Nouvelles et petites histoires

Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 10:30

isabella-rosselini.jpgEn trois mots, de quoi s'agit il?

L'idée nous est venue Pauline - pooline's world - et moi de faire "des choses ensemble". Holààà! Pas de ça ici hein? Non non, ce n'est pas ce que vous croyez...

Sur le thème de la Femme aux cheveux courts et dans un style épistolaire, faire un échange de points de vue peut être amusant et un peu décalé. Un prétexte en somme...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma chère amie,

Vous n'imaiginez pas mon désarrois depuis que, par miracle, la Science est parvenu à me sortir de cette léthargie où j'étais plongé depuis ce terrible accident de fiacre. Le médecin m'avait averti, craignant sans doute pour mon coeur, que je devais m'attendre à quelques bouleversements dans l'ordre des choses que j'allais découvrir.

En effet quelle stupéfaction de trouver sur ma table de chevet un livre complètement souple dont le papier glacé était totalement coloré et où figuraient plus d'images que de lecture. Désoeuvré comme je le suis en ce moment j'ai feuilleté tout de même ce" magazine" selon le terme qu'employa l'infirmière. 

Jésus Marie Joseph! Quelle surprise. Au milieu de centaines de réclames que font des épiciers ou des pharmaciens pour placer leurs produits, des pages entières où j'ai deviné que l'on parlait de mode d'aujourd'hui exposent des femmes presque nues. Sur le coup j'ai prestement refermé le livre. Et puis j'ai ri de bon coeur, pour un peu j'aurais rougit comme un collégien découvrant son premier daguerréotype polisson. 

Parmi tous ces modèles vestimentaires pour femmes une chose m'a particulièrement intrigué et peut être saurez vous me rendre les choses plus claires.

En effet certaines poses montrent des personnages au genre indéterminé. Incapable d'affirmer si le vêtement était pour femme ou pour homme. Bien sûr les traits plutôt fins et la poitrine que je pouvais deviner sous le vêtement me faisaient penser à une femme, mais celle-ci portait un costume d'homme et surtout ses cheveux étaient sévèrement coupés comme si la pauvre revenait à peine de Toulon. Je dois avouer ma chère que cela dépasse mon entendement. Ces femmes n'ont-elles pas de maris à s'occuper? Et si oui comment ces derniers peuvent-ils admettre que leur femme porte un pantalon ou pire encore visite le barbier pour se faire tailler les cheveux courts. Ce mélange des genres me parait bien malsain et je m'étonne que l'Eglise puisse le tolérer.

Comment diable les enfants de ce siècle peuvent ils posséder de saines références si les femmes, au delà de se travestir, gomment ainsi leur genre au point d'être confondues avec des garçons? 

Votre dévoué Jean Edmond

Post scriptum: On m'apprend que le président Carnot a depuis été assassiné. Quel dommage, cet homme semblait brillant...

 

( La réponse sera sur le blog de Pauline, par retour du courrier )

Modèle: Isabella Rosselini

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 13:59

Emily-Wroe.jpg

Il faut du sang froid, pour, après être resté à l'affût des heures, délivrer la mort et voir tomber sa cible à travers sa lunette. Un ou deux fiers à bras avaient jalousé Maria quand Roberto lui avait attribué le M24. Des tireurs médiocres qui pensaient que tirer avec un fusil à lunette leur faciliterait la tâche. Les explications ne suffisant pas il avait fallu les humilier un peu en les laissant faire la démonstration de leur incompétence. La Leupold du M24 grossit 10 fois et multiplie d'autant les erreurs du mauvais tireur. Il faut comprendre le vent, la chaleur du soleil, faire corps avec son arme en faire le prolongement de son esprit. Maria faisait tout cela d'instinct. Dans la fureur d'un assaut ou d'une embuscade les combattants ne voient pas vraiment la mort frapper leurs adversaires. Ils tirent beaucoup, touchent parfois, distinguent des silhouettes qui tombent. Maria ne manquait jamais sa cible. Le coup parti elle gardait l'oeil sur sa lunette pour voir le visage grimacer quand la balle ne faisait pas éclater la tête...

Je n'étais pas sensé participer aux opérations de guérilla. Les conséquences que pouvaient entraîner la capture ou la mort dans un accrochage d'un "conseiller" étaient incalculables pour le petit groupe et pouvaient remettre en cause l'aide qui leur était apportée.

Pourtant j'avais convaincu Roberto de me binômer avec Maria pour être son spotter. Nos actions se situaient souvent loin des batailles et des escarmouches.

Maria s'était endurcie et pourtant son allure s'adoucissait. Ses cheveux retrouvaient un peu de longueur, encadrant son visage d'ange. Notre complicité dans l'action se poursuivait dans l'intimité et je savais bien que cela ne plaisait pas à tous...

 

 

Photo: Emily Wroe by Justin Hollar

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 23:03

trish-goff-bay-allestair.jpg

Maria apprenait vite. Sa formation m'obligeait à passer beaucoup de temps avec elle. Ses progrès en tir étaient constant et elle pouvait déjà engager des objectifs à plus de 800 mètres. Durant des journées entières nous parcourions la sierra pour l'entraîner au tracking, à l'orientation, au camouflage. Elle pouvait rester des heures à l'affût, dissimulée sous son filet, complètement furtive. 

