La guerre de Rose

Publié le 21 Février 2018

Photo: Josef Jasso

Photo: Josef Jasso

Là d'un coup, on est plus dans le domaine de "l'amoureux des femmes aux cheveux courts". D'ailleurs on peut avoir une dilection pour les cheveux courts et ne pas aimer toutes les femmes qui en sont affublées. On aurait un peu trop tendance d'ailleurs à confondre entre aimer les femmes et aimer les cheveux courts. Moi j'aime les personnes, les caractères, les tranches de vie. 

Rose McGowan n'a pas eu une vie facile, si j'en crois les biographies. Il a fallu qu'elle se batte pour atteindre la célébrité que lui ont conféré le cinéma et la télévision. Dans ce monde d'artifices, elle a été comme les autres, bien sûr...

Seulement voilà,  un jour, elle en a eut assez de cette vie d'hypocrite. Elle était prête à nouveau pour le combat. En novembre 2015, elle avait déjà les cheveux courts, pixie cut, comme disent les américains, mais elle a décidé de se raser la tête. Coup d'éclat dans ce monde de paillettes! Sauf que là, ce n'était pas pour un rôle, comme Natalie Portman ou Charlize Theron qui auraient bien mérité un Oscar pour tant de "bravitude". Non, Rose ce jour là ne part pas au combat pour le cinéma, mais contre lui. Et ça va saigner...

"Courageuse", c'est le titre de son livre. Une qualité qu'on lui accorde sans mal quand on sait qu'elle s'en prend aux nababs d'Hollywood, aux tout-puissants de ce monde qui l'a rendue célèbre. Le voile tombe, le rideau se déchire et la poudre s'enflamme, à travers le monde entier, libérant d'un coup une foule de victimes restées jusque là dans la honte et le silence. Alors soudain, cette "boule à zéro" a une signification, un sens que jusque là je me refusais d'accorder aux autres, considérant que chacune fait ce qui lui plait avec son corps ( et ses cheveux ) et qu'il n'y a pas besoin de justifier quoi que ce soit. Dieu merci, toutes les femmes victimes de viol ne renoncent pas pour autant à leur chevelure ( cela changerait d'ailleurs sans doute la face de l'humanité... ) 

Mais pour Rose cela signifie bien qu'il faut dorénavant s'intéresser à ce qu'elle dit, à qui elle est, plutôt qu'à son image d'actrice "appétissante" et passe-partout. Fini les artifices, fini les hypocrites. Il faut brûler Babylone et dénoncer sans relâche les "ogres" que la puissance de l'argent rendait intouchables.

Les hashtags fleurissent à travers les réseaux et les scandales, les uns après les autres,  font chuter les idoles d'hier. Mieux, le désormais universel #metoo a entraîné la création d'un fond de solidarité pour soutenir financièrement les victimes, Time's Up.

Et ça, c'est déjà une bataille gagnée.

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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