Mercredi 6 juillet 2011
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16:40
Voilà, elle y est! Elle a fait un long voyage, se retrouve presque seule au monde dans ce paradis. Elle a décidé d'être enfin elle même. C'est peut être l'éloignement qui lui donne de l'audace.
Ici personne ne la connait et elle se moque pas mal de l'opinion des gens. D'ailleurs les gens d'ici sourient tout le temps et ne jugent pas. Elle abandonne ses habits comme ses complexes et ses
préjugés. Le soleil va dorer sa peau et la mer va délaver ses cheveux. Elle a envie de s'aimer, d'aimer ses hanches un peu rondes et ses seins lourds. La veille elle a fait couper ses cheveux.
Depuis le temps qu'elle y pensait. Ici pas besoin d'un coiffeur parisien. La boutique au village était parfaite. "Boycut". Le petit coiffeur a comprit tout de suite et il a sourit, tout le monde
sourit ici...
Depuis, elle s'aime chaque minute davantage. Elle se sent tellement libre, presque nue, les orteils dans le sable et le regard perdu entre le turquoise et l'azur
Photo: Chiara Balza
Par jeaneg
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Mardi 5 juillet 2011
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15:45
Y a des jours où je me dis que mon combat est vain et ces jours là je me sens dans la peau d'un Sisyphe du XXI eme siècle qui en guise de rocher roulerait son obséssion jour après jour dans
l'indifférence la plus totale. Et puis...
Et puis il y a d'autres jours où une simple rencontre fait mon miel, me revigore et m'enthousiasme comme un débutant.
Aujourd'hui par exemple. J'avais rendez vous pour déjeuner avec une amie que je n'avais pas vu depuis longtemps... Très belle jeune femme, sportive, que j'avais connue avec les cheveux coupés au
carré, puis retrouvée plus tard avec les cheveux un peu plus courts. Et là... Elle arrive, rayonnante, avec une coupe ultra courte, à peine un centimétre ou deux sur le sommet, les oreilles et la
nuque parfaitement dégagés... Une certaine vision de mon paradis à moi.
Bien sûr je n'ai pas manqué de la complimenter sur cette nouvelle coupe, mais ce n'est que vers la fin du repas que le sujet capillaire est revenu. J'ai bu ses paroles quand, le regard pétillant,
elle m'a raconté combien elle se sentait plus féminine depuis qu'elle était sortie samedi dernier du salon de coiffure. Cette redécouverte d'elle même, ce plaisir pratique aussi, en sortant de la
douche, de pouvoir d'une friction de serviette sècher ses cheveux, leur donner un peu d'allure avec les doigts et partir vers d'autres aventures. Le bonheur de voir autant de réactions positives
face à cette nouvelle apparence, et ce sentiment de plénitude, d'assurance d'être enfin soi même. Inutile de préciser que le caractère est en parfaite adéquation avec la coupe de
cheveux.
Elle ne s'attendait sans doute pas à découvrir en moi cet amoureux fou des femmes aux cheveux courts. Je me suis fait lyrique pour vanter les qualités que je leur trouvais et nous sommes accordés
à condamner les préjugés et les idées reçues. Que du bonheur!
Merci mille fois Emilie.
Par jeaneg
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Mardi 5 juillet 2011
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08:35
J'en connais, autour de moi, qui s'émeuvent pour un oui, pour un non. Qui ont le regard attiré par une chevelure cascadant sur les épaules ou fouettant le dos. Et puis, une fois le gyroscope calé
sur la personne, passent à d'autre détails physiques, attributs pour eux d'une féminité incontestable.
Evidemment pour ceux/celles là, un type comme moi c'est un extra-terrestre. Avoir le regard attiré par l'absence de tout ce qui leur fait tourner la tête, c'est bien sûr un concept difficilement
accessible à leur cortex.
Aimer une allure androgyne, des hanches un peu étroites et tout le reste en taille minimale, c'est réellement faire preuve d'un goût pour le moins étrange. Aimer les cheveux courts qui laissent
paraître de jolies oreilles, une nuque bien faite et mettent en valeur un visage c'est quasiment contre nature.
J'y peux rien. C'est une question de caractère. J'aime voir une main ébouriffer une courte tignasse. Ce que cela me dit sur le tempérament de la personne m'inspire plus de confiance que de voir
des cheveux pousser le long d'un dos comme une vigne vierge.
Photo: Taschka Turnquist
Par jeaneg
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Lundi 4 juillet 2011
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07:00
Je n'avais jamais ôté mon chapeau
Devant personne
Maintenant je rampe et je fait le beau
Quand ell' me sonne
J'étais chien méchant, ell' me fait manger
Dans sa menotte
J'avais des dents d'loup, je les ai changées
Pour des quenottes
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui ferm' les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui fait Maman quand on la touche
J'était dur à cuire, ell' m'a converti
La fine mouche
Et je suis tombé tout chaud, tout rôti
Contre sa bouche
Qui a des dents de lait quand elle sourit
Quand elle chante
Et des dents de loup quand elle est furie
Qu'elle est méchante
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui ferm' les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui fait Maman quand on la touche
Je subis sa loi, je file tout doux
Sous son empire
Bien qu'ell' soit jalouse au-delà de tout
Et même pire
Un' jolie pervenche qui m'avait paru
Plus jolie qu'elle
Un' jolie pervenche un jour en mourut
A coup d'ombrelle
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui ferm' les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui fait Maman quand on la touche
Tous les somnambules, tous les mages m'ont
Dit sans malice
Qu'en ses bras en croix, je subirais mon
Dernier supplice
Il en est de pir's il en est d'meilleures
Mais à tout prendre
Qu'on se pende ici, qu'on se pende ailleurs
Il faut se pendre
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui ferm' les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui fait Maman quand on la touche
Paroles: G. Brassens
Photo: Mickael Afonso
Par jeaneg
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Dimanche 3 juillet 2011
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08:00
Le parachutage terminé, la petite colonne se remit en marche après avoir chargé les mules. La tension ne retombait pas pour autant. Les deux passages du C130 avaient peut être attiré l'attention
de la junte et il fallait disparaître au plus vite vers notre sanctuaire. Avec discipline chacun remplissait son rôle parfaitement. Maria, qui m'avait guidé jusqu'au camp le premier jour,
marchait devant, en éclaireur. Cette fille était affutée et j'aimais le professionnalisme avec lequel elle évoluait. Elle avait conquit son rôle, abandonnant les autres femmes du groupe aux
tâches subalternes et plus traditionnelles. Elle portait une arme et son charisme faisait l'admiration de ses compagnons.
La veille, alors que je l'observais depuis mon carbet, Miguel m'avait averti:" N'y penses même pas gringo. Maria elle ne vit que pour la cause. C'est comme une Jeanne d'Arc pour nous..."
L'image était plutôt bien choisie. Ce jour là justement elle faisait couper ses cheveux. La mèche qui barrait son visage avait disparu sous les coups de ciseaux et la femme qui la coiffait
semblait s'acharner à raser sa nuque avec une tondeuse mécanique. La coupe terminée, elle écarta de ses épaules le poncho qui les protégeait et s'ébroua comme un animal, passant la main ensuite
sur sa nuque elle remercia sa coiffeuse et ramassa son arme. Loin de toute séduction elle parvenait quand même à me fasciner.
"Tu vois gringo, Jeanne d'Arc. Elle est belle hein?"
Photo: irwin romain jules arthur
Par jeaneg
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