Vendredi 10 juin 2011
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08:57
Elle n'avait pas changé finalement. Il avait retrouvé les mêmes tâches de rousseur, le même regard, la même candeur. Sans doute en apparence aujourd'hui... La vraie différence c'est qu'elle était
devenue femme et qu'ils n'avaient plus 15 ans. On imagine pas ce que les souvenirs d'enfance peuvent fabriquer comme fantasmes. De temps en temps on y pense, la vie avance, on oublie, puis on y
revient... Et voilà qu'elle ressurgit, en chair et en os. Ses cheveux sont plus longs même si le style n'a pas changé. Coupés un peu n'importe comment, ils balaient les épaules... C'est si
sensuel. Elle a gardé cette façon de caresser ses lèvres avec le bout d'une mèche. Ses lèvres rouge fraise qu'elle ne maquille pas et qui semblent gorgées de sucre et de douceur... Osera-t-il
cette fois?
Son regard l'attire comme un aimant. Il croit avancer mais c'est elle qui s'approche, le fixe et finit par poser sa poitrine contre son torse. Ses seins sont durs et son regard intense. Il
retrouve son parfum lorsque leurs lèvres se soudent et sa main monte dans son dos jusqu'à sa nuque sous les cheveux qu'il sent tondue comme elle l'a toujours été... Elle glisse vers son oreille
et murmure dans une vague de chaleur: " Tu vois, je pense toujours à toi..."
Photo: Source
Par jeaneg
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Publié dans : Nouvelles et petites histoires
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Jeudi 9 juin 2011
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09:18
L'endroit est apaisant. Au milieu des grands pins, une allée d'asphalte mène à travers différents carrés où l'herbe grasse inonde le regard de sa verdure. Elle est venue, comme presque chaque
semaine depuis... C'est comme un rendez vous amoureux. Mais même si ses larmes ont sèché, son coeur se serre à chaque fois qu'elle vient dans le jardin de pierres. Là bas au fond elle aperçoit un
soldat en uniforme, un genou à terre, le front presque posé sur une stelle de marbre. Elle le devine en train de parler à son camarade, lui dire ses regrets ou ses pensées affectueuses...Enfin
elle croit. C''est ainsi qu'elle fait elle aussi. Elle s'assoit dans l'herbe, faisant rouler dans ses doigts le caillou qu'elle a ramassé en venant et elle parle, doucement, à celui qu'elle aime
et qui dort là. Elle parle de sa robe, persuadée qu'elle lui plait et de ses cheveux qu'elle a coupé. Et puis, presque naturellement, affectueusement, elle dépose le petit galet sur le marbre
blanc, comme si elle le posait dans le creux de sa main et elle s'allonge près de lui... Dans la chaleur de juin, elle s'endort dans ses bras...
Photo: Chip Somodevilla
Par jeaneg
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Mercredi 8 juin 2011
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10:53
Faut que je vous dise... J'étais un
peu inquiet ces derniers temps de voir le petit "thermométre-sondage" sur le côté droit, là, avec une petite tendance persistante au masculin. Depuis la balance est revenue en équilibre et je ne
sais pas pourquoi, ça me mets de bonne humeur. De voir le chiffre croissant des "les deux mon capitaine" aussi. Allez savoir pourquoi...
Moi qui ne cesse de clamer qu'il faut sortir des clichés et ne pas se laisser enfermer dans des cases, j'en suis à apprécier ce classement catégoriel. Bon, masculin-féminin c'est difficilement
contournable, des fois, juste en regardant dans sa culotte, on est renseigné... Mais si c'était si simple...
Bon j'avoue, je ne pensais pas aux transgenres en montant ce petit sondage. Plutôt aux androgynes et autres "garçons manqués".
Cela dit, femmes-femmes, hommes-hommes, hommes à femmes ou hommes à hommes, femmes à hommes ou femmes à femmes, femme-homme ou homme femme et Obiwan Kenobi, je vous aime tel(le)s que vous êtes...
Mais surtout avec les cheveux courts.
Par jeaneg
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Mardi 7 juin 2011
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19:59
Elle n'a jamais menti. Adolescente, rebelle, elle a tondu ses cheveux, s'est trouvée vraie ainsi, sans artifice. Et elle a avancé dans la vie comme ça, assumé ses choix, ses goûts et ses envies.
La séreinité l'a gagnée sans que jamais elle ne revienne en arrière...
Photo: Ilona Friederici
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Lundi 6 juin 2011
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14:58
Elle n'avait jamais été particulièrement tourmentée par cela. Pas d'angoisse à se rendre chez le coiffeur, presque un acte banal, une routine à laquelle elle n'avait pas vraiment réfléchit. Et
puis, depuis qu'elle avait décidé de les couper franchement court, elle avait senti, petit à petit, comme un noeud se former doucement dans son estomac. De jour en jour, la date du rendez vous
approchant, elle ressentait une sorte de trac où se mêlaient l'appréhension et l'impatience. Chaque matin elle ne manquait pas d'écarter ses cheveux, de dégager son visage le plus possible pour
s'assurer qu'elle était toujours décidée à cette transformation. A la réponse positive s'associait alors comme une volée de petits papillons dans son ventre qui la faisait sourire.
Le jour vint où elle se retrouva, l'estomac noué, face à son image dans le grand miroir, le corps enveloppé de nylon et le cheveux brillant encadrant encore son visage un peu tendu... Et le
tourment qui l'avait tenu durant ces derniers jours se faisait terriblement présent, au point qu'elle ne savait pas qualifier ses sentiments. La peur, le trac, l'excitation, l'envie, le
plaisir... Peut être tout ça à la fois? Elle s'évertuait à respirer calmement mais snetait son coeur battre plus fort, jusqu'à ce que les lames des ciseaux tranchent la première mèche. Elle
écarquilla les yeux, suivant chaque geste du coiffeur, se libérant peu à peu de son angoisse... Le pas était franchit
Par jeaneg
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