Ma Psy et Moi

Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 14:00

Edouard-Boubat.jpg

J'avais besoin de réponses, en urgence. Depuis trop longtemps habitué à consulter Frida le jour et la nuit, Ipomée, la secrétaire portugaise ne pouvait pas lutter contre moi et malgré sa bonne volonté évidente elle ne parvint pas à faire barrage à mon entrée dans le cabinet. Comme par hasard Monsieur Patate était encore là, à croire que nous étions les deux seuls clients de la bavaroise... Il se redressa, surpris par mon entrée fracassante, balbutia quelques mots incompréhensibles pendant que je resserrais son noeud de cravate tout en le poussant vers la sortie et en lui donnant des conseils de bon sens sur la meilleure manière de se suicider...

Ma Psy "- Pon, eh pien heureuzement que che lui vais bayer les gonzuldazions t'afanze à ze baufre monzieur Alcazar...

Moi - Alcazar?? Non, tu rigoles? Il s'appelle vraiment Alcazar? 

Ma Psy - Et alors? Kezqu'il y a te zi ekzdraortinaire?

Moi - Non non, rien... Et c'est le mari de Bianca Castafiore, c'est ça?

Ma Psy - ??? Tu verais mieux te me tire qu'ezki chusdivie zette endrée vrakazande.

Moi - Frid' Il faut que tu m'aides. Je vais très mal. Je n'ai plus de goût à rien, je n'envisage plus rien, j'ai le sentiment d'être comme un coquillage mort sur une plage des Maldives...

Ma Psy - Foyez fous za... Ein bedit coup te plues. Normal z'est la zaizon...

Moi - Non non tu n'y es pas. C'est bien pire. Plus rien ne m'excite. La vie des autres m'est indifférente, je n'ai plus d'envies. Au boulot je laisse tout filer. Sexuellement rien ne me stimule plus. Même dans les bras de Laora, même en caressant sa nuque rasée, même si elle me raconte des cochonneries, ça ne me fait plus bander. J'ai l'impression d'avoir trop parlé librement de ma dilection, de l'avoir rendue banale presque. Cette overdose de plaisir a finit par démystifier mon trouble et tout est devenu presque naturel...

Ma Psy - Hummm... Enfie t'un garzon?

Moi - Méheuuuu! Arrêtes avec ça! Je suis sérieux. J'ai de plus en plus besoin d'imaginer des trucs bizarres. Et puis quand je me concentre trop j'ai l'impression de frôler la rupture d'anévrisme. L'orgasme me donne la migraine.

Ma Psy - Du feux guand même bas que che de tonnes ein Tolibrane? " 

Je voyais bien que ma psychiatre de la Rhur profitait de la situation et trouvait là une façon de se venger. J'avais été trop gâté et j'arrivais au seuil de la rupture. Frida allait me laisser couler jusqu'au fond par pur sadisme...

 

Photo: Edouard Boubat

Par jeaneg - Publié dans : Ma Psy et Moi - Communauté : Tronches de vie
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 07:51

4e5f.jpgLaora était partie quelques jours dans sa Toscane natale et je trainais ce matin là en attendant l'heure de rejoindre Frida pour déjeuner. J'ai eu soudain une sentsation bizarre parce que je venais de me rendre compte que sans le vouloir, je captais toutes les conversations des autres qui avaient trait à leur coiffure. Et toutes me ramenaient à ma récente experience avec la transalpine. Dans la rue, le métro ou dans une brasserie, c'était là une mère et son fils, ici deux amies ou encore là un couple... Et presque à chaque fois les paroles s'accompagnaient d'un geste qui consistait à passer la main dans les cheveux de l'autre, comme pour évaluer leur longueur ou soupeser la masse dont il fallait se débarrasser. Plus je progressais dans ce constat et plus m'apparaîsait évident le caractère sado-masochiste de ces scènes.

" Il faut absolument que je t'emmène chez le coiffeur..." " Alors quand est ce que tu vas les faire couper...? " " Tu as les cheveux  trop longs..." " Fais moi plaisir d'aller te faire couper les cheveux ..."

