchir je me suis appliqué à tailler, rectifier, aligner le plus droit possible les cheveux coupés juste au ras de la nuque. Ils avaient tant de ressort et de souplesse que naturellement ils prenaient du volume et rebiquaient vers le ciel offrant un reflet nouveau, plus sombre encore, à la masse brillante. Le souvenir des sensations que me procuraient cet exercice inhabituel m'excite encore. 

Ses épaules nues étaient couvertes d'un voile de petits cheveux coupés. Dans mes doigts la mèche saisie était taillée millimètres par millimètres et le bruit des lames crissant sur le cheveux soyeux et la douceur de la matière dans ma main me tenaient en extase. Elle s'amusait de me voir ainsi et sut bien arrêter mon ardeur frénétique avant que je ne me mette à tailler pour de bon sa chevelure raccourcie...

Dans le champs de fleurs il y avait cette odeur, ce parfum d'herbe fraîche transpirant la rosée, que la faux a couchée par brassées. Elle fit un bouquet et ses cheveux fraîchement coupés avaient ce parfum de printemps...

Photo: Matteo Palmieri

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 13:57

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Rien ne me ravi autant que cette tendance qu'ont certaines (jolies) femmes à se donner des allures de collégien, le visage facilement envahi par une longue mèche que l'on tente de chasser sur le côté, une masse de cheveux qui donne du volume sur le sommet, mais la nuque et le tour d'oreille savament dégradés, presque à l'extrême, tondus comme l'étaient les garçons des années 50. 

S'offre alors le spectacle merveilleux d'une nuque juvénile, fine et fragile qui ne m'inspire que tendresse et sensualité. Cette colonne de la chair la plus douce qui émerge du col d'un chemisier tout aussi délicat, où la chevelure est ciselée comme une orfèvrerie dessinant monts et vaux de ce relief humain. Apparaîssent alors, coeurs, acolades, M et W ou la simple pointe naturelle presque effacée par l'art du coiffeur...

La texture du cheveux prend un air de pelage soyeux où les doigts meurent d'envie de fourrager, le très court menant à la masse plus longue qui peut encore se balancer, d'un côté ou de l'autre du visage d'un geste faussement négligé mais pourtant savament étudié. 

Les oreilles dégagées donnent enfin cette silhouette de petite tête qui m'attendri. Non pas le "Eh! P'tite tête" gouailleur et condescendant, mais plutôt le "p'tite tête" d'une jolie môme, qu'y est toute nue sous son pull, y a la rue qu'est maboule...

De quoi faire chavirer mon coeur pour un petit plaisir que m'offre le quotidien. J'adore...

 

Modèle: Emily Yomtobian

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 18:12

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A peine la coupée fut-elle jetée sur le quai, les marins commencèrent à débarquer. Je les observais depuis la passerelle, s'organiser en bande pour attraper à deux ou trois un pousse-pousse qui les mènerait au premier bordel sur les bords du Huangpu. Des militaires russes, vautrés sur des balles de coton et des caisses de thé, se distrayaient du spectacle. 

A terre, comme je remontais le long du quai, je suis arrivé à hauteur d'une énorme jonque au moment où un officier quittait le bord. Il avait une allure à la fois familière et étrange, un visage presque féminin, mais l'idée me vint de le comparer à Corto Maltese. Il me fit un signe amical. Soulevant sa casquette une lourde mèche glissa sur son visage, qu'il replaça de la main en arrière avant de remettre son couvre chef, laissant sa main couvrir sa nuque parfaitement taillée. Il alluma un petit cigare et replongea les mains dans son caban. J'étais un peu subjugué par ce marin, si étrange, si beau...

Pourtant certains détails, dans sa tenue, dans sa démarche, dans sa silhouette me semblaient ne pas coller avec l'image du marin. Des idées troubles assaillaient mon esprit, je ressentais du désir pour lui, que ma raison cherchait à refouler.

Depuis le pont de la jonque un gros matelot habillé en cuisinier hurla dans notre direction " Valentina-senpai!" Mon marin se retourna et répondit en japonais au cuisinier...

D'un seul coup mon trouble s'évanoui et mon désir se renforça...                 

 

Photo: Boo George

Modèle: Alessandra Ambrosio

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 14:00

Edouard-Boubat.jpg

J'avais besoin de réponses, en urgence. Depuis trop longtemps habitué à consulter Frida le jour et la nuit, Ipomée, la secrétaire portugaise ne pouvait pas lutter contre moi et malgré sa bonne volonté évidente elle ne parvint pas à faire barrage à mon entrée dans le cabinet. Comme par hasard Monsieur Patate était encore là, à croire que nous étions les deux seuls clients de la bavaroise... Il se redressa, surpris par mon entrée fracassante, balbutia quelques mots incompréhensibles pendant que je resserrais son noeud de cravate tout en le poussant vers la sortie et en lui donnant des conseils de bon sens sur la meilleure manière de se suicider...

