Jeudi 8 décembre 2011
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16:44
Charlotte est une fille précoce et les cheveux
courts, on peut dire que ça lui est tombé dessus d'un coup. Il y a trois ans, à Londres, une amie l'entraîne, en sortant d'une fête un peu arrosée, à pénétrer à sa suite dans un salon de
coiffure. Les deux jeunes filles ont les cheveux très longs. La tondeuse ne laissera que quelques centimètres à l'une et l'autre....
La surprise est un peu rude pour tout le monde, mais voilà, c'est une vraie révélation et depuis ce jour, les cheveux courts c'est Charlotte et Charlotte c'est les cheveux courts. A peine
quelques tentatives , en trois ans, pour les laisser un peu repousser, mais rien à faire, c'est sa vraie nature. Un tourbillon cette Charlotte.
L'après midi est ensoleillée. Nous nous retrouvons à la terrasse d'un café, elle arrive, ôte son casque Sony, claque la bise. Elle a déjà "feuilleté" le blog, elle aime. C'est un réel plaisir de
discuter avec elle pendant presque une heure. Elle raconte les différentes colorations, les différents styles...
Sa maturité m'épate. Elle sait déjà depuis longtemps que sa féminité ne se mesure pas à la longueur de ses cheveux. Elle sait aussi que l'essentiel est de se plaire à soi même pour plaire aux
autres et qu'il faut laisser les grincheux à leur mauvais caractère.
La coiffeuse c'est sa cousine, alors c'est quand elle veut, quand ça lui chante. Et ça tombe bien parce que Charlotte c'est de l'eau vive. L'heure arrive, elle se lève et m'embrasse, recolle son
casque sur ses oreilles et file dans la foule, avec allure, la belle allure d'une femme aux cheveux courts.
Par jeaneg
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Mercredi 7 décembre 2011
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17:11
Quand tes cheveux s'étalent
Comme un soleil d'été
Et que ton oreiller
Ressemble aux champs de blé
Quand l'ombre et la lumière
Dessinent sur ton corps
Des montagnes des forêts
Et des îles aux trésors
Que je t'aime, ...
Quand ta bouche se fait douce
Quand ton corps se fait dur
Quand le ciel dans tes yeux
D'un seul coup n'est plus pur
Quand tes mains voudraient bien
Quand tes doigts n'osent pas
Quand ta pudeur dit non
D'une toute petite voix
Que je t'aime,...
Quand tu n'te sens plus chatte
Et que tu deviens chienne
Et qu'à l'appel du loup
Tu brises enfin tes chaînes
Quand ton premier soupir
Se finit dans un cri
Quand c'est moi qui dis non
Quand c'est toi qui dis oui
Que je t'aime, ...
Quand mon corps sur ton corps
Lourd comme un cheval mort
Ne sait pas ne sait plus
S'il existe encore
Quand on a fait l'amour
Comme d'autres font la guerre
Quand c'est moi le soldat
Qui meurs et qui la perds
Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime
Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime !
Paroles: Jean Renard
Photo: Ozgur Biber
Par jeaneg
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Mardi 6 décembre 2011
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07:00
Elle était un peu fébrile en arrivant à la maison. Tout au long du chemin elle n'avait cessé de chercher son image, à travers les vitrines, dans le regard des gens. Le changement était radical,
la transformation gigantesque. Elle avait enfin osé, avait surmonté sa peur, s'était mordu la lèvre un moment, angoissée de voir ses cheveux dégringoler en longues mèches devant elle. Puis au
bout du compte, de ce visage qu'elle croyait connaître à force de le voir chaque matin dans son miroir, elle découvrait les yeux, la bouche, l'arête du nez, des détails mais aussi l'essentiel. Sa
petite tête lui offrait en cadeau sa véritable physionomie et elle s'aimait davantage. Acceptée par elle même, elle avait hâte de l'approbation des autres...
Cent fois elle a passé la main sur sa nuque presque nue. A la maison l'accueil a été chaleureux: "Oh ça te change!" "Oui, ça te va bien" " Tiens? Tu as été chez le coiffeur?"... Et puis quoi?
C'est tout? Son appréhension s'est transformée en angoisse. Elle avait peur de ne plus plaire, peur des critiques, peur d'un regret... Elle n'avait pas pensé à l'indifférence. Cette acte qui
était suprême à ses yeux, ce Rubicon franchit, cette page tournée cette nouvelle naissance n'était accueillie que par quelques banalités consensuelles. Savaient-ils seulement tous les sentiments,
tous les états d'âme qu'elle avait traversé? Imaginaient-ils que cela soit si futile de se couper les cheveux, si courts, d'avoir peur de perdre toute féminité, de ne plus être "attractive"?
