Submergée

Publié le 30 Janvier 2017

Photo: Peter Lindbergh

Photo: Peter Lindbergh

Ça arrive comme ça, doucement, comme un air qui vous revient en tête et qu'on adore tenter de chasser, puis qu'on fredonne. Une pensée, une image à laquelle d'habitude on accorde aucune importance et qui persiste jusqu'au moment où cette vague de fond vient tout emporter. Et l'on a beau serrer les dents, écarquiller les yeux pour empêcher qu'ils se noient et déglutir pour desserrer l'étau qui vous prend la gorge, on ne parvient bientôt plus à lutter et on laisse enfin l'émotion envahir et le corps et l'esprit.

Très vite on craint d'être surpris dans cette infâme faiblesse qu'on imagine incompréhensible parce qu'on ne sait pas l'expliquer et puis l'on abandonne... Trois notes sur un piano, une voix de diva, la force d'un élan d'amour, une histoire simple et universelle suffisent à vous retourner, comme une escalope sur la plancha... Et c'est si bon.

C'est si bon cette émotion qui vous soulève le coeur, qui vous l'ouvre comme une miche de pain chaud, qui libère des odeurs, des souvenirs, des plaisirs. Un bonheur, infini, insondable, qu'on tente de faire durer parce qu'on le sait aussi fragile qu'éphémère... Et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas, qui ne savent pas s'arrêter, juste un court instant devant ce qu'ils croient voir, entendre ou sentir, sans jamais en percevoir la saveur.

Rédigé par jeaneg

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