A vrai dire...

Publié le 8 Novembre 2016

Photo: Elsa Campini

Photo: Elsa Campini

Ce n'est pas vraiment que tu n'aimes pas ça, non. D'ailleurs même, en y réfléchissant bien,  il y a comme un trouble dans ton esprit, une sensation étrange... et tu t'empresses de railler, comme les autres, plus fort que les autres même, de peur que ce trouble ne finisse par être décelé.

Cette femme aux cheveux courts, "bien trop courts", tu la fustiges et la montres du doigt, pour alerter et dénoncer une imposture, déclarer qu'elle est "apostat", qu'elle aurait renoncé à être femme, défigurée par ses tempes rasées, sa chevelure tondue. Tu dis qu'elle a perdu tout pouvoir de séduction... mais en réalité tu es à la fois fasciné et effrayé.

Cette femme aux cheveux courts te fait peur, petit mâle, parce qu'elle semble ne pas vouloir te séduire, parce qu'elle à l'air de mépriser ton statut, celui que tes ancêtres mâles, depuis la nuit des temps, t'ont solidement conféré, de pouvoir dominer les femelles qui jouent de leurs appâts pour te mettre en valeur, enfin un truc un peu simpliste dans ce genre. 

Ce qui te fait grincer, c'est bien que cette femme te fascine et te paraît inaccessible. Trop forte, trop audacieuse, trop indépendante, te voilà frustré qu'elle n'ait pas besoin de toi... ton piédestal vacille, ton trône chancelle.

Alors cette intouchable, tu la destitues, niant toute sa féminité, en ricanant et parlant fort, demandant si elle est fille ou garçon... pour garder une contenance qui, tu le sens, te fait défaut devant cette femme qui, sans doute, ne t'a même pas calculé.

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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mary 08/11/2016 17:40

Bravo

Jeaneg 09/11/2016 00:31

Merci! ;)