Juste cause

Publié le 17 Avril 2018

Juste cause

On a toujours besoin de bonnes raisons pour bouleverser notre  confort, nos idées toutes faites et nos préjugés. J'aurais pu, par exemple, continuer de penser que mon panthéon personnel ne pouvait être accessible qu'à des héroïnes du temps jadis, des femmes exceptionnelles de bravoure, de courage et d'engagement. 

Et voilà qu'une gamine de 18ans frappe à la porte de ma conscience, des larmes de rage sur les joues, les poings serrés à s'en faire péter les phalanges. Pourtant sa "cause" ne devrait pas me toucher plus que ça. Ce problème là est bien américain, avec leur foutu amendement de la Constitution, qui, comme un livre saint, est interprétée par chacun à la sauce qui lui convient. Ce problème n'existe pas en France. J'ai pas dit qu'on était à l'abri, mais c'est bien plus compliqué pour quelqu'un qui ne serait ni gangster, ni terroriste, d'avoir une arme automatique à la maison. Et puis les armes ont longtemps été mes outils de travail...

Mais voilà, trop c'est trop!  

Photo: Jonhatan Ernst

Photo: Jonhatan Ernst

Elle est sans doute de ces héroïnes que leur combat transcendent, mais certainement aussi de ces femmes qui, qu'importe leur âge, sont capables de se lever en brandissant un étendard, de parler devant les foules, intelligemment et d'emporter derrière elles une nation entière. Voilà pourquoi Emma Gonzalez trouve sa place dans mon panthéon.

Comme par hasard, ses cheveux tondus en font une icône, un personnage, parce qu'on la remarque déjà à cela. Avant le drame de Parkland elle était déjà une figure  et lorsqu'elle a coupé ses cheveux, elle avait expliqué ça de la manière la plus évidente qui soit:

“I decided to cut my hair because it was a pain in the neck, if you’ll forgive the pun. It was really hot all the time; it was very cumbersome and very heavy, leading to a lot of headaches. It was expensive to keep it up, and as prom time came around, I figured it would be cheaper to not have to worry about doing my hair. The more my parents said no, the more I wanted it. Actually, I even made a powerpoint in order to convince them that I should do it. I figured I would look really good with it, and I do. So, it all worked out fine.”

Ce qui pourrait se traduire ainsi: 

J’ai décidé de couper mes cheveux parce qu’ils étaient vraiment pénibles (...) J’avais chaud tout le temps, ils étaient très encombrants et très lourds, à tel point que ça me provoquait des maux de tête. Leur entretien me revenait cher et comme le bal de promotion n’allait pas tarder à arriver je me suis dis que je dépenserai moins d’argent si je n’avais pas à me soucier de ma coiffure. Plus mes parents me disaient non, plus j’avais envie de les raser. Finalement j'ai même fini par leur faire un Powerpoint pour les convaincre que je devrais faire. Je me disais que je pourrais bien avoir belle allure avec ça. Alors tout a été impeccable" 

Des convictions, un sens pratique désarmant, un trop plein d'humanisme, du courage ( aujourd'hui sa voix résonne trop fort dans le pays de Onc'Sam pour ne pas inquiéter le très puissant, très très puissant lobby des armes à feu... ) voilà ce qui fait toujours mon admiration. Amen

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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