Du coup, elle percevait tout le poids, toute la force de la routine qui pouvait constituer son quotidien. Pour un peu on ne la voyait plus. Sa présence suffisait à rassurer son monde, qu'importe
qu'elle soit elle même ou une autre... La tristesse l'envahit lorsqu'elle imagina que l'amour avait peut être disparu...
Modèle: Rebekka Martic
Par jeaneg
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Lundi 5 décembre 2011
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07:00
Une semaine s'était écoulée depuis ma dernière consultation en urgence et les choses ne
s'arrangeaient vraiment pas. J'aurais du nager dans le bonheur pourtant à partager ma vie avec Laora qui chaque jour davantage se révélait atteinte par une dilection voir un véritable fétichisme
pour les cheveux. Elle ne parvenait pas à se résoudre à les laisser pousser de nouveau pour les avoir longs et opulents comme avant et ne pouvait résister plus d'un mois sans aller chez le
coiffeur. Frida n'était jamais très loin et elle ne manquait aucune occasion de mettre un peu d'huile sur le feu de l'italienne. Elle avait elle aussi abandonné depuis longtemps ses nattes de
bavaroise, mais juste parce qu'elle considérait que cela lui donnait davantage de crédibilité auprès de ses clients.
Cette fois, dans le cabinet feutré, allongé sur le chesterfield sans âge, Frida avait décidé de ne plus me laisser à la dérive avec ma perte de libido.
Ma Psy " - Verme lez yeux liebe. Che fais de ragonder une zène à laguelle che benze zoufent quand che zuis afec la biémondaize. Zela se basse tans un hôbidal ou une brizon,
ou encore une benzion te cheune filles...
Moi - Tu me fais peur Frid'. Où tu m'emmènes là?
Ma Psy - Relax... Laize moi ragonter. Et là, tans zet enfironnement bludot auzdère, on me téshapille et une ponne zoeur ou une quartienne me raze la dête et aussi la jatte..
Et en faizant zela elle me garesse et me fait chouir... Et en même demps che penze à Laora... A qui che ferai zupir le même zors
Moi - Pffffiuuu! j'avoue que ça va loin... Ca donnerait presque envie...
Ma Psy - Che fois bien! " Dit-elle en ouvrant ma braguette pour masser ma virilité qui semblait vouloir se manifester.
Moi " - Mais tu sais ce qui me marque le plus dans ta scène? C'est d'imaginer ta chatte tondue...
Ma Psy - Allons pon! Mais z'est frai alors? Du es fraiment quéri?
Photo: Steven Meisel
Models: Sasha Pivarova et Amanda Moore
Par jeaneg
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Dimanche 4 décembre 2011
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00:23
Elle paraissait en prise directe avec le bon dieu, la blondeur sans doute, translucide, presque blanc... Et puis cette allure de petit mec, ce Levi's ajusté et ce cuir râpé... A travers les
mèches claires le regard était bleu marine et ça seulement aurait suffit à vous damner. Pour de bon. Tout le monde, ou n'importe qui, se serait méfié devant cet ange. Mais n'importe qui et tout
le monde avait envie de s'en rapprocher, de l'aborder, lui sourire en retour et espérer une bonne fortune... Elle n'était pourtant pas farouche. C'est juste qu'elle avait conscience de son
pouvoir et qu'elle n'avait plus de scrupules à en user. Viale di Trastevere on la voyait le soir, pas loin de la gare. Elle accompagnait volontiers les soldats en permission qui lui offraient un
verre et la salle de bistrot s'illuminait quand elle éclatait de rire au milieu des garçons. Pour quelques billets elle faisait l'amour mais c'est plus tard dans la nuit qu'elle gagnait
véritablement sa vie. Sur le cuir fauve des limousines, avec quelques gros adipeux en costumes croisés. Parfois elle échouait dans les beaux quartiers, qu'elle quittait au petit matin, dansant
sur le trottoir luisant et taquinant les éboueurs aux sifflets lubriques. C'est sa vie, pas pire ni plus triste qu'une autre... Elle sourit, ébouriffe sa tignasse et shoote une canette écrasée...
Photo: Marta Bevacqua
Par jeaneg
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