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Les femmes aux cheveux courts

Humeurs et états d'âme d'un amoureux des femmes aux cheveux courts.

Renaissance

Renaissance

Parfois, la comédie semble être sans fin. On joue son rôle, comme on peut, plutôt bien, plutôt moyen... Il faut composer chaque jour avec des humeurs qu'on ne maitrise pas, avec le boulot, avec ses amours, avec la Vie. Ce n'est simple pour personne et pour certain(e)s c'est encore plus compliqué...

Et puis un jour, il y a comme une conjonction, un faisceau d'événements qui précipitent vers une nouvelle direction. On se dit " c'est le moment ", il faut faire table rase, tourner la page pour écrire un nouveau chapitre, plein de promesses, d'espoir et d'enthousiasme. Ce jour là on se dit qu'on peut enfin tomber le masque, révéler sa véritable identité, être sans fards ni artifices. C'est une autre vie qui se dessine...

Alors soudain, ça vient comme un coup de tête, une folie presque, douce folie. Pour émerger de ce nouveau baptême, renaître de ses cendres encore tièdes, on se retrouve seule devant le miroir, scrutant le fond de son regard, inspectant son visage comme celui d'un nouveau né dont on voudrait déterminer la parenté, la main soulève les cheveux sur le front, les yeux s'agrandissent... Le coeur bat un peu plus fort, parce que la décision est prise, on le veut, il le faut. Le bruit de la tondeuse est déjà familier, le visage s'éclairci et d'un geste sûr on pose sur le front les lames qui vont moissonner ces cheveux qui sont encore le vestige de celle qu'elle n'est déjà plus. La première mèche tombe, sur l'épaule, et glisse inexorablement sur le sol, comme un lambeau de peau morte, comme la mue de cette nouvelle personne qui renait, là, à cet instant même. La main libre suit de peu la machine sur cette tête qui dessine sa rondeur, caressant ce nouveau pelage à peine tondu. Il faut se concentrer, ne rien manquer, s'appliquer, passer et repasser, jusqu'à ce que cela soit parfait.

Lorsque la tondeuse se tait, imperceptiblement le visage se rapproche du miroir et le coeur se gonfle d'une fierté nouvelle. Le monde est vaincu et toutes ces vicissitudes écartées. La main vient enfin caresser la nuque, voir ne suffit plus, il faut toucher, puis l'autre main rejoint cette danse amoureuse, se laisse picoter la paume et exciter la pulpe des doigts...

La voici, enfin, c'est elle, c'est lui.

Photo: Morgan aka Syd Lucid

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À propos

jeaneg

Certains y voient du fétichisme. Il ne s'agit que de dilection. Outre l'apparence, c'est aussi le caractère des femmes aux cheveux courts qui me séduit.
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QL 24/08/2015 19:25

Dieu, Jean! C'est tellement beau que je l'ai tout de suite traduit en italien. Il faut le dire, cette fois, tu t'es vraiment surpassé.

Jeaneg 24/08/2015 20:31

Je ne crois pas non, mais merci ;)