A tous les coins de rue

Publié le 24 Février 2020

Photo: Caves Collect

Photo: Caves Collect

Ce ne serait pas autre chose, finalement, la largesse d'esprit. Juste admettre que ce que l'on prenait pour naturel auparavant, ne l'est pas forcément dorénavant. Être suffisamment réceptif pour comprendre les changements et imaginer que parfois ce qui choque les générations plus anciennes, n'est rien d'autre qu'une certitude pour les plus récentes. Vingt ans en arrière ( une génération ) cette jeune femme dans cet "uniforme" non-genré, chaussures basses, pantalon à pinces s'arrêtant 10cm au dessus de la cheville, polo et cheveux ras serait, au mieux, passée pour une excentrique. Aujourd'hui cela semble plus "banal", encore qu'il faille toujours une gymnastique intellectuelle pour ne pas tomber dans le piège du questionnement qui vient à l'esprit pour "ranger" cette personne dans une catégorie ou une autre. " T'es un garçon ou une fille?" est sans doute la question à la fois la plus stupide et la plus blessante et en même temps peut être la plus légitime pour celles et ceux qui ont grandi dans une société où pratiquement dès la naissance on cherche à distinguer un genre d'un autre

Afra Cuellar pour Oroboro

Afra Cuellar pour Oroboro

Les cheveux toujours plus que l'habit sont déclencheurs des ces questionnements cruels et idiots. Alors parfois pour paraitre moins stupide on va faire diversion avec autant d'erreurs de langage et ainsi qualifier les cheveux courts "d'androgyne" ou de "tomboy", comme si toutes celles qui ont les cheveux très courts ne pouvaient pas être qualifiées différemment. Consternant avouons le...

Mais si de nos jours on trouve ces jeunes femmes à tous nos coins de rue, le seuil n'est pourtant pas encore franchi. Les générations qui leur succéderont le feront peut être, à condition qu'elles mêmes ne renoncent pas à ce travail de dé-construction et abandonnent leurs cheveux et leurs pantalons  "trop" courts

Rédigé par jeaneg

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