Je ne voulais pas me l'avouer, mais ces mots m'excitaient. Il était clair qu'une hièrarchie se créait, que les mots et les gestes établissaient un rapport de domination et de soumission entre les personnages concernés. J'arrivais même à imaginer que cette soumission pouvait aller jusqu'à être non consentie, une obligation, un devoir. Et mon imaginaire fabriquait des scènes terribles, dans les prisons, les couvents, les camps militaires, tous ces endroits où l'on pouvait "officiellement" imposer à quelqu'un d'avoir les cheveux coupés sans son consentement... 

Ma Psy " - Les vandazmes zont vait bour za. Dant que zela resde tans ze tomaine il n'y a pas te mal. Là où le trame ze brotuit z'est quand les limides se rombent et que le zuchet ne dizerne blus ses télires te la réalidé. Rêfer t'azaziner sa pelle mère ne fait bas te doi ein azazin...

Moi - Oui c'est pas faux... Mais tout de même, il y a quelque chose de pervers à avoir ce genre de fantasme non?

Ma Psy - La berferzion zerait chusdement te ne blus dizerner le vandazme de la réalidé. Zi zela se téroule comme un cheu, comme du as vais afec l'idalienne, où est le mal?

Moi - Mouais... Vu comme ça...

Par jeaneg - Publié dans : Ma Psy et Moi - Communauté : Tronches de vie
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 19:37

EVE.jpg

Frida avait finalement encaissé le coup, pas trop mal, et faisait contre mauvaise fortune bon coeur. Laora était rayonnante et cela l'aidait a supporter la situation. Pour ma part je n'étais pas peu fier d'avoir fait triompher ma méthode et ainsi prouvé à Frida que un peu d'audace et de bon sens ont parfois plus d'effet que les grandes théories. Grand seigneur, je reprenais volontiers ma place sur le divan de la teutone, tentant d'explorer à nouveau les arcanes de Moi, Ca et Surmoi, tentant de faire valoir mon nouveau statut de "confrère honoris causa"

Moi "- J'ai souvent entendu dire que couper les cheveux avait une symbolique très forte liée à la castration. Or la castration est elle même un fantasme lié au complexe d'Oedipe, non?

Ma Psy - Ach! Che fois, ez ke du feux que che d'abelle Sigmund auzi?

Moi - Non mais vraiment... Et Oedipe, si je ne me trompe pas c'est quelque chose qui se régle vers 4 - 5 ans non?

Ma Psy - ...Quand za ze récle...

Moi - Oui non mais en principe on s'en sort.. Et comme ça touche fille et garçon, même si l'interprétation du fantasme est différente, il est finalement normal que homme et femme soient touchés par un fétichisme lié aux cheveux courts...

Ma Psy - Che ne zuis bas zure que tu vasse un pon bsy, mais bour la zalade tu es chambion. Du gonvons ein vandasme bzyganalidigue afec l'inderbrédazion d'un réfe...

Moi - Ah oui? Meeeerde... Un " vandasme bsyganalidigue" ... C'est donc ça..."

Par jeaneg - Publié dans : Ma Psy et Moi - Communauté : Tronches de vie
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 15:55

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Le vieux coiffeur n'avait pas posé une seule question. L'italienne assise sur le fauteuil, il l'avait tout bonnement emballée dans un drap de nylon qu'il avait serré autour de son cou et avait jeté un drap de coton sur ses épaules qu'il avait ensuite inséré dans le col, soigneusement. Quelques coups de peigne avaient ordonnés la courte chevelure de Laora dont le regard était fixe, collé au miroir. M'efforçant de paraître le plus sûr de moi possible je lâchais: "Très court! Partout, à la tondeuse... S'il vous plaît"

Le vieux a rallumé le mégot de cigarette qui pendait à ses lèvres et tranquillement pris en main une grosse tondeuse dont il a épousseté les lames. L'appareil s'est mis sous tension, lançant un bruit strident qui allait crescendo. En s'aidant toujours de son peigne, le figaro a soulevé une première mèche devant l'oreille et glissé la tondeuse sous la masse des cheveux, remontant inexorablement vers la tempe, jusqu'à ce qu'une énorme touffe dégringole sur sa main puis sur le sol. Je regardais fixement Laora à travers le miroir, elle même écarquillait les yeux, perdue dans le vague.

