Y en a marre!

Publié le 24 Février 2019

Nathalie Ritzema

Nathalie Ritzema

Parfois le doute m'étreint. Mais fort, à m'en faire mal. Tous mes rouages se bloquent, la mécanique se grippe et mon cerveau ne fonctionne plus. Alors l'espace d'un moment je suis incapable de comprendre le monde qui m'entoure. Malgré tout mon savoir sur la question, acquit avec le temps depuis que j'écris ici, à chaque fois que je suis confronté à l'attitude ou aux réflexions d'un homme sexiste et persuadé de sa supériorité faisant une remarque à une femme aux cheveux courts, suggérant qu'elle n'aurait pas le droit de faire ce qu'elle fait, je reste un instant sans voix. Après, bien sûr je peux faire confiance à la femme en question pour avoir la meilleure répartie et d'un bras d'honneur verbal clouer le bec au macho. Mais voilà, je suis énervé, agacé, exaspéré par l'intolérable assurance de l'homme persuadé d'être encore le maître de toutes choses dans son environnement. Et surtout je lui en veux de m'éclabousser de sa consternante stupidité qui pourrait faire de moi, aux yeux des autres, un homme ordinaire qui lui serait semblable. J'ai déjà entendu cela. On me l'a dit, sous prétexte que je suis un mâle-blanc-hétéro-cis, je suis forcément suspect d'être comme tous ces connards, un "privilégié". Et rien n'y fera pour, définitivement, m'absoudre de la connerie de ces hommes là. Il me faudra toujours et pour toujours donner des gages...

Et c'est la même chose lorsque je suis confronté à l'homophobie, au racisme et à n'importe quelle discrimination. Mais ce qui m'intéresse ici bien sûr ce sont les femmes aux cheveux courts, qui d'ailleurs peuvent être aussi victimes de toutes les autres intolérances. Comme cette façon qu'ont les autres, hommes et femmes d'ailleurs, de reprocher une coupe "trop courte" ou "trop masculine", comme si, une fois encore, la femme n'avait pas le droit de surmonter ce tabou en s'appropriant une nouvelle forme de féminité. Qu'il se trouve quelqu'un pour faire une remarque sur la nuque rasée ou les oreilles dégagées d'une amie ou d'une inconnue et je suis instantanément bouche bée, tellement sidéré par ce comportement intolérable. Je me demande alors comment il est possible, aujourd'hui au début du XXIème siècle, de ne pas considérer l'humain, comme tel et d'en être encore à faire du classement entre hommes et femmes, les uns persuadés d'être supérieurs aux autres.

"Hélas, je n'ai aucun message d'espoir. est-ce qu'à la place deux messages de désespoir vous conviendraient?"  W. Allen

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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