Ma Psy "- Pon, eh pien heureuzement que che lui vais bayer les gonzuldazions t'afanze à ze baufre monzieur Alcazar...

Moi - Alcazar?? Non, tu rigoles? Il s'appelle vraiment Alcazar? 

Ma Psy - Et alors? Kezqu'il y a te zi ekzdraortinaire?

Moi - Non non, rien... Et c'est le mari de Bianca Castafiore, c'est ça?

Ma Psy - ??? Tu verais mieux te me tire qu'ezki chusdivie zette endrée vrakazande.

Moi - Frid' Il faut que tu m'aides. Je vais très mal. Je n'ai plus de goût à rien, je n'envisage plus rien, j'ai le sentiment d'être comme un coquillage mort sur une plage des Maldives...

Ma Psy - Foyez fous za... Ein bedit coup te plues. Normal z'est la zaizon...

Moi - Non non tu n'y es pas. C'est bien pire. Plus rien ne m'excite. La vie des autres m'est indifférente, je n'ai plus d'envies. Au boulot je laisse tout filer. Sexuellement rien ne me stimule plus. Même dans les bras de Laora, même en caressant sa nuque rasée, même si elle me raconte des cochonneries, ça ne me fait plus bander. J'ai l'impression d'avoir trop parlé librement de ma dilection, de l'avoir rendue banale presque. Cette overdose de plaisir a finit par démystifier mon trouble et tout est devenu presque naturel...

Ma Psy - Hummm... Enfie t'un garzon?

Moi - Méheuuuu! Arrêtes avec ça! Je suis sérieux. J'ai de plus en plus besoin d'imaginer des trucs bizarres. Et puis quand je me concentre trop j'ai l'impression de frôler la rupture d'anévrisme. L'orgasme me donne la migraine.

Ma Psy - Du feux guand même bas que che de tonnes ein Tolibrane? " 

Je voyais bien que ma psychiatre de la Rhur profitait de la situation et trouvait là une façon de se venger. J'avais été trop gâté et j'arrivais au seuil de la rupture. Frida allait me laisser couler jusqu'au fond par pur sadisme...

 

Photo: Edouard Boubat

Par jeaneg - Publié dans : Ma Psy et Moi - Communauté : Tronches de vie
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 12:42

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Il m'arrive encore aujourd'hui, mais oui mais oui, de rencontrer des proches qui ne connaissent pas encore l'existence de ce blog. C'est toujours un instant particulier que celui où l'on révèle à une personne qui vous connait bien et depuis longtemps, que vous avez un visage qu'elle ignore. C'est délicat, un peu comme un "coming out", j'imagine. J'aime bien convaincre. Je sais parler avec passion lorsqu'une chose me tient à coeur comme cette part de mon intimité. Alors j'explique en choisissant mes mots, à quel point j'aime les femmes aux cheveux courts et tout ce que cela impose à mon esprit. Je précise aussi bien sûr qu'il ne s'agit en rien d'un blog sur la coiffure, que c'est une question d'état d'esprit plus que de longueur de cheveux. En même temps je fais découvrir à certaines combien le dessin de leur nuque peut être troublant aux yeux de certains. 

Je fonde beaucoup d'espoir en me dévoilant ainsi sur l'intérêt qui va être suscité. Il y a bien sûr de la curiosité, quelque fois si forte que tout ce que je peux dire ne retient aucune attention, tout ce que l'on veut c'est voir. Alors au bout du compte je fini par révéler l'url ou cliquer moi même sur le lien qui ouvre les pages de mon blog... Et cela me rend un peu fébrile parce que je voudrais plaire, mais que les banalités que je vais entendre pour qualifier ce que la ou le nouvel(le) initié(e) découvre vont me renfrogner immanquablement... Vanité. J'aimerai choisir un article en particulier, celui qui me plait le plus pour qu'il soit le premier lu et donne toutes les chances aux autres de l'être à leur tour. 

Dans ces moments là je conçois qu'il soit difficile pour le commun des mortels d'imaginer à quel point une petite tête bien faite et joliment coiffée peut faire tourner la mienne et je crois que seule la lecture de la totalité du blog, en commençant par la fin comme il se doit, peut permettre d'entrevoir l'ampleur de ma dilection. Ainsi, si c'était possible, je resterai là penché sur l'épaule de ma lectrice pour m'assurer qu'elle ne manque aucune page. Parce que je veux bien révéler mon intimité, mais pas pour que l'on jete dessus un oeil distrait et que l'on passe à autre chose dans l'instant. 

Alors des fois, le moment propice ne vient pas, pas tout de suite et l'aveu ne se fait pas... Ce sera pour la prochaine fois... Peut être.

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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