Nouvelles et petites histoires

Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 08:00

irwin-romainjules-arthur.jpg

Le parachutage terminé, la petite colonne se remit en marche après avoir chargé les mules. La tension ne retombait pas pour autant. Les deux passages du C130 avaient peut être attiré l'attention de la junte et il fallait disparaître au plus vite vers notre sanctuaire. Avec discipline chacun remplissait son rôle parfaitement. Maria, qui m'avait guidé jusqu'au camp le premier jour, marchait devant, en éclaireur. Cette fille était affutée et j'aimais le professionnalisme avec lequel elle évoluait. Elle avait conquit son rôle, abandonnant les autres femmes du groupe aux tâches subalternes et plus traditionnelles. Elle portait une arme et son charisme faisait l'admiration de ses compagnons.

La veille, alors que je l'observais depuis mon carbet, Miguel m'avait averti:" N'y penses même pas gringo. Maria elle ne vit que pour la cause. C'est comme une Jeanne d'Arc pour nous..."

L'image était plutôt bien choisie. Ce jour là justement elle faisait couper ses cheveux. La mèche qui barrait son visage avait disparu sous les coups de ciseaux et la femme qui la coiffait semblait s'acharner à raser sa nuque avec une tondeuse mécanique. La coupe terminée, elle écarta de ses épaules le poncho qui les protégeait et s'ébroua comme un animal, passant la main ensuite sur sa nuque elle remercia sa coiffeuse et ramassa son arme. Loin de toute séduction elle parvenait quand même à me fasciner.

"Tu vois gringo, Jeanne d'Arc. Elle est belle hein?"

Photo: irwin romain jules arthur

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 08:01

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A l'heure dite, une silhouette est apparue. Elle progressait prudemment, écartant doucement les hautes herbes. Depuis ma cache je guettais les alentours. Au bord du découvert, la silhouette s'est accroupie, attentive. Sa carabine M4 était presque aussi grande qu'elle et j'ai imaginé qu'il s'agissait d'un adolescent, raison de plus pour redoubler d'attention. Après le signal je me suis approché, l'adolescent s'est redressé, son fusil en garde. Arrivé à sa hauteur, il a fait volte face et a replongé dans la végétation. Je l'ai suivi au plus près, mettant mes pas dans les siens. J'ai remarqué ses cheveux coupés droit et sa nuque qui était tondue ras. 

Ce n'est qu'au campement que j'ai découvert son visage. Un de ses compagnons l'a appelée Maria. En voyant ma surprise elle a relevé le menton, me défiant du regard. Une mèche lui masquait l'oeil et je l'ai trouvée très belle... Très belle

 

Photo: Justin Hollar 

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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 12:44
Cette vidéo c'est comme un court métrage. C'est beau, sensuel et fort quand on s'imagine que malgré tout parfois on peut tirer un trait et repartir à zéro.
Je vous recommande la lecture en plein écran
Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 17:56

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Pour finir elle avait claqué la porte, bien fort, pour clairement signifier son mécontentement. Le calme un peu retrouvé, elle se revoyait à peine deux heures plus tôt, observant à travers le miroir la transformation qui s'opérait sous les habiles coups de ciseaux de la coiffeuse et elle retrouvait même cette étrange sensation qui vrillait un peu son estomac, mélant l'inquiètude et l'excitation, une sorte de trac presque jouissif. En sortant de là elle se sentait plutôt fière de ce pas franchi et de l'audace qu'il lui avait fallu. Elle chassa d'un mouvement de tête la mèche qui barrait son visage et passa une main fébrile sur sa nuque, remontant de la peau vers les cheveux et les sentant si courts que parfois ils picottaient le bout de ses doigts...

Depuis son excitation avait été grandissante, pensant à la surprise qu'aurait son compagnon à la découvrir nouvelle. La douche avait été sévère. Jules avait pâlit et après inspection rapide avait fait pleuvoir les récriminations, se lamentant sur la belle chevelure qu'Elle avait sacrifiée. Le temps de reprendre son souffle, Elle avait argué qu'elle était assez grande pour faire ce qu'elle voulait de ses cheveux, qu'elle se trouvait belle et bien dans sa peau ainsi et que par conséquant il devrait bien l'aimer au moins autant qu'elle même. Rien n'y fit, le ton montait, Jules répétait qu'elle n'avait pas le droit, qu'il aimait tant ses longues mèches, qu'elle ressemblait à un homme à présent et que cela lui coupait la chique. Elle tenta d'être conciliante, lui fit remarquer tout de même qu'elle l'acceptait bien tel qu'il était, elle, même avec sa barbe et son marcel le dimanche, ou avec sa chemise bordeau qu'elle trouvait si moche... Ce à quoi on lui répondit que ce n'était pas pareil... Bien entendu.

Au delà de la dispute, dans le calme de son refuge, Elle pensait tout de même que c'était bien triste de découvrir la vérité, quand on est aimé juste pour son apparence et sa qualité de "faire valoir"

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 08:33

frederik lunden

Je l'ai remarquée, non pas seulement parce qu'elle était jolie, mais parce qu'elle tenait un bouquet de fleurs des champs, très coloré. Et je me suis dit, c'est pas courant que la fille apporte les fleurs, je pensais plutôt que c'était au garçon de la rejoindre avec un beau bouquet. Elle attendait sagement sur le banc de bois, ne paraîssait pas nerveuse. De temps en temps elle passait une main dans ses cheveux courts, les griffait derrière l'oreille comme pour les ramener un peu vers sa gorge... Je la sentais sereine, gonflée d'espoir et même si je ne voyais plus son visage, je savais qu'elle souriait.

Bêtement je me réjouissais de mon observatoire discret à la perspective de voir une belle histoire se dérouler sous mes yeux. J'imaginais que le garçon allait venir, que peut être elle se lèverait pour lui tendre les bras et qu'ils s'étreindraient en riant...

Le ciel s'est assombrit, le soleil a disparu et elle a relevé le col de son trench. Subrepticement je la voyais regarder l'heure à la grande horloge du théâtre. Le jour déclinait, bientôt les lampadaires allaient donner à mon spectacle une ambiance blafarde. Ce n'était peut être rien de ce que j'imaginais?

Le soir tombait et je la sentais fébrile sur le banc de bois. Doucement le regard cherchait parmi les gens qui s'approchaient un visage connu... Sa tête retombait alors et ses yeux se posait sur les fleurs qui paraissaient moins colorées soudain.

Alors la pluie est tombée. Sans quelle ne bronche, elle a juste serré les genoux et de sa main libre tenu son col sur sa gorge. Je voyais ses cheveux mouillés, lentement perdre leur volume et sa tête tournée vers la grande horloge comme pour implorer le temps de s'arrêter. Je l'ai vu se recroqueviller sur le bac de bois, avant de secouer sa tête, comme un animal qui s'ébroue. Elle a plongé les poings dans les poches de son imper et disparue dans la bouche de métro.

Sur le banc de bois, le bouquet de fleurs des champs se défaisait sous la pluie, et je me disais que des fois la vie est bien mal foutue...

 

Photo: Fredrick Lundén

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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