Tendresses

Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 13:04

Dan-Carabas.jpg

Il n'y a rien que j'aimais autant que ces instants, lorsrqu'elle revenait de chez son coiffeur. Elle me taquinait, espiègle, jouant avec moi comme une chatte avec sa pelote. Elle me regardait à travers le rideau de ses cheveux souples, brillants et parfumés et mon plus grand plaisir était de bouleverser sa coiffure sage et ordonnée. Je l'ébourriffais, glissant mes doigts à travers la matière soyeuse, elle m'échappait, puis revenait, offrant sa nuque à mon regard, puis à ma main. Chaque baiser posé sur sa peau à cet endroit provoquait sur ses bras une éruption délicieuse et excitante de chair de poule faisant frissonner son cou. Nos corps s'échauffaient mais elle savait bien me provoquer en murmurant que c'était la dernière fois, que dorénavant elle laisserait pousser ses cheveux longs. Alors le dernier baiser se transformait en morsure et je sentais son corps entier vibrer et se raidir. Elle capitulait, abandonnant son corps aux caresses de mes lèvres et ces instants là étaient tout mon bonheur...

"...In spite of a warning voice that comes in the night..."

 

Photo: Dan Carabas

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Tronches de vie
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 10:38

Victoria by Grant Yoshino

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
          Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
          Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
          Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
          Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
          Il n'y a pas d'amour heureux
          Mais c'est notre amour à tous les deux

 

Louis Aragon - 1946

Photo: Grant Yoshino

 

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 13:46

;Steve-McCurry.jpg

Sur le coup elle n'a pas pensé à cela. Du tout. Elle avait juste une grosse envie de changement, une page à tourner. Des années de cheveux longs, de queue de cheval, de mèches folles, d'allure sauvage. Le sentiment de se raccrocher coute que coute, à son adolescence heureuse, d'être en phase avec la nature, enfin d'être naturelle. Et puis un jour cela s'est imposé, comme une évidence. Elle était devenue différente. Le crissement des ciseaux dans sa toison ne l'a pas fait frémir, au contraire, elle avait le sourire aux lèvres. Soudain cette frange au dessus de ses yeux turquoises en réhaussait la profondeur et cette coupe droite qui barrait sa joue dessinait son visage et soulignait sa bouche, ses lèvres... Juste l'impression d'avoir soudain le cou nu l'a surprise. Elle n'a pas gardé ses cheveux coupés dans un papier de soie, comme sa mère l'avait fait. Elle a fait un don.

Et puis, les jours suivants, en approvoisant sa nouvelle image, elle a pensé à Valentina, l'héroïne de Guido Crepax. Ca l'a amusée, elle est tellement loin de ce personnage. Pourtant, avec un peu d'imagination...

Les lèvres pulpeuses, le regard océanique, la frange un peu plus longue, la coupe un peu plus courte, la nuque un peu tondue... Elle a essayé pour s'amuser. En quelques minutes elle devenait la petite soeur de Louise Brooks. Mais c'était bien elle, la lèvre gourmande et le regard d'azur. Ni Louise, ni Valentina. Juste elle même

Photo: Steve McCurry

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 07:00

Gabriel-Schkolnick.jpgL'onde venait de quelques mots prononcés, ou bien lus, et elle frappa l'édifice de plein fouet. Un instant on crut qu'il résisterait, puis une lézarde est apparue, qui sans attendre s'est élargie dans de dramatiques proportions. Comme un éclair, elle a déchiré ce que l'on croyait solide...

Dans un fracas silencieux tout s'est effondré. Un amour qu'ils s'étaient juré, pour la vie, depuis toujours, depuis 3 ans. Mais 3 ans quand on en a vécu 17, c'est une éternité. Elle avait des projets pour eux, elle avait parié sur lui, peut être de manière déraisonnable...

N'empêche... Il n'était pas le premier garçon a compter dans sa vie, mais elle croyait que c'était lui, pour toujours. Son coeur est tombé sur le sol dur et en milliers d'éclats s'est brisé. Elle croit perdre pied, vacille et puis s'effondre à son tour dans un torrent de larmes. Le petit coeur vaillant s'arrête de battre, un instant. A quoi bon? Tout ça pour rien? Pourquoi continuer si c'est ainsi? Sans lui je ne vis pas...Plutôt mourir...

Son corps s'est vidé de larmes et tous autour d'elle ont voulus les sécher. Que faire? Tout le monde a déjà foulé ce sentier, traversé cette plaine aride où plus rien n'a de goût et où l'on voudrait que la Mort nous délivre... Il ne faut rien faire, attendre que la raison revienne, que le ciel de pluie s'éclaircisse, pour qu'un soleil brille à nouveau...

Pleure mon petit coeur, pleure encore. L'Amour ça fait toujours mal et ta douleur est légitime. Ce soir la leçon est dure, mais demain ta liberté pourra t'emporter au loin...

You know what i mean...

 

Pour Louise

 

Photo: Gabriel Schkolnick

 

 

 

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Tronches de vie
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 07:00

Maxim-Chelak.jpg

... Et un jour une femme
dont le regard vous frôle
Vous porte sur ses épaules
Comme elle porte le monde
Et jusqu'à bout de force
Recouvre de son écorce
Vos plaies les plus profondes
Puis un jour une femme
Met sa main dans la votre
Pour vous parler d'un autre
Parce qu'elle porte le monde
Et jusqu'au bout d'elle même
Vous prouve qu'elle vous aime
Par l'amour qu'elle inonde

Jour après jour vous redonne confiance
De toute sa patience
Vous remet debout
Trouver en soi un avenir peut-être
Et surtout l'envie d'être
ce qu'elle attend de vous...

 

Photo: Maxim Chelak

Texte: Florent Pagny

Par jeaneg - Publié dans : Tendresses - Communauté : Petits bonheurs
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