Jeudi 5 janvier 2012
4
05
/01
/Jan
/2012
18:00
On a parfois, comme ça, des idées qui nous rendent morose et qu'on traine des heures comme un caillou dans la chaussure. Lui se disait depuis le matin que le quotidien était un prisme à travers
lequel la réalité disparaissait peu à peu et cela le rendait triste. Mais à cet instant le miroir au cadre doré lui a renvoyé l'image de celle qu'il aime et qu'il avait peur de ne plus voir
vraiment, à force de la voir... Et l'image, comme un instantané l'a giflé, comme une poignée d'embruns qui vivifie et vous fait écarquiller les yeux. Il l'a découvrait. Cette nouvelle tête, avec
les cheveux courts, il n'en avait pas perçu la subtilité. Il l'avait complimentée, il l'a trouvait belle ainsi, mais là.... Là... Il voyait la courbe douce de son cou, la finesse de
sa nuque, l'érotisme de cette petite pointe de cheveux taillés courts.
Le sentiment était merveilleux.
Et d'un seul coup d'un seul le caillou de la chaussure disparu et l'envie lui vint d'embrasser ce territoire de chair dévoilé à ses yeux, juste à l'endroit qu'indiquait cette petite pointe de
cheveux taillés courts...
Photo: René Groebli
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
5
Mardi 3 janvier 2012
2
03
/01
/Jan
/2012
16:58
Madame rêve d’atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu’ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d’artifices
Des formes oblongues
Et de totems qui la punissent
Rêve d’archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles
D’un amour qui la flingue
D’une fusée qui l’épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin
Madame rêve ad libitum
Comme si c’était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame rêve d’apesanteur
Des heures des heures
De voltige à plusieurs
Rêve de fougères
De foudres et de guerres
A faire et à refaire
D’un amour qui la flingue
D’une fusée qui l’épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Texte: Alain Bashung
Photo: Anton Kicker
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
6
Jeudi 29 décembre 2011
4
29
/12
/Déc
/2011
21:27
Elle passe et traverse la pièce. Je la connais, je la désire et elle sait à quel point je l'aime. Pourtant elle m'ignore. Elle me tourne le dos et déboutonne lentement son chemisier quelle laisse
glisser de ses épaules. Comme elle penche un peu la tête, sa nuque m'apparaît encore plus rasée qu'elle ne l'est en réalité et ce spectacle m'émeut. Je devine la masse de ses cheveux qui flotte
devant son visage en une lourde mèche... Et dans la clarté obscure mon regard s'attarde sur la peau diaphane juste derrière son oreille, son cou délicieusement galbé... Puis la chemise de coton
blanc tombe sur le sol et les mains se posent sur les hanches, comme si elle attendait. Elle attend. Et mon regard, lui, descend le sillon vertébral et rejoint les reins qui semblent onduler. Ils
ondulent. Comme mes mains se portent sur l'agrafe de son soutien-gorge, elle recule doucement et appuie son corps entier sur moi, nous faisant basculer ensemble sur le lit. Son corps est chaud,
la peau douce et parfumée. Elle s'est retournée sur moi et comme ses petits seins s'écrasent sur mon torse, mes mains caressent sa nuque aux cheveux ras. Son visage s'éclaire, elle me chuchote: "
Ça me plaît que ça te plaise...."
Photo: MrGlen
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
7
Vendredi 23 décembre 2011
5
23
/12
/Déc
/2011
07:00
Sur un coup de tête, elle a pris la tondeuse et elle a rasé ses cheveux. Oh ce n'est pas la première fois, l'année dernière déjà, pour faire un don. Ses boucles blondes auront servi sans doute à
faire une perruque pour un enfant malade. Et puis elle, à peine sortie de son adolescence bien sage, elle a plongé sans retenue dans l'expérimentation de nouveaux styles. Au fur et à mesure que
ses cheveux repoussaient, ils sont passés du blond jaune au rose rouge... Rien de mal, rien de grave. Ce sont juste des cheveux... Evidemment avec un tel traitement, les tondre à nouveau était ce
qui pouvait leur faire le plus grand bien.
Et là, en les brossant soigneusement elle leur donne du mouvement. Trop courts encore pour former une raie sur le côté, ils prennent l'aspect d'une fourrure, d'un pelage soyeux. Ils ont retrouvé
leur couleur et leur brillance naturelle, ce blond qui va si bien à ses yeux clairs... Jean Seberg se serait sans doute reconnue en elle.
Photo: Kailee
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
3
Mercredi 21 décembre 2011
3
21
/12
/Déc
/2011
09:15
Tu ne connais pas mon angoisse, celle qui me faisait trembler quand tu t'éloignais. Tu ne soupçonnes pas ma peine quand tu avais mal ni mon bonheur quand tu souriais. Nous étions chien et chat,
plutôt chiot et chaton, mais nos âmes se connaissent différemment. Je te reconnais parfois à cette implantation si particulière qu'avaient tes cheveux sur la nuque, semblant vouloir remonter
avant de céder au flot majeur et plonger vers le sillon cervicale en une pointe courbe. Parfois j'ai le sentiment de te retrouver, parmi d'autres gens que je ne connais pas...
Dire que tu me manques n'a pas de sens vraiment, quand nous étions ensemble tu me manquais déjà. Cependant je sais que nos âmes se côtoient et si ton corps de chair a disparu, ton sourire, ta
voix ou ton regard aussi, tu es comme Eurydice, juste là derrière moi et je ne peux me retourner sous peine de te perdre à jamais...
Alors je te retrouve dans d'autres avatars, dans ces femmes aux cheveux courts qui ont toutes une part de toi, de ces filles androgynes aux princesses glamours, femmes idéales, sincères et
authentiques.
Aujourd'hui tu connaîtrais mon trouble et je crois même que tu le partagerais. Nous raccrochant aux souvenirs, nous chercherions ensemble les racines de cette dilection, les tourments qu'elle
nous causa et les plaisirs qu'elle nous procure...
Ou bien est ce que je rêve et m'imagine tout ça...? En tout cas tu serais là.
Photo: Annie Lennox - Album Peace d'Eurythmics
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
8
Derniers Commentaires