Pas de panique

Publié le 25 Novembre 2014

Pas de panique

On est jamais sûr de rien... et Dieu sait comme on se sent vulnérable parfois lorsqu'on se lance à soi même le défi d'être tel(le) qu'on le veut vraiment.

C'est particulièrement vrai chez le coiffeur. Même si on lui fait confiance et qu'on est sûr(e) de son savoir faire, il y a toujours un moment, dans les premiers instants de la coupe, où l'on préfère encore fermer les yeux plutôt que de se voir à travers le miroir. En général on a une tête inconnue, les cheveux dressés sur le sommet ou attachés d'une manière un peu ridicule et le reste taillé en une sorte de bol médiéval, le contour des oreilles et la nuque déjà rasés alors que le reste est encore presque long, sans aucune liaison entre les deux.

Forcément, on y connait rien, on sait juste qu'on est encore loin, à cet instant, de la coupe qu'on a expliqué dans toutes les largeurs au coiffeur, qui, lui, semble s'amuser à prendre des chemins détournés pour arriver à nos fins. On prie juste en silence pour qu'il ne nous abandonne pas dans cette situation, ne serait-ce que pour répondre à un maudit téléphone, nous laissant désarmé(e) face à cette image peu glorieuse de nous même.

Et puis non. Quelques frôlements de tondeuse plus loin, quelques claquements de ciseaux glissant sur le peigne et les proportions s'harmonisent, les liaisons apparaissent, le dégradé se fond et l'on se découvre cette tête de conquérant(e) qui nous rempli d'assurance et nous donne ce sentiment d'être invincible.

Photo: Adam Ciaccia

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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