Le "rebeu" ne dort jamais

Publié le 19 Février 2019

Le "rebeu" ne dort jamais

On le connaissait au fond de son épicerie, genre bazar de quartier, toujours jovial, capable de vous vendre un paquet de pâtes ou des piles pour votre télécommande en pleine nuit ou un dimanche soir à 20h. Jocker imparable et atout maître dans le jeu des citadins imprévoyants.

Et puis voilà qu'on le découvre aussi, tranquille sur son fauteuil confortable, sous le néon de son minuscule salon de coiffure, le dimanche soir, prêt à recevoir celui ou en l'occurence celle qui subitement ce soir là ne résiste plus à l'envie de mettre sa coupe à jour. Il y a des urgences comme ça. Un rendez-vous soudain pour le lendemain, ou un chagrin de déception et l'idée que cette coupe va vous regonfler le moral et vous rendre invincible, parce que souvent ça marche.

Pontoise, dimanche 18h. Anaïs à les nerfs. Il y a toujours plein de raisons pour avoir les nerfs. Alors subitement l'envie lui vient de se faire couper les cheveux, une bonne coupe, bien rasée, comme elle aime. Elle a besoin de sentir le vent sur sa nuque, de retrouver sa tête d'androgyne conquérante. Elle part au hasard dans les rues de la ville. Ce petit salon qu'elle avait repéré. La lumière est allumée. Elle pousse la porte, comme si le coiffeur l'attendait. Elle s'installe. C'est tout juste si elle a besoin d'exprimer ce qu'elle désire, comme si cela se voyait. Le bruit de la tondeuse brouille les mauvaises pensées, parasite la mauvaise humeur de toute l'heure... Avec habileté le coiffeur, taille, tond, rase et à peine un quart d'heure plus tard, la jeune femme retrouve avec cette tête familière, le moral qui avait failli lui manquer.

Adieu le blues du dimanche soir, la fin de weekend morose, grisâtre et déprimante. Le rebeu ne dort jamais!

Rédigé par jeaneg

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