Vendredi 20 janvier 2012
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A quoi cela sert-il de pleurer sur le passé? Ce qui a existé ne peut plus être nié... mais ça lui fait mal. Même les moments heureux, les seuls qu'il veut garder, martyrisent son coeur.
Il semble voûté mais ne sanglote pas, juste peut être une poussière dans l'oeil, de temps en temps. Avec cette photo c'est un pan de sa vie qu'il tient entre ses doigts. Une époque où elle et lui
étaient les maîtres du monde. S'il se laisse aller à la nostalgie, il peut parler d'elle des heures, de son âme comme de son corps. Lorsqu'il plongeait dans son regard, il y voyait tout ce que
lui-même portait dans le sien, plus que l'amour, l'admiration, la confiance, le désir... la crainte. Celle de voir cette bulle éclater. Ils ont couru pour tenter de vaincre le temps, se sont
aimés plus que de raison.
Mais dès le premier jour le mal était là, si bien que quoiqu'ils fassent elle s'en allait inexorablement...
Il a assez d'amour aujourd'hui encore pour ne pas avoir besoin d'en chercher. Elle a rempli sa vie en faisant de lui son roi... Mais Dieu que c'est dur de vivre sans elle. Comme un amputé qui
retrouve parfois au bout de ses doigts ce que touchait sa main emportée, il ressent encore la tiédeur de son corps, de sa peau, de ses lèvres... Ses mains font les gestes, comme un mime, dans
l'espace, il ébouriffe ses cheveux courts et caresse sa joue. Ensemble ils étaient tout, seul il n'est plus rien, juste un mortel désespéré qui songe parfois au temps où ils étaient roi et
reine...
Photo: Davis Ayer
Par jeaneg
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Mercredi 18 janvier 2012
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16:42
Il dit:
j'adore cette fille! Tout en elle m'érotise, j'aime autant son regard dur que son sourire, son allure de mauvais garçon et son style de princesse, son corps mince et ses tatouages...
On lui dit:
Elle est plutôt ambiguë.
Bien trop maigre pour exciter les hommes et pourtant elle ne laisse pas indifférent.
Arrête! Elle est lesbienne non?
C'est un mec?
Toujours les cheveux dans les yeux, ça fait mauvais genre...
Il dit:
Cela aussi me plaît, cet air farouche, ombrageux. Les cheveux courts, mais assez longs pour balayer le visage. Leur nature, leur couleur. Cette moue que font les lèvres charnues et bien
dessinées. Elle est mon rêve androgyne, assez garçon pour être mon pote et assez fille pour être mon amie...
On lui dit:
T'es pédé toi maintenant?
Il dit:
Je parle de l'être parfait capable d'être mon alter ego et de me séduire. Une sorte d'ange mal peignée. Laissez moi, vous n'êtes pas suffisamment éveillés...
Modèle: Freja Beha Erichsen
Par jeaneg
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Mardi 17 janvier 2012
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10:42
Elle, c'est une princesse. Dans ses rêves elle parcourt des horizons de ciel lumineux et de terre ocre. Elle chevauche un pur sang noir et lustré au riche harnais de cuir rouge et ainsi équipée
galope avec sa troupe dans les collines de grès doré et vermeil de l'Arabah. Les froufrous, les falbalas ce n'est pas pour elle. Son palais n'est pas de marbre et de riches colonnes, il est fait
de grands espaces et de voûtes étoilées...
Elle le sait, un jour sa vie sera comme ça. Loin des lumières de la ville et des artifices de fêtes, ce théâtre minable et mesquin où l'argent seul donne l'illusion de vivre. C'est moins du
mépris que de l'indifférence qu'elle ressent pour celles dont le rêve est esthétique, imitant les bimbos qui s'alanguissent aux pieds des chanteurs noirs...
En attendant, elle remonte son col sur ses cheveux courts, enfonce ses poings dans les poches de son anorak et remonte l'allée des platanes... vers Aqaba!
"Ainsi, en Chine, l'hiver, des singes égarés se réfugient dans les villes. Quand ils sont assez nombreux, on chauffe
un train pour eux et on les renvoie vers leurs forêts natales."
Photo: Benoit Paille
Citation: Antoine Blondin, Un singe en
hiver, Paris, Gallimard, "Folio", 1973
Par jeaneg
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Vendredi 13 janvier 2012
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16:39
Les moments heureux ont un parfum. Chacun a le sien. Parfois c'est celui de la mer qui respire au loin et qui nous souffle son haleine douce quand nos peaux brûlent sous le soleil. Dans ces
effluves il y a l'iode et la crème solaire, le beignet chaud et le sable...
Au dessus du ponton les goélands font du kite, observant, comme on les imagine goguenards, les humains qui rosissent. Appuyés sur le bastingage, tous regardent l'horizon. Et sans se parler ils se
savent heureux. Lui n'est pas sur la photo, il fallait bien que quelqu'un s'y colle. Derrière son viseur il est le témoin de l'instant. Il a tout son temps, le loisir de déguster son sourire, le
reflet de ses cheveux, sa pommette ronde, son cou élancé.
Il l'aime déjà cette image. Les deux gars et les deux filles. La brune et la blonde, cheveux courts et cheveux longs, dame de coeur et dame de trèfle. Il les aime tous, mais c'est elle qu'il
préfère. Elle doit bien s'en douter va...
Photo: Cecilllia
Par jeaneg
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Dimanche 8 janvier 2012
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18:59
... Ainsi s’en vont mes jours. Assis au bord des ondes,
Je contemple la mer dont les houles profondes
Ne s’arrêtent jamais, tumultueux troupeaux
Bondissant jour et nuit sans halte et sans repos ;
Et nous nous regardons, moi rêveur, elle énorme ;
Elle attend que je pleure et j’attends qu’elle dorme.
Jersey, 18 septembre 1854.
"Les quatre vents de l'esprit" Extrait- V.Hugo
Photo: Boo George
Par jeaneg
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