Sans merci

Publié le 4 Juin 2015

Sans merci

Tu n'as donc pitié de personne, d'aucun de ces mortels qui cherchent encore dans quelle case te ranger, qui ne savent pas comment te définir et qui s'agacent de cette transgression. Et toi tu en rajoutes encore.

A peine sont-ils habitués, devenus familiers de cette femme aux cheveux courts, toute en féminité, élégante et raffinée, que tu bouleverses encore leur misérable cerveau reptilien au bord de l'anévrisme. Et tu souris à ton image dans le miroir, quand le peigne de corne, passe et repasse et que les ciseaux cliquetant fébrilement effacent sur ta tempe les cheveux déjà courts, dessinant le tour de tes oreilles à la manière d'un jeune garçon. Ton sourire est innocent, tu n'imagines pas faire un mauvais tour aux mortels obtus, juste te faire plaisir en retrouvant cette allure ambiguë de merveilleuse androgyne et tu aimes cette nuque presque nue où tes cheveux comme le velours, dessinent avec délicatesse une pointe pour indiquer l'endroit précis où il faut poser les lèvres...

Découragé, le simple d'esprit te verra travestie si tu portes une robe et bien efféminée si tu mets un costume. Alors ne pouvant pas se rassurer, il te haïra, comme tout ce qu'il ne connait pas et lui fait peur...

Photo: Iris Strubegger par Raf Stahelin

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Geo 05/06/2015 08:48

C'est beau comme du Balzac et du Wilde mélangé ...
Je ne laisse pas de commentaires mais je te lis tous les jours, Jeaneg.
Parfois, je me dis que ton blog pourrait se transformer joliment en un recueil illustré (évidemment !) qu'on pourrait feuilleter de temps en temps pour se rassurer ... un VRAI livre, tu vois ?
Je te souhaite un excellent WE en tout cas. Il va faire beau : les jambes et les nuques des femmes vont se dénuder. Fais-toi plaisir =o)