Tendresses

Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 16:08

valeria lazareva

Ce n'était pas l'été encore mais le soleil invitait à marcher les pieds nus sur le sable. La brise venait de la mer et ébouriffait leurs cheveux. De loin on les aurait dit heureux. Ils souriaient, riaient parfois. Après quelques pas à la lisière du ressac ils sont remontés sur la dune et se sont affalés sur le sable tendre. Ils ne se regardaient pas, fixaient l'un comme l'autre l'horizon embrumé de chaleur. Et puis ils se sont tu, la mine plus grave tout d'un coup. Sans le regarder ses lèvres ont laissé les mots se faire emporter par le vent. Lui a tourné la tête, doucement, et approché sa main comme pour replacer une boucle de ses cheveux derrière son oreille. Elle a esquivé, écartant doucement elle aussi son cou de la main caressante. Les mots, encore, plus fort ceux là, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté. Il aurait sans doute voulu passer une dernière fois la main sur ses cheveux, frôler sa nuque, caresser ses lèvres. Une façon pour lui d'essayer de ne pas croire les paroles que le vent avait soufflé... C'est elle qui s'est levée, la gorge serrée sûrement, mais elle souriait. Pour chasser le drame elle a pointé son appareil et fait des photos. Et lui, pauvre de lui, il aurait presque sourit à travers ses larmes. C'est un autre qu'elle aime, pas besoin de se détester pour ça. Il devait se dire qu'il l'aimait lui aussi, et que pour toutes les raisons qui faisaient cet amour il devait accepter qu'elle soit heureuse, sans lui...

Le soleil a plongé dans la mer. Il est resté là, assis dans le sable devenu froid. Seul depuis longtemps...

Photo: Valeria Lazareva

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Tronches de vie
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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 23:14

sessilee lopez

J'aime ta couleur café
Tes cheveux café
Ta gorge café
J'aime quand pour moi tu danses

Alors j'entends murmurer
Tous tes bracelets
Jolis bracelets
A tes pieds ils se balancent

Couleur café
Que j'aime ta couleur café

C'est quand même fou l'effet
L'effet que ça fait
De te voir rouler
Ainsi des yeux et des hanches
Si tu fais comme le café
Rien qu'à m'énerver
Rien qu'à m'exciter
Ce soir la nuit sera blanche

L'amour sans philosopher
C'est comme le café
Très vite passé
Mais que veux-tu que j'y fasse
On en a marre de café
Et c'est terminé
Pour tout oublier
On attend que ça se tasse

 

Paroles: Serge Gainsbourg

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 09:54

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Elle n'avait gardé que les perles, qu'elle imaginait indispensables à sa beauté. Cependant la nacre, même sous l'éclat de lumière, n'attirait pas le regard. Tout juste soulignait-elle la nudité de sa peau de satin. Et de ce corps souple et harmonieux rien n'était celé. Pourtant sa pudeur aurait voulu préserver non pas son sein ni son intimité, mais cette nuque qu'elle sentait nue et vulnérable. Timidement ses doigts montaient vers les cheveux ras, caressaient l'implantation qui dessinait avec talent une accolade soyeuse. Elle savait sa nuque tondue plus désirable encore et tremblait déjà d'y sentir le souffle et les baisers de son amant. Et puis, voluptueusement, presque en rougissant, elle a laissé la pulpe de ses doigts s'exciter sur les quelques millimètres de sa chevelure, faisant s'évanouir naturellement la peur de les avoir coupé trop courts. Elle tira doucement le collier et les perles remontèrent jusqu'au bord de la nuque, illuminant le joyaux qui soudain n'était pas le bijou...

 

Photo: Kelly Kardos

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 12:50

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On pourrait les dire frère et soeur. Question de complicité et puis parce qu'ils ont atteint cette période où lui devient un homme alors qu'elle garde son allure de jeune fille. Il n'y a pourtant pas si longtemps qu'elle le portait encore dans ses bras et que le bambin fourrageait de ses doigts encore potelés à travers les mèches courtes de sa nuque...

Il en garde le souvenir, la douceur, le parfum. Il l'a toujours connue ainsi et n'imagine pas qu'elle puisse être différente. 

Pourtant le jour va venir. Il sera plein d'espoir et d'enthousiasme. L'instinct le poussera, toujours plus fort, à aller découvrir le monde, se battre, aimer, travailler, voyager. Elle sera toujours dans son coeur, comme  ce matin là, la tête posée sur son épaule de jeune homme conquérant.

Pourtant ce jour va venir. Elle sera à la fois fière et désespérée. Elle le verra partir, s'éloigner de son sein et elle ne fera que compter les jours, les heures les minutes même qui les séparent. Et cette absence creusera ses rides...

A chaque retour il sera plus beau encore et la trouvera toujours aussi belle, même si le temps, les tourments et l'inquiétude parviennent à effacer son allure de jeune fille. Elle se délectera, quand il l'embrassera, de sentir ses doigts fourrager dans les cheveux courts de sa nuque, comme il l'a toujours fait et elle retrouvera enfin son enfant...

 

Photo: Kelly Kardos

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Tronches de vie
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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 10:36

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Elle le sait bien, que je penserai à elle demain à l'heure où elle poussera la porte de ce salon de coiffure. Pense-t-elle que mon esprit tout entier sera concentré sur ce moment particulier? Que je serai là, attentif, ne manquant rien de toutes les sensations qu'elle va traverser, de la crainte, du trac qu'elle va avoir en entrant, la peur de ne pas vraiment obtenir ce qu'elle veut plutôt que celle de ne plus être aussi jolie qu'avant. Et puis la douceur et le bien être de cette relaxation, la tête en arrière lorsque l'eau juste tiède coule sur le cuir chevelu que les doigts massent délicatement. Puis à nouveau le trac, mais celui là mêlé d'excitation, au moment où les premiers coups de ciseaux vont claquer, derrière ses oreilles... Elle a tellement rêver de sentir les cheveux ras sur sa nuque sans jamais oser aller au delà d'une coupe au carré bien sage et sans excentricité. Elle a toujours composé une image bon chic bon genre alors qu'à l'intérieur c'est le feu et la folie. Comme pour camoufler ses fantasmes elle paraît lisse et sans ombres, mais sa libido est pleine de souvenirs d'enfance, de ce coiffeur libanais qui taille ses cheveux blonds de petite fille dans ce salon pour homme... La coiffeuse glisse son peigne sur lequel les larges lames de ses ciseaux claquent régulièrement, encore et encore... Osera-t-elle la tondeuse? Cette nuque enfin nue elle la sent à présent et imagine déjà les doigts et les baisers de son homme la parcourant et la puissance décuplée de son plaisir, juste " à cause" de ça... Imagine-t-elle à quel point je serai impatient de la "voir" revenir?

Photo: DN

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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