Humeurs

Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 17:19

Kate-M.jpgchvx-lgs.jpgEh bien oui, parfois je m'en veux. Je suis bien parvenu, au bout de toutes ces années, à admettre ma dilection pour les cheveux courts, et je vis parfaitement avec ça. Je crois même avoir gagné en sagesse et en tolérance. 

Seulement voilà, des fois je dois me rendre à l'évidence. Quelque part, au fond, tout au fond de moi il y a un germe de misogynie qui parfois développe une pousse lorsque je croise une de ces femmes qui cultivent la longueur de leur chevelure comme certains font prospérer leur portefeuille d'actions.

Et je ne sais pas si c'est le fait d'avoir idéalisé les femmes aux cheveux courts à ce point, leur trouvant tant de qualités, ne voyant en elles que des femmes actives, déterminées, audacieuses et tellement en phase avec le monde moderne, qui fait que par réaction je ne vois plus en ces femmes qui s'obstinent à gagner chaque mois un centimètre de cheveux en plus, une sorte d'archaïsme, de catégorie de femmes soumises ou en tout cas résignées à un rôle dans lequel les hommes ont toujours tenus à les garder sagement.

Oh j'ai bien conscience en écrivant cela que la moitié des femmes, si tant est que l'ensemble des femmes lisent ces lignes, la moitié disais-je me lapideraient sans jugement et trouveraient sans difficultés des tonnes d'arguments pour justifier leur chevelure moyen-ageuse, mais je crois qu'hélas aujourd'hui je n'arriverai à trouver aucun d'eux suffisamment convaincants.

Toute fois je voudrais mettre un bémol. J'ai ici même déjà déclaré que j'aimais aussi les cheveux longs. Mais soyons franc. Le cheveux long pour moi s'arrête sur les épaules. Au delà c'est du naturisme. 

Mais le pire pour moi je crois, c'est de voir des jeunes femmes s'imaginer qu'elles cultivent là un atout essentiel de la féminité, un appât irrésistible, une parure suprême qui pourrait les rendre désirable aux yeux de n'importe qu'elle homme correctement constitué... 

La réalité, je crois, c'est que beaucoup d'entre elles se complaisent dans cette apparence de poupée Barbie, simplement parce qu'elles n'osent pas, ont peur ou n'ont pas suffisamment de maturité et d'assurance pour transgresser les tabous. Après tout, on peut trouver quelque chose de rassurant à se sentir encore une petite fille ou une adolescente... Peut être.

 

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 18:19

Irella Konof

C'est ce qu'elle lui avait dit la première fois. Pour elle la question ne se posait pas, elle avait toujours été ainsi et puis elle aimait ça, elle se plaisait ainsi. Tout naturellement, un jour, elle a proposé de lui couper les cheveux. " Tu ne trouves pas que ça fait un peu cliché" avait elle dit. Elle n'y avait pas réfléchit auparavant, mais la question pouvait faire débat. Après tout, il ne s'agissait pas d'afficher la tendance, de militer ouvertement, de porter un quelqconque étendard. C'est juste qu'elle aimait sa petite tete, ses oreilles, sa nuque, qu'elle l'imaginait, une allure androgyne avec son marcel blanc sur ses petits seins, qu'elle voulait se noyer dans son regard, que son visage méritait cette mise en valeur. 

"Est ce que les cheveux courts font la lesbienne?" avait elle répliqué. "Bien sur que non" avait elle répondu à son tour, presque vexée. Mais alors c'est quoi cette légende. Avant d'aller plus loin elle avait pris les devants. " Je t'en supplie, ne me dis pas que c'est pour etre moins attirante, moins séductrice ou ne pas capter l'attention des hommes." C'est bien sur l'idée à laquelle elle avait pensé. Une sorte de déféminisation, pour ne plus représenter une cible aux yeux des hommes...

"Stupide!" imaginer qu'il faudrait se soustraire au regard des uns pour satisfaire le plaisir des autres? Les choses sont bien plus simples, il ne s'agit que d'amour... Elle a désiré cette femme, belle, mince, élégante avec ses cheveux très courts et son regard lui a renvoyé une envie semblable, elle avec ses cheveux longs, son corps d'éphèbe aux hanches droites et à la poitrine plate. Elle avait bien pensé un moment couper ses cheveux, mais elle a eut peur de "faire" trop garçon ou que son gout pour les femmes ne soit stigmatisé. Un cercle vicieux en somme.

Elle lui a coupé les cheveux, elle est experte pour ça. Elle s'est vue belle, comme elle l'imaginait et le prétexte était tout trouvé pour des jeux érotiques... Que les grincheux aillent au diable!

Photo: Irella Konof

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : gayfriendly
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 17:26

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Je ne suis pas inquiet quand parfois malgré les dizaines de page web que je parcours quotidiennement rien n'attire vraiment mon attention ou n'excite mon imagination. Non pas que je garde des sujets d'avance ou que j'ai dans mes cartons des articles en attente. Ce n'est pas vrai. C'est juste une question d'envie. Et quand l'envie me vient de m'installer sur cette page, je n'ai pas de mal à trouver un visage aimé, une photo connue ou un événement pour illustrer mon bavardage.

Ainsi, comme depuis longtemps je n'avais pas évoqué Emma Watson, je me suis dit que cette photo méritait qu'on s'y arrête un peu. Rien qui ne soit lié à l'actualité, les vrais fans savent bien que depuis elle a les cheveux plus longs, même si on la voit en ce moment dans un spot pour un parfum de Lancôme avec encore les cheveux très courts, il faut bien se rendre à l'évidence qu'aujourd'hui on est plus proche de la coupe au carré que de la garçonne. Mais peu importe. L'image est belle, tout autant que le modèle. La photo date sans doute de la toute première fois où elle a coupé ses cheveux. Très courts mais tout en élégance, comme Mia Farrow  en 1966. A cette époque là, tout le monde avait considéré cette coupe de la jeune Mia comme un "suicide médiatique". En fait elle quittait la série Peyton Place pour épouser Franck Sinatra et deux ans plus tard devenait mondialement connue grâce à Rosemary's baby. Et sa coupe ne cessait d'être imitée par toutes les jolies filles de la planète.

