Humeurs

Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 13:57

Emily-Yomtobiam.jpg

Rien ne me ravi autant que cette tendance qu'ont certaines (jolies) femmes à se donner des allures de collégien, le visage facilement envahi par une longue mèche que l'on tente de chasser sur le côté, une masse de cheveux qui donne du volume sur le sommet, mais la nuque et le tour d'oreille savament dégradés, presque à l'extrême, tondus comme l'étaient les garçons des années 50. 

S'offre alors le spectacle merveilleux d'une nuque juvénile, fine et fragile qui ne m'inspire que tendresse et sensualité. Cette colonne de la chair la plus douce qui émerge du col d'un chemisier tout aussi délicat, où la chevelure est ciselée comme une orfèvrerie dessinant monts et vaux de ce relief humain. Apparaîssent alors, coeurs, acolades, M et W ou la simple pointe naturelle presque effacée par l'art du coiffeur...

La texture du cheveux prend un air de pelage soyeux où les doigts meurent d'envie de fourrager, le très court menant à la masse plus longue qui peut encore se balancer, d'un côté ou de l'autre du visage d'un geste faussement négligé mais pourtant savament étudié. 

Les oreilles dégagées donnent enfin cette silhouette de petite tête qui m'attendri. Non pas le "Eh! P'tite tête" gouailleur et condescendant, mais plutôt le "p'tite tête" d'une jolie môme, qu'y est toute nue sous son pull, y a la rue qu'est maboule...

De quoi faire chavirer mon coeur pour un petit plaisir que m'offre le quotidien. J'adore...

 

Modèle: Emily Yomtobian

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 12:42

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Il m'arrive encore aujourd'hui, mais oui mais oui, de rencontrer des proches qui ne connaissent pas encore l'existence de ce blog. C'est toujours un instant particulier que celui où l'on révèle à une personne qui vous connait bien et depuis longtemps, que vous avez un visage qu'elle ignore. C'est délicat, un peu comme un "coming out", j'imagine. J'aime bien convaincre. Je sais parler avec passion lorsqu'une chose me tient à coeur comme cette part de mon intimité. Alors j'explique en choisissant mes mots, à quel point j'aime les femmes aux cheveux courts et tout ce que cela impose à mon esprit. Je précise aussi bien sûr qu'il ne s'agit en rien d'un blog sur la coiffure, que c'est une question d'état d'esprit plus que de longueur de cheveux. En même temps je fais découvrir à certaines combien le dessin de leur nuque peut être troublant aux yeux de certains. 

Je fonde beaucoup d'espoir en me dévoilant ainsi sur l'intérêt qui va être suscité. Il y a bien sûr de la curiosité, quelque fois si forte que tout ce que je peux dire ne retient aucune attention, tout ce que l'on veut c'est voir. Alors au bout du compte je fini par révéler l'url ou cliquer moi même sur le lien qui ouvre les pages de mon blog... Et cela me rend un peu fébrile parce que je voudrais plaire, mais que les banalités que je vais entendre pour qualifier ce que la ou le nouvel(le) initié(e) découvre vont me renfrogner immanquablement... Vanité. J'aimerai choisir un article en particulier, celui qui me plait le plus pour qu'il soit le premier lu et donne toutes les chances aux autres de l'être à leur tour. 

Dans ces moments là je conçois qu'il soit difficile pour le commun des mortels d'imaginer à quel point une petite tête bien faite et joliment coiffée peut faire tourner la mienne et je crois que seule la lecture de la totalité du blog, en commençant par la fin comme il se doit, peut permettre d'entrevoir l'ampleur de ma dilection. Ainsi, si c'était possible, je resterai là penché sur l'épaule de ma lectrice pour m'assurer qu'elle ne manque aucune page. Parce que je veux bien révéler mon intimité, mais pas pour que l'on jete dessus un oeil distrait et que l'on passe à autre chose dans l'instant. 

Alors des fois, le moment propice ne vient pas, pas tout de suite et l'aveu ne se fait pas... Ce sera pour la prochaine fois... Peut être.

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 07:00

MetiersFemmesL.jpgCe matin je me suis rasé de frais, pour aller voir ma grand mère. Ce n'est pas ma vraie grand mère bien sûr, il y a longtemps que je suis orphelin. Non, juste une mamie qui m'a pris en affection. Je la vois quelques fois mais chaque année, le 11 novembre elle m'entraîne avec elle, voir le monument aux morts au milieu de son village. Elle me dit que là l'ambiance est bien plus propice au recueillement et au souvenir... Elle n'en manque pas, de souvenirs. Sa mémoire en regorge. Là devant le marbre gravé c'est comme si son regard retrouvait les visages de ses jeunes hommes qui à l'entendre ont tous été ses amoureux. Il y a de l'affection dans ses mots, de la douceur dans ses gestes quand elle passe sa main sur les noms... Pour moi elle a acheté un bleuet qu'elle accroche à ma boutonnière et elle me raconte pour la énième fois l'histoire de ces deux amies infirmières qui inventèrent l'idée que cela permettrait aux blessés invalides de la Grande Guerre de subvenir à leur besoins en les fabriquant et en les vendant. La petite fleur du souvenir...