Pas un mot, pas une parole. La tête baissée Laora se laissait tondre... J'imaginais dans sa tête son cinéma intime, recoller des images de l'enfance, transformer des souffrances en plaisir, juste du plaisir.

La coupe achevée, je l'ai vue, le visage souriant tristement, une larme au bord de la joue. J'ai soulevé son menton, passé une main sur sa tête rasée et lancé un "Parfait!" pour montrer ma satisfaction au merlan. 

En sortant j'ai caressé la nuque fraîchement tondue, Laora s'est tournée vers moi en s'arrêtant

Laora "- Grazie darling... Tou pé pas savoir comme jé soui heureuse dé l'avoir fait. Jé répensé à tutti, mio padre si dour... Mais tou étais là et jé senti ton amour pour mi et jé crois qué jé joui...

Moi - Non? Tu as joui pendant que le vieux te tondait? Mais je n'ai rien vu, rien remarqué...

Laora - Dans ma testa darling... Et mainténant jé veux jouir pour dé bon...

Moi - Tu veux dire que ça a marché? L'expérience est positive? 

Laora - Siii! Molto bene!

Moi - 'tain, Frida va être verte!

Je n'ai pas eu le temps d'en dire plus. Ma biquette des Dolomites m'a léché les amygdales dans un patin d'anthologie avant de m'entraîner en courant vers l'appartement.

Par jeaneg - Publié dans : Ma Psy et Moi - Communauté : Tronches de vie
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 13:15

romanov-copie-1.jpg

Frida m'avait fait une véritable scène.

Ma Psy "- Du es komblètement vou? Ezke du d'imachine que du beux chouer les derabeuthe komme za? Don expérienze beu brofoguer ein kataztrophe zais du? Mais te kel trois? 

Moi - Allons Frid, ne t'emballes pas. Et puis on va chez le coiffeur, elle ne va pas être massacrée tout de même...

Ma Psy - Mais chuzdement! Zed expérienze tefrait ze vaire izi, dans un zergle indime. Ilvaut exorzizer les chozes medre tes mots zur les émozions, barler, z'exbrimer. Nous aurions tu faire la mize en scène nous même, la bousser au blus loin dans zes retrangements...

Moi - Ah oui je vois l'truc. Et pourquoi pas la mettre nue, attachée sur une chaise, lui tirer les cheveux, la raser "méchamment". Je suis sûr que tu aimerais ça en plus. Ca t'exciterai non?

Ma Psy - Pffft Ne tis bas de pèdizes. Che zuis médezin che de rappelle et t'un boint te fue ziendivik, du ne verras que rebloncher zette baufre ville tans son draumadizme d'envanze, zans lui tonner les klés et les zoluzions qui bourraient la quérir.

Moi - Mouais... T'es sûre que tu n'as pas un Josef Mengele dans ta famille toi?"

De toute façon, monsieur Patate s'impatientait dans la salle d'attente et Ipomée, la secrétaire portugaise avait de plus en plus de mal à le contenir. Je filais donc à l'anglaise comme il se doit pour rejoindre l'appartement où Laora, fébrile, n'allait pas tarder à revenir. Je devais me préparer pour ce rôle et sans fausse note la conduire chez le coiffeur avec toute l'autorité dont j'étais capable. J'avais jeté mon dévolu sur un petit salon bien vieillot avec un vieux coiffeur à l'air retors qui lui n'aurait pas besoin de jouer un rôle pour être parfait.

A l'heure convenue la belle italienne fut de retour. Sans lui laisser le temps de souffler, à peine entrée je lui fis faire demi-tour en la prenant par le bras.

Moi " - Allons y! Chez le coiffeur.

Laora - Oh please, no, pas le coiffeur...."

Par jeaneg - Publié dans : Ma Psy et Moi - Communauté : Tronches de vie
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