Samedi 7 mai 2011
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00:33
En arrivant à Moscou elle a fait couper ses cheveux et
s'est vêtu en homme. Plus pratique. Elle a croisé John Reed et elle a conscience d'être au milieu d'un monde qui change. Les bolcheviks ont pris Petrograd au printemps et elle ne sait plus
vraiment sur quelle rive elle se situe. Avoir 20 ans dans la Russie de 1917 est dangereux. Il faut du sang froid pour survivre aux tourments d'une révolution. Elle a pu s'enthousiasmer aux
discours de Vladimir Illich, mais les sbires de Dzerjinski lui font peur. Elle n'est ni paysanne ni fille d'ouvrier. Sa jeunesse heureuse à St Petersbourg l'empêche de connaitre la haine de la
famille Royale et de partager la violence des anarchistes. Pourtant il fallait qu'elle soit là, au coeur de l'événement. Elle photographie, elle écrit, elle écoute les discussions dans les cafés,
rencontre les soldats... Un souffle énorme de liberté animes tous ces acteurs. Pourtant les prisons craquent et le sang coule... Ce monde est fou. Peut être partira-t-elle en Amérique comme l'a
proposé John, le journaliste? Ou rejoindra-t-elle sa famille réfugiée à Paris? En tout cas elle le sait, sa vie sera celle d'une aventurière. Comment pourrait-il en être autrement?
Photo: Peter Lindberg
Par jeaneg
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Vendredi 6 mai 2011
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08:00
Donc en cette fin de semaine me prend l'envie de voir plein plein plein de jolis visages, de beaux yeux et de sourires de femmes aux cheveux courts... Aller zou!
Par jeaneg
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20
Jeudi 5 mai 2011
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08:22
Il y a comme un plaisir trouble à
choisir ses vêtements et les revêtir et donner à son image une annotation particulière. Un gilet, une cravate, des accessoires tellement masculins dans l'esprit "des gens" que sans se déguiser,
en les enfilant on passe soudain à travers le miroir. Il n'y a pourtant rien de masculin, la coupe de ces habits est purement féminine et pourtant le trouble nait de cette femme au visage naturel
et aux cheveux courts. En robe légère et printanière elle aurait une allure de sylphide et ce simple noeud de cravate, ce gilet, ce veston, en font une créature sans nom, délicieuse androgyne qui
pourrait passer pour un éphèbe. Aurait-elle les cheveux plus longs que cela ne changerait rien, c'est l'accessoire qui fait tout. Comme souvent.
Photo: Publicité D&G pour Harvey Nichols, Londres ( mais si quelqu'un connait l'auteur de cette photo et le nom du modèle je suis preneur)
Par jeaneg
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Mercredi 4 mai 2011
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08:00
Lorsque ses souvenirs l'emportaient vers cette
période là, cet objet apparaissait le premier. Très grand, imposant, mystérieux comme un personnage. Cela l'avait intimidé presque autant que d'envisager de couper ses cheveux. Une fois installée
elle se sentait plus petite encore entre les bras mécaniques de ce trône qui n'en était pas un encore. Pourtant l'assise et le dossier étaient confortables. Fébrile malgré tout, c'est là que son
corps fut noyé sous un drap de nylon, les pans étalés tout autour d'elle comme une traine, soudain n'apparaissait plus que sa tête, face à elle dans le grand miroir. Ses doigts un peu crispés sur
le bout des accoudoirs de faïence elle avait sourit en voyant son corps s'élever au rythme des coups de pédale donnés par le coiffeur qui faisait monter "l'appareil" à bonne hauteur. Au premier
coup de ciseau elle pensait fermer les yeux, mais au contraire la fascination opéra. Elle se sentait soudain à l'aise sur le siège au cuir patiné, le regard fixé sur sa silhouette, ne prêtant
aucune attention aux mèches inertes qui glissaient en silence le long des plis du nylon. Elle possédait le lieu, se découvrait à mesure que ses cheveux étaient taillés, de plus en plus courts,
gagnait en assurance et de la jeune femme intimidée il ne restait plus rien, à travers le miroir on ne voyait qu'une femme conquérante et sure d'elle. Elle croisa ses jambes, assura sa position
dans le large fauteuil et savoura son triomphe...
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Dimanche 1 mai 2011
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20:29
Comme par hasard, il pleuvait sur Paris. Moïra était
repartie depuis deux jours. Un shooting en Thaïlande. Le mot emprunté au monde de la mode était particulièrement bien adapté. Partie avec un mannequin, elle était sensée faire des
photos pour un magazine... Et ce fameux shooting ne serait pas seulement photographique...
Les "affaires" marchaient pas mal. Moïra s'éclatait avec sa nouvelle couverture. Elle connaissait déjà plein de filles de rêve, de celles qui s'étalent sur les pages glacées des magazines et le
milieu, tellement futile en apparence, de la mode, l'excitait beaucoup. Le lendemain de son retour de Milan elle avait comme d'habitude filé chez le coiffeur, mais au lieu de revenir comme je
l'imaginais, coiffée comme un premier communiant, bien dégagée derrière les oreilles, elle m'était réapparue avec une coupe au carré, la frange très courte et la nuque bien tondue. En quelque
sorte une sophistication... Elle avait sûrement baisé sa nouvelle coiffeuse ce matin là, pensez donc, un rendez vous chez le coiffeur un lundi...
Mes pas m'avaient mené jusqu'à ce bar non loin des Champs où les Marines de l'ambassade us avaient leurs habitudes. Ici c'était plutôt Jack Daniel's ou Wild Turkey, mais même si le barman me
regardait de travers, je commandais un écossais single malt. Je me sentais triste, sans vraiment savoir pour quelle raison je l'étais. Bien sûr Moïra. De plus en plus... Ce job nous rapprochait,
nous liait même et j'avais du mal a étouffer mes sentiments. Pourtant il était impossible d'envisager autre chose que cette relation professionnelle, même si elle savait me montrer de
l'affection...
Par jeaneg
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