Vendredi 1 juillet 2011
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16:57
Le soleil se couchait sur la baie. C'était le dernier bain de la journée. Les corps harassés ondulaient non loin du bord. Il plongea à son tour et refit surface presque imperceptiblement, à
quelques métres, gardant juste son regard hors de l'onde. Avec cette lumière du soir, sa blondeur tranchait sur le hâle de sa peau. Il l'avait toujours connue avec ses cheveux courts. Parfois
plus foncés, parfois un peu plus longs. Là ils étaient bien courts et très blonds. L'été est propice à cela. Comme elle ne prétait pas attention à lui, il l'observait, égrainant chaque détails
avec une soudaine tendresse, comme réalisant sa fortune. L'eau ruisselait sur la peau mat s'accrochant plus qu'ailleurs au fin duvet qui courrait sur sa nuque... L'image fit naître du désir et
une drôle d'émotion lui vint, mélange d'amour, de fierté, de jalousie mais aussi de peur et de vulnérabilité... Rien ne lui vint sauf un voeu qui implorait que tout cela dure encore. D'un geste
machinal elle empoigna ses cheveux sur la nuque et les serra dans son poing pour les essorer, puis elle lui fit face, éclairant son visage d'un sourire magnifique.
Bêtement un vers de Baudelaire lui traversa la mémoire, sans qu'il fut capable d'en dire plus... Mais il était tellement fier.
" Homme libre, toujours tu chériras la mer" - L'Homme et la Mer- Ch. Baudelaire ( 1821-1867 )
Photo: Miguel Angel
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Jeudi 30 juin 2011
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11:06
L'autre jour, je me faisais tranquillement dorer sur la plage avant d'attaquer le boulot, lorsque mon attention fut captée par ma voisine en train de décortiquer une pile de magazines people.
Comme je la voyais en arrêt, tel un setter de bonne race, devant une page pleine de photos, j'engageais la conversation sur la star dont il était question. " Elle est vraiment jolie, vous ne
trouvez pas?" En disant cela je prenais le risque de la vexer si jamais lui prenait l'idée de faire un comparatif avec elle... " Moui bof... Franchement les cheveux courts comme ça, ça craint."
Intérieurement un énorme soupir me vint. Et puis, comme le temps était clément et l'ambiance détendue, je décidais d'examiner la photo de plus près en endossant mon costume de Père Blanc.
" Ah ben quand même c'est très sensuel une nuque comme ça, complétement dégagée. Ca donne envie de la caresser, de l'embrasser. Et puis là ça lui donne un petit côté ambigu qui est très excitant
non?" Je ne vous cache pas que la dame à commencé à me regarder un peu de travers... " Oui mais enfin là on dirait un garçon quand même..." Argument de base du néonéanderthalien. " Vous exagérez,
elle est très jolie comme fille et les cheveux très courts ne la rendent pas laide. Et même si cela lui donne un petit air masculin, on ne peut quand même pas se tromper... Regardez ce cou
délicat, cette nuque creusée par les deux tendons au milieu desquels les cheveux semblent se rassembler comme un courant. C'est finement taillé, dégradé juste ce qu'il faut et cela met en valeur
à la fois son corps et sa tête, plutôt bien faite... "
A ce stade de la conversation, je me suis demandé si la dame n'allait pas céder, tant elle paraîssait songeuse devant la photo.
" Ouais... Non mais moi si je me coupe les cheveux comme ça, mon mari y m'tue!" Alors là oui, dans de telles conditions, il faut savoir se retirer. J'ai ramassé mon drap de bain et enfilé mes
tongs et avec l'ironie du désespoir j'ai lancé en partant:" Essayez quand même, si vous survivez je vous épouse"... Mais bon, on est pas toujours obligé de faire ce qu'on dit dans la vie.
Par jeaneg
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Mercredi 29 juin 2011
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11:06
Comme chacun peut l'imaginer mes rapports avec Laora devenaient agaçants tant l'espiègle s'amusait à me taquiner sur cette sexualité supposée et jusque là occultée, n'hésitant pas certains
moments à me traiter de pédé. Dans ces cas là Frida se faisait mon alliée mais j'ai vite compris qu'il s'agissait d'une manoeuvre et que dans mon dos la prussienne en profitait pour consolider sa
complicité avec la milanaise.
