Cette petite peur

Publié le 10 Août 2015

Cette petite peur

Elle est douce et terrible cette petite boule dans le ventre qui nait parfois lorsque la nécessité revient de se faire couper les cheveux.

Ce n'est pas très raisonnable, ni très rationnel, alors pourquoi en parler... La première fois sans doute il pouvait y avoir une explication à cette légère angoisse. Après tout, couper ses cheveux ce n'est pas anodin. C'est une partie de nous même qu'on ampute et c'est notre image que l'on transforme. Mais depuis...

L'adresse de celle qui officie n'est pas en cause non plus. Non, en général c'est une personne qu'elle a finit par connaître et puis elle donne toujours plein de consignes comme s'il s'agissait d'une première fois... bien comme ça, pas trop comme ci ... Mais en réalité elle se sent vulnérable.

Pourtant il y a comme une excitation, une impatience, un plaisir à s'abandonner, torse nu, tête baissée, pendant que la tondeuse fait pleuvoir les cheveux coupés sur ses épaules nues. Elle sent ses batteries se régénérer, son moral gonfler au fur et à mesure que sa tête s'allège. Elle n'a pas de miroir où perdre son regard, elle doit se concentrer sur ses émotions, sentir son sourire naître quand la tondeuse remonte sur sa nuque, doucement. Au premier temps mort elle va glisser sa main pour sentir au bout de ses doigts le chaume des cheveux tondus.

Finalement, les papillons qui voletaient dans son estomac n'étaient pas d'angoisse ou de peur... Juste un trac au moment d'être à nouveau soumise à un plaisir étrange et délicieux, un peu secret.

Photo: Kate Warren

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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