Depuis quelques temps déjà la blonde de Bavière me semblait pas mal agitée. En dehors de tout processus thérapeutique, elle paraissait s'être totalement accaparé mon
trouble obsessionnel des cheveux courts. Quant à moi, dans cette ambiance, j'étais victime d'une grave chute de libido, entre la prussienne dont la coupe blonde était de plus en plus courte et
Laora qui malgré le harcèlement de sa copine avait décidé de laisser pousser ses cheveux. Un soir, devant un verre de Bourbon je m'en ouvrais à ma doktorin au cours d'une consultation sauvage.
Moi " - Tu sais Dok, en ce moment je sais pas pourquoi, mais question ouplaboum c'est pas ça...
Ma Psy - Was? Oublapoum?
Moi - Oui, je veux dire j'ai plus tellement le goût, ma libido est en panne...
Ma Psy - Ach so... Bourdant tu tefrais être en bleine vorme afec tes kopines komme la romaine et moi?
Moi - Ben oui, c'est ce que je me dis. Mais c'est tout le contraire. Peut être que justement l'abondance dans ce domaine comme dans d'autres est nuisible? Peut être justement que je suis trop gâté?
Ma Psy - Ach fraiment? Eske tu feux que che te dribotte un beu? En de ragontant mein dernier rendez fous jez le koiffeur?
Moi - Dis donc toi, t'es sûre que c'était dans ton cours de médecine ça?
Ma Psy - Nein, naturlich. Mais z'est drès pon bour reguinguer la lipito...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Avec le temps qui passait, et les cheveux qui
repoussaient, Laora avait acquis une grande confiance et presque sans vergogne, parvenait à livrer ses pensées, parfois folles, à notre psy commune. Il n'était pas rare d'ailleurs que nous soyons
réunis dans le cabinet confortable de Frida pour nous laisser aller à ce genre d'introspection, la présence de la thérapeute nous donnant une certaine caution. C'était terriblement troublant pour
moi d'entendre cette jolie brune à l'accent velouté raconter autant de choses si improbables.
Il fallait battre le fer encore chaud. L'heure et le
lieu étaient propices à toutes les confidences et Laora, les yeux fixés au plafond, se débattait avec ses démons...
Stupéfait par les dernières révélations de ma thérapeute de la
Forêt Noire, qui pour cela avait été capable de fouler au pied la plus élémentaire déontologie, je brûlais d'impatience de mettre la transalpine sur le grill, et lui faire révéler ses souvenirs
d'enfance, si bien camouflés sous sa brune toison durant des années. A la première occasion et sous l'intimité de la couette, je lui lachais le morceau:
Laora m'avait amusé en me révélant le frisson, que je croyais sincère, qu'elle pouvait éprouver en caressant
ses cheveux fraîchement tondus. Néanmoins j'étais toujours circonspect vis à vis de ceux, ou celles, qui disaient ressentir les mêmes troubles que moi à propos des cheveux courts.

Derniers Commentaires