Je lui servais de spotter, observant l'objectif pendant qu'elle le mettait en joue et effectuait les réglages de son arme... Plus d'une fois je me suis surpris à quitter la vision à travers mon monoculaire pour poser mon regard sur sa nuque, tanée par le soleil, où les cheveux étaient rasés par la tondeuse... Jour après jour j'éprouvais une sorte de fascination pour cette fille, belle malgré la tenue de combat et le camouflage et si forte dans son caractère et sa volonté. Je l'estimais et la respectais pour ça, au point d'imaginer que je la prendrais sans hésiter parmi mes équipiers...

De retour au campement dans l'après midi, le reste de la journée fut consacré à la remise en condition. Le soir venu, seul sous mon carbet, mon esprit était revenu vers Maria.

A la nuit tombée, dans l'obscurité, une ombre glissa sous la toile et vint se coller à moi dans le sac de couchage... Elle sentait bon le savon de marseille, et sa peau était encore plus douce que ce que j'avais imaginé... Habilement elle se plaça sous moi et guida mon membre avant de se mettre à onduler et presque sans bouger, silencieusement elle se laissa aimer.

 

Photo: Trish Goff par Alasdair McLellan

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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 10:53

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J'avais vraiment passé une nuit de merde. Rien ne s'était déroulé comme prévu. Le plan était pourtant bien ficelé. Mais cinq heures et trois litres de café plus tard, dans cette zone qui avait été industrielle, le poisson ne s'était même pas approché du filet. Au petit jour l'affaire était bâchée et je suis rentré chez moi plutôt amer. Je devais vraiment avoir une sale gueule, parce que même le chat m'a plaqué ce jour là.

Pour chasser les affres de cette affaire qui n'arrivait pas à aboutir, j'ai plongé sous la douche. 

7 heures. Merde, à cette heure ci c'est sûrement pas une bonne nouvelle.... A la porte la fille est appuyée au chambranle, l'air décontractée. "Capitaine Berhaud, Brigade Criminelle, je peux entrer?" En fait c'était pas vraiment une question. 

Pour un privé, recevoir la visite d'un flic à l'aube, c'est jamais bon. Petite compensation, le flic en question faisait se connecter plein de neurones, un peu comme un feu d'artifice de camping, dans ma petite tête. Au lieu de me concentrer, en la regardant passer devant moi et aller s'installer sur mon Chesterfield je me suis dit qu'elle avait une jolie couleur et que sa coupe de cheveux lui allait vraiment bien...

"Qu'est ce qui me vaut le plaisir d'une si charmante visite?" Je savais que je ne devais pas le prendre dans ce sens là, mais je n'ai pas pu m'empêcher... Autant vous dire que cela ne l'a pas déridée d'un pli.

Pendant que je farfouillais autour de la machine à expresso elle m'a sortit son baratin d'une voix grave et tout à fait "officielle"

Oui je connaissais Léontine Piedvache, oui je l'avais rencontrée hier chez elle... Non ce n'est pas moi qui l'ai dessoudée.

Merde! La pauvre vieille... Je l'avais trouvée sympa. Je savais que ce n'était pas la peine de poser les questions d'usage maintenant, qui ou quand comment, sous peine de se prendre un " C'est moi qui pose les questions" dans les dents. Heureusement la flic ne semblait pas me soupçonner plus que ça, elle cherchait simplement à glaner des infos sur son affaire, qui était aussi la mienne et qui pour moi prenait un tour un peu inhabituel.

Mais je ne suis pas du genre à me laisser submerger par les événements et pour l'instant, la seule chose que j'avais en tête c'était cette bouille farcie de tâches de rousseur au milieu desquelles deux prunelles vertes me dévisageaient. Une furieuse envie de l'inviter dans un bon restau et de passer la soirée avec elle me taraudait. Quant à Léontine, paix à son âme, je ne comptais quand même pas livrer tous mes secret à la rouquine, je voulais moi aussi élucider cette affaire. Question de fierté!

 

Photo: L'actrice Julianne Nicholson

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 11:40

yosoylete.jpg

Parmi les armes parachutées il y avait un fusil à lunette. Un bon vieux M24 US, une carabine Remington 700 que je connaissais bien, avec son optique Leupold. J'avais bien une idée derrière la tête, mais il fallait laisser Roberto, le chef, décider lui même de l'affectation des armes nouvelles. Je me contentais donc d'énumérer les qualités requises pour un tireur de précision, pour ne pas laisser Roberto sur cette idée fausse que le gabarit du tireur doit correspondre au poid de l'arme. Patience, détermination, intelligence, initiative, sang froid et persévérence. Toutes les qualités d'un chef devaient animer un bon tireur de précision et déjà je voyais qu'il pensait à la même personne que moi. Il fit mine de réfléchir un instant puis lâcha :" Maria!"

Maria avait le regard pétillant d'un enfant devant les jouets sous le sapin de Noël. Mais très vite elle reprit une attitude plus martiale et avec des gestes précis elle empoigna le fusil, le soupesa, vérifia la culasse et l'épaula. Ses mèches brunes qui recouvraient la crosse contrastaient soudain avec sa nuque rasée. Elle se tourna vers moi, relevant le menton, toujours dans cette attitude de défi, et lança fièrement: " Vamos gringo, montre moi, apprend moi". 

C'est ce jour là je crois que l'histoire a vraiment commencée...

Photo: Pol Bassal

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