Comment on en est arrivé là?

Publié le 23 Mars 2018

Comment on en est arrivé là?

Ça commence un jour, où bien décidée, elle accompagne sa mère chez sa coiffeuse qui connait toute la famille depuis des années. Ce jour là, la petite, qui n'est plus une enfant, a décidé de couper ses cheveux, bien courts, histoire de tirer un trait sur son adolescence. Une coupe "à la garçonne" comme on dit dans ce petit coin de province comme dans tous les salons "mixtes" de France et de Navarre. 

Et puis, de coupes en coupes, comme très souvent, le style devient de plus en plus court, jusqu'à cette envie, sincère et tenace d'avoir les contours davantage "rasés" ... Et là.. c'est le drame! La bonne coiffeuse est vite dépassée et le plus court qu'elle sache faire reste encore trop long "parce que sinon ça fait trop garçon". Il faut alors migrer, rompre avec cette familiarité trop conforme et s'aventurer vers un salon plus audacieux... Clairement, les salons " féminins " ne sont pas à la hauteur et il faut se tourner naturellement vers les salons masculins. Commence alors une sorte de parcours du combattant.

Comment on en est arrivé là?Comment on en est arrivé là?
Comment on en est arrivé là?Comment on en est arrivé là?

Parce que ces messieurs ne sont pas partageurs. Pour certain d'entre eux, le "Barber" reste un lieu réservé, une sorte de club, un temple de la masculinité où les femmes, même avec les cheveux courts, ne peuvent pas accéder. Bref! Il faut à notre jeune femme audacieuse essuyer quelques refus avant de trouver le bon endroit, le salon de mecs, mais cool, celui où ce que l'on aime avant tout c'est le "fade" bien fait, les nuques bien rasées, la pompadour bien gommée, la raie sur le côté bien marquée.

Cependant, si pour Elise, notre jeune femme audacieuse et tenace, le graal s'appelle Barber Designer dans sa bonne ville de Rennes, il faut bien admettre que ce n'est jamais très facile de pousser la porte d'un barbershop, rempli de mecs, dans une ambiance souvent "ethnic" et lendemain de match pour demander gentiment si on peut se faire couper les cheveux. Difficile d'encaisser un refus catégorique qui n'aurait d'autre argument que : "on coiffe pas les femmes!" Tellement frustrant... Difficile aussi de faire sa place dans un lieu aussi masculin ( certainement autant que pour un jeune homme qui entrerait dans un salon pour dames et demanderait une mise en plis... encore que? ) jusqu'à ce que chacun comprenne que le seul motif de votre présence est la confiance que vous accordez aux hommes qui coupent les cheveux des hommes pour vous faire la coupe de cheveux que vous aimez, à son juste prix. Point.

Comment on en est arrivé là?

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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