Et puis elle me prend la main pour échapper au cérémonial, au clairon et aux discours des hypocrites. Nous nous réfugions au bistrot et là elle reprend le fil de sa jeunesse. Ses dix sept ans où sans aucune appréhension elle décide de se déguiser en garçon pour aller s'engager dans l'Armée. Elle a fait couper ses cheveux chez le vieux Beaupoil, le coiffeur du bourg qui n'y a vu que du feu. Mais les militaires ont été plus attentifs et la jeunette a été renvoyée à sa ferme. Qu'à cela ne tienne...

navyrecruit.jpg                       3g03353u-1585

Le travail ne manquait pas. A la ville il fallait faire tourner les usines, conduire les trams, distribuer le courrier. Elle a tout fait! Elle s'est enivrée pour surmonter le malheur. Infirmière à Château Thierry elle a sourit à ce garçon qui lui parlait en américain. il avait perdu son bras à Bois Belleau. ils ne se comprenaient pas mais à travers leurs regards ils échangeaient de l'amour. A Paris elle avait connu Nungesser, un aviateur tête brûlée comme pas possible. Un trompe la mort beau comme un archange qui lui avait apprit à conduire les automobiles...

Et puis les garçons sont rentrés, un jour de novembre, toutes les cloches sonnaient, c'était comme une féérie, des inconnus vous embrassaient, beaucoup pleuraient, mais de joie, ou de soulagement... Ma grand mère a toujours l'oeil pétillant quand elle raconte ses souvenirs. Elle est resté à Paris, a continué à porter des pantalons et à couper ses cheveux, son combat quotidien a pris une autre forme...

 


 

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 13:53

camilla-1.jpg

Comment savoir ce qu'il y a dans la tête d'une adolescente qui devient femme mais dont le corps garde définitivement les formes d'un bel éphèbe? Il y a de la crainte, du désespoir, de l'amertume, de la rancoeur... En même temps on peut trouver du réconfort à se dire que la nature fait bien les choses puisque toujours la jeune fille s'est sentie garçon, dans sa tête. Elle a bien tenté de faire illusion, avec un peu de maquillage, une robe de temps en temps, les cheveux longs... Mais c'était plutôt pour faire plaisir à maman, la rassurer. Camilla n'a toujours eu qu'une envie, être elle même. Elle a aimé des garçons, mais ce sont les femmes qui l'attirent, viscéralement. Dès qu'elle l'a pu, elle a gentiment rangé les talons et le maquillage, elle a coupé ses cheveux et endossé le style qui lui correspond le mieux, celui d'androgyne. Les démons vaincus, elle a assumé ses goûts, ses envies, ses aspirations, s'affirme lesbienne androgyne, se moque de Justin Bieber qui a imité sa coupe de cheveux, va peut être les laisser pousser un peu, juste pour voir, mais pas trop...

Un temps elle a songé aller jusqu'au bout de la logique, réparer ce qui pouvait paraître une erreur et sa chance a été de rencontrer son coiffeur, qui depuis est devenu sa coiffeuse. Un parcours, un témoignage qui l'a aidée à accepter son corps et sa sexualité et finalement se préférer mi fille mi garçon avec tous les atouts de l'androgyne, beauté étrange, allure d'homme et coeur de femme...

camilla-4.jpgcamilla-5.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...Et un vrai talent pour la photographie. 

Grazzie mille Camilla.

 

 

Photos: Testolina©

 

 

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : gayfriendly
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 11:05

Andreas-heuman.jpgJe suis régulièrement contrarié par la désinvolture dont font souvent preuve les gens autour de moi lorsqu'il s'agit d'évoquer ma dilection pour les cheveux courts. Hier encore la factrice avec qui j'aime quelques fois parler de la pluie et du beau temps et qui elle même avait, à mes yeux, un style très affirmé avec les cheveux courts avant qu'elle ne décide de les laisser pousser pour avoir aujourd'hui une sorte de queue d'opossum qui pendouille à l'arrière de son crâne, ma factrice donc qui connaît mon penchant pour les jolies nuques bien dégagées me lance tout à trac qu'elle a croisé le matin même ..." une fille qui vous aurait plu, tondue comme un bidasse. C'est un genre...." Oui pour sûr, c'est un genre. 

Cela me contrarie de voir que dans l'esprit de certain, aimer les femmes aux cheveux courts signifie espérer les voir toutes avec la boule à zéro. Ce serait même plutôt le contraire en réalité. Étant tellement préoccupé par l'esthétique de la coiffure, l'harmonie d'un visage et de son écrin, la sophistication et le caractère révélés par une belle coupe, je sais qu'il est assez rare qu'une tonte radicale puisse aller à chacune. Il y a de nombreux exemples de réussites, on en connaît tous, la jeune Sinead O'Connor était sublime, Natalie Portman aussi, mais il faut être sérieux, ça ne va pas à tout le monde. Et le pire est d'affirmer sans ciller qu'une femme devrait me plaire parce qu'elle est aux yeux des autres "tondue comme un bidasse" ce qui est une façon très dénigrante de parler à la fois de la coupe de cheveux de cette personne et de traiter les militaires. 

On peut avoir les cheveux coupés très courts sans pour autant être tondu. Préciser que cela est fait comme pour un "bidasse" sous entend que c'est moche et fait brutalement ou que l'on considère que avoir les cheveux coupés ras est forcément laid. Bref! Ça ne veux rien dire. Je connais des femmes, jeunes et belles, qui par choix on fait abstraction de l'artifice de séduction féminine que représente leur chevelure et qui de fait sont des personnes éminemment authentiques.

Sans oublier que parfois le choix n'est pas en option... En tout cas c'est toujours lié à une décision importante et cela m'inspire plutôt du respect.

 

Photo: Andréas Heumann

Par jeaneg - Publié dans : Humeurs - Communauté : Tronches de vie
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