De la punition à la ...délectation

Publié le 11 Août 2017

Photo: Kriss Photography

Photo: Kriss Photography

Le récent article de Marie et les commentaires qu'il a suscité, m'ont amené à réfléchir un peu plus particulièrement à cette fameuse "boule à zéro" qui semble se répandre assez facilement chez les jeunes femmes entre 18 et 25 ans.

Depuis bien longtemps et jusqu'à il y a peu, tondre les cheveux était plutôt considéré comme un châtiment humiliant, aussi bien chez la femme que chez l'homme. L'exemple le plus récent,  encore solidement ancré dans les esprits , est la punition infligée aux femmes à l'issue de la Deuxième Guerre Mondiale. Auparavant, ce genre de chose était réservée à des catégories "socio-professionnelles" allant des religieuses aux galériens en passant par les esclaves et les petits écoliers... 

Et puis, nos temps modernes enfin arrivés, la médecine a découvert que certaines substances chimiques pouvaient soigner des maladies mortelles, à condition d'y perdre, momentanément, ses cheveux. Du coup, le crâne rasé a pris une connotation supplémentaire et pas tellement plus glorieuse que les précédentes. Punition, humiliation, drame personnel... Le catalogue n'était pas folichon.

Pendant ce temps là, des mouvements de société, prompt à la provocation et histoire de faire réagir les bienpensants, adoptèrent à leur tour "la boule à zéro", juste par refus de se conformer aux règles. Punition, humiliation, drame personnel et provocation voilà qui n'avait rien de très encourageant pour celles qui n'accédaient à aucun des ces critères mais qui néanmoins s'imaginaient bien "libérées" de l'image de la féminité que les hommes véhiculaient depuis des lustres.

C'est de " l'entertainment" que viendra le salut. Chanteuses, actrices, mannequins soudain se révèlent le crâne nu, tondu pour "le plaisir" ou pour le boulot, mais au final toutes racontent le bien-être et la libération qu'elles ont ressenties à le faire. Un contre-pied total! Finis la honte et l'opprobre, le cheveux ras est sexy! Mais plus encore, il authentifie la vraie personnalité, il permet une découverte incomparable de soi et on met en avant son caractère éphémère pour "jouer" l'expérience sociale et personnelle, une sorte de rite initiatique dont on ne sort qu'enrichi en connaissance de soi même et des autres.

Finalement, quelqu'un un jour dira que tout le monde devrait faire ça au moins une fois dans sa vie.

Est-ce que ce ne serait pas la meilleure manière de chasser l'anathème, d'effacer la honte ou le malaise des malades sans autre choix que de raser leurs cheveux, que montrer qu'on peut être fière et sans peur, que cela n'est pas un stigmate de la maladie, mais une "tenue de combat", qu'il n'y a là, ni punition, ni humiliation, mais au contraire de la détermination et du courage?

Quant à celles qui le font " par plaisir ", est-ce qu'elles ne montrent pas simplement l'envie d'être libres de faire ce qu'elles veulent avec leur propre image? Des sortes de fées qui transforment les citrouilles en carrosses et pourraient faire disparaitre à jamais l'idée que tondre ses cheveux est un châtiment.   

  

De la punition à la ...délectation

Photos additionnelles: Laura Cramer et Violet/ Moda Model

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article