Samedi 12 novembre 2011
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07:00
La Place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom, mon guide:
Nathalie...
La place Rouge était blanche
La neige faisait un tapis
Et je suivais par ce froid dimanche
Nathalie...
Elle parlait en phrases sobres
De la Révolution d'Octobre
Je pensais déjà
Qu'après le tombeau de Lénine
On irait au café Pouchkine
Boire un chocolat...
La place Rouge était vide
Je lui pris son bras, elle a souri
Il avait des cheveux blonds, mon guide
Nathalie... Nathalie
Dans sa chambre à l'université
Une bande d'étudiants
L'attendait impatiemment
On a ri, on a beaucoup parlé
Ils voulaient tout savoir, Nathalie traduisait
Moscou, les plaines d'Ukraine,
Et les Champs-Élysées
On a tout mélangé et on a chanté
Et puis ils ont débouché
En riant à l'avance
Du champagne de France
Et on a dansé...
La, la la...
Et quand la chambre fut vide
Tous les amis étaient partis
Je suis resté seul avec mon guide,
Nathalie...
Plus question de phrases sobres
Ni de révolution d'octobre
On n'en était plus là
Fini le tombeau de Lénine
Le chocolat de chez Pouchkine
C'était loin déjà...
Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi qui lui servirai de guide,
Nathalie... Nathalie
Paroles: Pierre Delanoë
Musqiue: Gilbert Bécaud
Modèle: Merethe Hopland
Par jeaneg
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Dimanche 6 novembre 2011
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02:16
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Photo: Anton Korshunov
Par jeaneg
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Samedi 5 novembre 2011
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14:08
C'est au moment où ils furent séparés par d'autres convives. Un instant il s'est retrouvé seul, sans personne à qui parler. Il a bu une gorgée de champagne, a balayé du regard l'assistance,
l'a retrouvée à quelques mètres de lui, absorbée par les mondanités d'usage. Et là soudain il a eu un sentiment de peur, une peur un peu animal, instinctive. L'air a commencé à lui manquer. Son
regard s'est troublé. Il avait parfois ce genre de réaction. Souvent quand tout aller bien, qu'il lui semblait qu'il avait tout pour être heureux, une petite voix l'empêchait de s'enivrer, lui
rappelant la règle universelle qui fait que toujours le bonheur est compensé par le malheur, le bien par le mal, la réussite par les difficultés... Mais cela lui arrivait dans le domaine de son
travail. Là, ce soir, il avait soudain peur de la perdre. Ça n'avait pas de sens, pourtant une bouffée de chaleur lui fit desserrer son col. Il n'arrivait plus à la quitter des yeux et chaque
détails lui apparaissaient comme s'il la découvrait pour la première fois, son regard, ses lèvres, la courbe de son nez, la délicatesse de son oreille, cette mèche qui barrait son front lisse. Il
a cherché dans sa mémoire, la dernière fois qu'il lui avait dit je t'aime et la simple évocation de ce mot à manqué envahir ses yeux de larmes. Il s'est repris discrètement, s'est excusé auprès
de cet homme qui devait lui parler depuis un instant pour se rapprocher d'elle. Son dos, sa nuque. A nouveau son profil. Malgré son air concentré il devinait son sourire, il avait dans la bouche
le goût de ses lèvres, dans son nez le parfum de sa peau et dans ses mains la soie de ses cheveux...
Il lui toucha le coude en écartant son interlocuteur, leur regards se croisèrent, elle parut soudain inquiète... Il caressa sa joue et glissa une mèche derrière son oreille comme elle
faisait si fréquemment, son sourire revint. Il murmura dans son cou et son visage s'illumina juste comme il l'entraînait à l'écart...
Photo: Pierre Jean
Par jeaneg
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Dimanche 30 octobre 2011
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12:31
Il y a d'abord les corps qui s'attrapent, les mains qui se tiennent ou enlacent la taille. Puis la prise s'affirme et le tête à tête semble aller jusqu'à la collision, mais fait une pause à
quelques millimètres. Les parfums se mélangent et l'on sent la chaleur de la peau. L'alchimie se produit. Les regards se croisent, les lèvres se frôlent. L'instant d'après les yeux se ferment et
le corps s'abandonne. Dans la tête défilent les images qui rendent l'autre idéal et le désir s'échauffe. Le contact de la pulpe des lèvres, douces, tièdes, provoque un léger frisson qui parcourt
les joues jusqu'aux oreilles et descend vers la colonne vertébrale. Le souffle est retenu comme si tout l'être était concentré sur l'instant où le goût de ses lèvres délicieuses apprécié, il nous
fallait dévorer l'autre ou lui insuffler notre âme. Les langues explorent, s'enroulent, se nourrissent pendant que les mains échauffent le corps, remontent là où la chair est nue, caressent la
gorge, le cou, glissent dans les cheveux pour les mettre en désordre. Sur la nuque les doigts s'agrippent et les têtes se renversent. A la chimie des salives et des odeurs s'ajoutent les
décharges électriques que provoquent les doigts sur les cervicales... Si l'on n'y prend pas garde, la tempête nous emporte et si la raison nous ramène c'est avec la respiration un peu rapide et
quelques frissons résiduels... Et surtout l'envie de se retrouver très vite pour cette fois laisser gagner la passion.
Photo: Amber Valletta par D. Issermann
Par jeaneg
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Mercredi 26 octobre 2011
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21:06
Quelque chose d'étrange s'était produit. Bien sûr pour elle cela avait été un changement important. Pour la première fois elle osait les cheveux courts et le visage qu'elle se découvrait la
rassurait. Elle se voyait davantage elle même, dans sa vraie nature. Elle était fière d'elle, se sentait belle, pleine d'assurance. Pourtant un chose encore l'inquiétait. Lui. Habituellement il
n'était pas très attentif à ces changements de style, il faisait un vague compliment, sincère mais rapide, considérant que l'apparence n'était pas l'essentiel. Mais cette fois peut être allait-il
être plus démonstratif, exprimant des regrets devant l'absence des longues mèches soyeuses et enveloppantes... Tout bêtement elle avait l'envie de lui plaire et la crainte de la déception.
Et puis... Et puis elle s'est vue dans son regard. Elle a vu un pétillement, une étincelle et elle a sentit tant d'amour que sa gorge s'est serrée. Sa poitrine s'est gonflée à la mesure de son
coeur envahit par cet amour qu'elle recevait. Sans dire un mot elle lisait dans ses yeux de l'admiration, de la tendresse, du désir et plus qu'à travers n'importe quel miroir, elle se sentait
belle... Ce n'est qu'après qu'il a osé avancer la main, caresser cette gorge dévoilée, ce cou nu, froler la nuque de ses doigts et les glisser à travers les cheveux courts, sans jamais
que son regard amoureux ne la quitte. Il semblait bouleversé, ému et contrit, comme s'il s'en voulait de ne pas lui avoir témoigné plus d'amour auparavant, ou si mal.
Elle se sentait belle, juste à travers son regard et se dit qu'il n'y avait vraiment que cela qui comptait...
Modèle: Shannyn Sossamon
Par jeaneg
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