Quartier Libre: Kriss

Publié le 4 Août 2014

C'est nature, brut et authentique, c'est la voix d'une androgyne. Pour fantastique qu'il soit aujourd'hui et depuis la nuit des temps, il doit lutter chaque jour pour vivre avec lui même. Y parvenir enfin, lui rend sa divinité...

Quartier Libre: Kriss

Je m’appelle Kriss. Un prénom neutre, pour un genre précis non défini.

"Genderfluid", voilà comment je me définis.
C'est ainsi que je me sens en harmonie avec mon corps, et mon esprit.
Je n'ai pas choisi d'être androgyne, cela fait partie entièrement de moi, mais j'ai choisi d'assumer ma fluidité de genre.

Il m'a fallu du temps, avant d'assumer, que je n'étais pas comme la personne, que mon entourage familial, ainsi que les personnes extérieures, voulaient que je sois.
Une fille, aux cheveux longs, jouant à des "trucs de fille", s'habillant de manière féminine, aimant le sexe opposé.. rentrant dans les "normalités" que la société a toujours essayé de nous imposer.
C'est tout ce que je ne suis pas et ne serais jamais.
Mais c'est ce qu'ils voulaient, alors je me suis tu pour ne pas décevoir certainement, surtout quand le modèle familial est une belle blonde, aux yeux clairs.. On a juste tendance à avancer tête baissée, pour ne pas être rejetée. Surtout aussi jeune.

Jusqu'au jour, où je décidai de me couper les cheveux, osant ainsi porter des affaires principalement masculines. Et c'est de cette manière que je me suis sentie renaître une nouvelle fois.
Mais je me souviens encore de ce jour, il a quelques années, où leurs regards, pointés sur moi, me disaient que ce n'était pas "comme ça" qu'il fallait que je sois.
J'ai pu lire une déception flagrante sur leurs visages.

Désormais et avec du temps, je me sens à ma place, avec comme identité deux genres, qui me correspondent.
J'en joue certainement, mais je suis comme ça.. C'est en jouant de mon ambiguïté que j'ai pu dire "merde", et je le dis encore, à ces personnes voulant sans cesse dénigrer mon attitude qui ne correspondait pas à leurs critères.
C'est ainsi que j'ai relevé la tête.

La photographie, fut pour moi, une réelle thérapie, aidant à me guérir de toutes les saletés que j'ai pu entendre à mon égard pendant des années et des abus que j'ai pu vivre.
La photographie est et sera toujours, une passion, une échappatoire, mon monde.
Un monde qui m'accepte tel que je suis, avec ma différence et mes failles.

Photo: Kriss Photography

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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