Ni bien, ni mâle

Publié le 10 Avril 2019

Erika Linder

Erika Linder

Aimer les femmes aux cheveux courts m'a toujours amené  à considérer que la coupe de cheveux est le reflet exact du caractère et de la personnalité. C'est ce qui me les rend familières et complices, ce goût de l'essentiel et de l'authentique. Dans ce monde de brutes, cela les laisse apparaître comme le meilleur de l'homme, ce qui se fait de mieux en matière d'humain. J'aime l'ambiguïté du genre, pourtant je suis comme tout le monde, je suis curieux et j'aimerai bien savoir à tout coup si l'androgyne merveilleux est mâle ou femelle, alors que souvent iel n'est ni l'une ni l'autre et cette part de mystère devrait exclusivement lui appartenir.

Je m'obstine à croire que ces femmes sophistiquées, ces androgynes ambiguës ou ces jeunes femmes qui inventent une nouvelle féminité sont les meilleures troupes dans un duel permanent pour un équilibre entre hommes et femmes. Hélas certaines, dans ces tourbillons d'émotions, confondent souvent les causes et les effets et voulant abolir les privilèges du patriarcat s'en prennent même à ceux qui ne les revendiquent pas. Pourtant chacun aimerait avoir des privilèges et bien souvent les plus virulentes de ces pseudos militantes  s'octroient l'exclusivité du savoir de ce qui est bien et de ce qui est mal. Ainsi on découvre une forme de sectarisme, une mise en ordre, un classement de tout un chacun en différentes catégories... cela même que les humanistes cherchent à combattre. Les minorités pour se réconforter, se retrouvent ensemble et craignant qui les persécute, rejettent tous et toutes qui ne seraient pas comme elles. Même leurs plus sincères allié.e.s. C'est un peu comme s'il fallait sans cesse donner des gages, de bonne foi et d'honnêteté, tout en risquant à chaque instant de voir mordre la main qui leur est tendue. Alors remonte en surface une diatribe écœurante, un discours haineux et un mépris glaçant pour "l'homme" en général, jugé incapable de déconstruire un système dont certaines sont les complices. Confondant les mots il leur faudrait détruire la virilité qu'elles prennent pour du machisme et instaurer finalement un matriarcat qui leur assurerait sans doute autant de privilèges en retour. Combattre le mâle par le mal en quelque sorte.

Heureusement celles-là ne sont que peu et j'imagine que même Simone de Beauvoir aurait eu de la compassion pour elles.

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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