Aujourd'hui je ne sais pas quelle valeur accorder à l'exemple que pourrait donner une vedette comme Emma Watson sur la mode ou le look de ses contemporaines. Tout comme Natalie Portman n'a pas provoqué une vague de "boule à zéro" à l'époque de V for vendetta. Pourtant, au contraire d'un "suicide médiatique" comme celui prédit à Mia Farrow, c'est bien plutôt un renouveau, un départ vers une vie d'adulte, d'actrice ou de mannequin qui s'offre à la jeune anglaise. 

Je n'ai jamais rien trouvé d'androgyne dans l'allure d'Emma Watson aux cheveux courts. Elle reste au contraire foncièrement féminine, peut être encore un peu juvénile, mais elle n'a rien du parfum acidulé, du mystère délicieux ou de l'ambiguité adorée de Freja Beha Erichsen par exemple, malgré ses cheveux longs... Allez comprendre.

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 07:00

Ruth-von-Morgen--Berlin-1934.jpg

J'ai déjà vu ces photos, plein de fois, sans jamais savoir qui les avait prises. Des photos d'une époque où les femmes libres avaient tout à conquérir et ne se gênaient pas pour le faire, Amélia Erhard, Gerda Taro, Gabrielle Chanel, Anne Marie Schwarzenbach, j'en passe... Et puis il y a des "héroïnes" inconnues. Des modèles, nommées, photographiée dont on ne sait rien. J'ai cherché qui était Ruth von Morgen, un visage d'ange, un corps d'éphèbe, une blondeur toute germanique et cette coupe où l'essentiel semble être la nuque, tellement dégagée...

Je ne sais rien de cette jeune allemande des années 30 dont la seule référence est d'avoir été le modèle de Marianne Breslauer. Etait elle une amie d'Anne Maire Schwarzenbach à qui elle ressemble tant? Personne n'en parle. Est elle la fille du général von Morgen, parcoureur d'Afrique pour le compte du Kaiser?

Et puis qu'importe. Elle a l'allure de la femme conquérante, à la fois féminine et masculine, attirante en costume d'homme et irrésistible en robe de soirée, riant aux éclats à la barbe des grincheux conservateurs en faisant tailler ses cheveux courts chez le barbier.

Eh bien si je ne sais rien d'elle, je la place au panthéon avec mes autres héroïnes. Ignorant tout d'elle, il m'est plus facile de lui prêter une vie d'aventures, de conquêtes, de femme libre.

 

Photo: Ruth von Morgen par Marianne Breslauer

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 17:12

2010-08-101-copie-1.jpg

Il y a comme ça, à travers le temps, des choses qui, petit à petit, deviennent immuables. Cela apparaît un jour et depuis, de manière cyclique, cela ré-apparaît par ci, par là. Et puis finalement cela devient tellement habituel que l'on considère que c'est "classique". Classique comme le contraire de nouveau? L'inverse d'original? Pas toujours, en tout cas pas pour cette fichue coupe au bol qui nous arrive tout droit du Moyen Âge. Si si, de cette époque où les hommes et les pucelle, spécialement celle d'Orléans, portaient des casques pour aller découper leurs ennemis en rondelles. La coupe "en rond" ou "à l'écuelle" était de mode et de pratique. Simple et efficace, il suffisait de tailler bien droit tout ce qui dépassait de la calotte qui s'arrêtait deux doigts au dessus de l'oreille et zou!

Anne-Catherine-collage3.jpg

Depuis ce temps là, de loin en loin, on a plus ou moins conservé dans les campagnes cette manière basique de couper les cheveux des garçons. Et comme c'est fréquemment le cas dans notre monde moderne, d'un truc tout simple, voir populaire, on a fait un style plutôt chic et uperclass. Ainsi la coupe "au bol" a-t-elle frappé de plein fouet la jeunesse bon chic bon genre, trouvant un souffle nouveau gràce à une patineuse américaine qu'une génération entière de petites filles doit maudire à tout jamais. Allison-Lopez-1-copie-3 Et du coup, comme on dit dans le monde du ballon ovale, les mouches changent d'âne et les filles aussi s'approprient le style. Longtemps juvénile il devient tendance avec l'inénarrable Purdey et cette coupe "de paysan" devient alors un véritable style, osé, original et nouveau. Il faut de l'audace, du caractère et un vrai tempérament pour adopter cette coupe. Et puis féminité oblige, on lui trouve des variantes, on l'appelle "boule", on  Emily Baker-copie-1

conserve les pattes, on rase moins la nuque, l'essentiel étant la masse du cheveux conservée sur le sommet. La frange est plus ou moins longue, on va même jusqu'à modifier l'équilibre gyroscopique de la coupe en inclinant la coupe vers l'arrière, cachant ainsi les oreilles et la nuque...

Tout ça pour dire qu'il en va de la coupe au bol comme du reste, seule l'originale compte et rares sont celles qui ont l'audace, le caractère et le tempérament pour oser ce style dans sa plus pure version. 

En même temps c'est aussi une bonne occasion pour faire un article avec quelques photos d'Anne Catherine Frey pour qui l'évolution tient juste en cette frange qu'elle a, avec bonheur, balayé sur le côté...

Anne-Catherine.jpg

 

Models: Allison Lopez et Emily Baker

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs
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