Mardi 7 décembre 2010
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23:32
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne...
Extrait: Les colchiques- Alcools- G.Apollinaire
Photo: Alessandro Villa
Par jeaneg
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Samedi 4 décembre 2010
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14:54
Pourquoi n'as tu jamais appris à te taire...
Pour écouter, ou juste entendre ces mots que je voulais te dire...
Après les trois points de suspension une tache ronde a dilué l'encre bleue. Il a cru que c'était elle, en écrivant. Mais son doigt passé sur l'écriture a fait une trainée bleue, plus claire. Il a
reniflé, c'est dit à lui même que c'était bien stupide de pleurer... Il a relevé la tête, perdant son regard à travers la grande baie. Seul.
Pourtant en fermant les yeux il la revoit , la respire, retrouve la couleur exacte de ses cheveux, courts, si courts qui lui allaient tellement bien, soulignant ses épaules nues qui émergeaient
du fourreau rouge... Le grain de sa peau, son parfum, son corps d'éphèbe. Son esprit pétillant, parfois, ses machoires serrées aussi...
Au bout de son bras, la main à froissé la lettre à l'encre bleue, tâchée d'une larme.
Photo: Freja Beha Erichsen par Paolo Roversi
Par jeaneg
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Mercredi 1 décembre 2010
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16:00
... Cette fille là, c'est presque toi. Et toutes les promesses que j'ai vu une fois dans ton regard, je les ai retrouvées dans ses yeux. Sauf que les tiens aujourd'hui sont plein de
larmes...
Dans ma tête, Chet Baker se lamentait, et je retrouvais la douce mélancolie des soirs de blues. Presque sans nous parler, nous sommes sortis sur le trottoir où la nuit était
encore tiède, le boulevard désert. Elle s'est haussée sur la pointe des pieds pour guetter un taxi et j'ai posé mes mains sur ses hanches. Elle m'a fait face, appuyée au lampadaire et offert ses
lèvres d'enfant. J'ai caressé sa nuque aux cheveux rasés, j'en mourrais tellement je souhaitais ce moment. Je l'ai senti se cabrer, respirer plus vite. Elle a agrippé ma nuque elle aussi et
l'alchimie de nos langues mêlées a précipité nos corps dans un désir animal...
Photo: Jonathan Addie
Par jeaneg
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Mercredi 24 novembre 2010
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15:17
Ma famille a été tuée pour une histoire de drogue, par un inspecteur des stup.
Je me suis enfuie avec un gars génial, un vrai tueur, le meilleur de toute la ville, il a été descendu ce matin, et si vous m’aidez pas, je serai morte d’ici ce soir.
Par jeaneg
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Dimanche 21 novembre 2010
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20:32
Tu me tournes le dos, comme
pour mettre sous mon regard cette nuque que j'aime tant. Tu me tournes le dos mais cette fois je sens tes muscles tendus, je vois ta machoire serrée. Rien ne va plus, je t'en ai trop fait voir...
Tu dis que tu vas partir, que tu n'en peux plus... Je sais que si je tend les bras pour t'enlacer tu me rejetteras, si je pose ma main sur tes cheveux tu esquiveras, mais....
Je ne sais pas imaginer la vie sans toi, je ne suis rien sans toi. Toi mon rocher, mon sanctuaire, mon idéal... Il faut me pardonner, tu verras, je ferais plus le con, comme dit Nougaro,
j'apprendrais ma leçon, sans le Diable ni Mozart, juste l'Amour et la Vie... Tu es le sens de ma vie et la force qui m'aide à l'affronter. J'ai besoin de toi pour avancer chaque jour. Tu es ma
boussole et mon phare, ma conscience et mon énergie, mon Orient et le chemin qui m'y entraine, mon désir et toutes mes envies...
Je veux me réveiller avec la pluie qui cogne sur le toit et te sentir dans mes bras, en sécurité, comme dit la chanson...
Par jeaneg
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