Ainsi c'était avec elle maintenant qu'elle allait chez le coiffeur, lui préférant ma compagnie et les salons un peu plus sophistiqués. Petit à petit la situation s'envenimait. Je refusais d'avoir
à me défendre d'une homosexualité dont j'avais longtemps eu le doute, pensant que s'en défendre revenait à considérer cela comme quelque chose de honteux ou répréhensible. Je savais bien qu'il
s'agissait d'un jeu cruel, mais je voulais trouver une solution. L'idée me vint de m'inventer un ami...
Moi "- Au fait, je ne vous ai pas dit.... Je ne serai pas là demain soir, je dîne avec UN ami... " A voir le sourire carnassier de Laora et le sourcil relevé de Frida, je
devais avoir l'air plutôt cloche en racontant mon bobard.
Laora "- Ma che cosa...? Tou as oune petit ami ora? Et jé lé connais pas? Come il est? Mignon jé souis soure...
Ma Psy - Allons pon! Et tebuis kand, on beut zafoir?
Laora - Ma il faut que tou l'invite avé nous, no?
Moi - Non non pas question. Pour qu'il se fasse traiter de pédé, pas question...
Laora - Oooooh tesoro... Tou sais bien qué s'est pour té taquiner... Ma alora tout es vraiment oune pédé?"
Avant même de me lancer dans cette discussion, je savais que j'allais m'enliser grave.... Et maintenant qu'est ce que j'allais répondre à cette question. Frida semblait avoir compris et affichait
un sourire narquois, quant à Laora, je sentais que si je lui disais la vérité maintenant elle allait être terriblement déçue...
Moi " - Ben... Lui surtout..."
Model: Anja Rubik
Par jeaneg
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Publié dans : Ma Psy et Moi
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Mardi 28 juin 2011
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00:14
A peine a-t-il pénétré le jardin que son attention est captée par cette silhouette dans ce groupe de convives. Sans trop savoir pourquoi, il reste fasciné, paraissant balayer l'assemblée du
regard ou admirer le paysage... Pourtant son coeur s'accélère et l'émotion trouble sa vision. Chaque détail est comme un souvenir qui viendrait caresser sa mémoire. Cette pose tellement humble,
cette main discrètement retenant l'autre bras en passant sur les reins... La dame est dépouillée, pas de bijoux clinquants, de bracelets d'argent ou de bagues dorées. Elle se tient en peu en
retrait écoutant attentive, la conversation des autres. Son attitude elle même inspire la bonne éducation, celle des princesses. S'approchant, il fixe cette chevelure ondulée taillée si court
qu'elle ne cache rien de la nuque de porcelaine. Les lobes apparaissent eux aussi sans parure. Sans voir son visage il le devine serein et emprunt d'une douceur de madone. Dans ce jardin anglais
il croit revoir, comme sur un vieux cliché, celle dont le charme foudroya son père, si loin dans le temps, toute de grâce et de délicatesse et par un coup extraordinaire du sort il se voit
proposé une histoire sans fin où à son tour il aurait à portée de main la Dulcinée
Photo: Adam
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Lundi 27 juin 2011
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08:01
A l'heure dite, une silhouette est apparue. Elle progressait prudemment, écartant doucement les hautes herbes. Depuis ma cache je guettais les alentours. Au bord du découvert, la silhouette s'est
accroupie, attentive. Sa carabine M4 était presque aussi grande qu'elle et j'ai imaginé qu'il s'agissait d'un adolescent, raison de plus pour redoubler d'attention. Après le signal je me suis
approché, l'adolescent s'est redressé, son fusil en garde. Arrivé à sa hauteur, il a fait volte face et a replongé dans la végétation. Je l'ai suivi au plus près, mettant mes pas dans les siens.
J'ai remarqué ses cheveux coupés droit et sa nuque qui était tondue ras.
Ce n'est qu'au campement que j'ai découvert son visage. Un de ses compagnons l'a appelée Maria. En voyant ma surprise elle a relevé le menton, me défiant du regard. Une mèche lui masquait l'oeil
et je l'ai trouvée très belle... Très belle
Photo: Justin Hollar
Par jeaneg
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Publié dans : Nouvelles et petites histoires
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